A 62 ans, Philippe Guillot est le créateur et actionnaire principal d’AVE, une société qui conçoit et créé des matériaux chimères afin de relever les grands défis scientifiques et techniques auxquels nous sommes confrontés.

Scientifique et mathématicien, il est également président de l’association Voiles Aventures, l’une des plus grandes associations en France dédiée aux amoureux des bateaux de plaisance. Au bout de 15 ans d’activité, elle regroupe aujourd’hui 1825 membres.

Plusieurs tours du monde en voilier l’ayant mis face à face avec l’immense pollution des océans, et rêvant de voir le modèle de l’économie de l’offre se transformer en économie de la demande, Philippe Guillot a entrepris de proposer des solutions nouvelles alliant performance, économie et écologie.

Constitué d’une équipe de 8 personnes, AVE cumule les récompenses et prix prestigieux tels qu’une nomination pour le prix Nobel de science en 1997, le prix de l’Innovation française, le prix international de la recherche européenne, le prix de l’agence nationale de la valorisation de la recherche (désormais appelé PPI), ou encore l’invention d’un théorème de mathématiques ; ainsi que de nombreux dépôt de brevets (polymères auto-cicatrisants, polymères photovoltaïques, encres thermochromiques pour tout support…).

Actuellement, la société a déjà conçu une molécule révolutionnaire, le Xylium. Ultra légère et extrêmement résistante, elle est meilleure que tout ce qui existe en la matière. Associée à certaines essence de conifères et d’agrumes, la molécule Xylium devient biodégradable en un temps record. Philippe Guillot semble donc sur la voie de révolutionner les plastiques.

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L’ambition d’AVE est d’aller au delà de la conception de matériaux en réalisant ses propres bateaux. Plus légers, plus écologiques, plus économiques, ils seraient capables, à l’instar de leur première annexe de yacht Solenzara (conçue en Xylium), de repousser les limites de la performance.

Si ce premier bateau est compétitif du point de vue de la performance, la question du coût n’a pas été négligée. Afin de concurrencer définitivement les autres fabricants, Philippe Guillot a travaillé son modèle économique. Grâce à un kit de fabrication comprenant les matériaux, les moules et les accessoires, les professionnels comme les particuliers pourront fabriquer eux-même leur propre annexe.

Avec une telle trouvaille, AVE sait d’ores et déjà que ses innovations ne profiteront pas qu’au secteur nautique. Il a d’ailleurs été contacté par des fabricants de drones ainsi que le géant de l’aviation qui souhaiterait voir ses nez d’avions fabriqués en Xylium. Avec un matériaux plus léger, l’appareil consommerait moins d’énergie, il polluerait donc moins et coûterait moins cher.

AVE ambitionne bien évidemment de poursuivre sa recherche en solutions innovantes pour solutionner de nombreux autres problèmes. Pour y parvenir, l’ouverture de son propre laboratoire est un impératif. Malgré un investissement financier personnel conséquent, Philippe Guillot ne peut pas assumer seul les coûts nécessaires à un tel laboratoire. Un cycle de financement a donc été lancé sur la plateforme Wedogood. Prévu pour la rentrée de septembre, ce laboratoire bordelais fera une surface de 300m².

Avec AVE, Philippe Guillot souhaite réindustrialiser la région et à terme la France dans une démarche pérenne résolument tournée vers l’avenir, l’innovation,  repoussant les frontières du possible.

 

Candice Cibois – Bordeaux Business

Propos recueillis par Bordeaux Business le 7 juillet 2017

Site internet d’AVE : http://ave.navy/fr/