“J’ai rencontré le liège dans une forêt…”

 

galerie-artnext-bordeaux-businessEntre le liège et Béatrice Engard, fondatrice de ARTnext, c’est une rencontre improbable, et pourtant, prédestinée…

De l’Afrique aux forêts françaises

Il y a quelques années, alors qu’elle réside en Gambie, Béatrice voit sa pâtisserie détruite par les événements. Dans la dynamique de reconstruction, elle se lance dans la création d’un bar de 6 mètres de long en mosaïque, qui fait sensation. La petite flamme de l’Artiste est née. En 2005, de retour en France, sur le Bassin d’Arcachon, elle s’attache à travailler le bois flotté, l’inox, l’aluminium… Puis, à la faveur d’une balade en forêt à la recherche de cèpes, elle découvre le liège.

Si le liège est bien connu du monde du vin, mais également de certains artistes, notamment au Portugal, qui travaillent le liège déjà transformé, il est beaucoup plus rare de rencontrer un artiste qui sublime le matériau brut.  C’est le début pour Béatrice d’un long travail de recherche et d’expérimentation pour apprivoiser la matière…

Le liège brut, en effet, est une matière extraordinaire. Au départ, la récolte a pour objectif de réoxygéner l’arbre. Une démarche écologique, puisqu’il faut a minima 20 ans pour une première récolte.

Interpréter les blessures de l’arbre pour les sublimer

Ce que peu de gens savent au sujet du liège, c’est que deux écorces se côtoient… Tout d’abord, l’écorce mâle, structurée, résistante, pour une première récolte au bout de 20 ans. Ensuite, dix ans après, l’écorce femelle, plus souple, plus tendre, appréciée du monde viticole, se révèle. Cette écorce sert notamment aux bouchons de liège. La France est ainsi l’un des derniers pays producteurs de liège.

Passionnée de Nature, Béatrice a été conquise par ce matériau aux propriétés extraordinaires, imputrescibles, très bon isolant phonique… Elle a mis au point tout un processus pour comprendre la matière et la sublimer : trempage dans différents bains, nettoyage, retrait manuel des mousses… avant le travail de la matière.

Le plus possible, Béatrice préfère ne pas découper les pièces et s’imprégner de leur hauteur. Chaque écorce est unique, et chaque moment passé avec la matière permet de guider Béatrice vers la sculpture. Elle va ensuite y adjoindre verre pilé, résine, métal, vitraux … L’oeuvre se dessine peut à peu, se pare de lumière, le plus souvent en LED…

ArtNext, l’Art et le liège, et les autres…

 

De cet amour de la matière est né ARTnext. Béatrice Engard, avec un associé, présent sur Saint-Emilion et passionné de ses créations, a fondé sa société en début d’année 2016. Résidant sur Mérignac, elle a installé son atelier sur Izon, afin de pouvoir disposer d’un espace suffisant et de se rapprocher des artisans locaux. Les créations d’ARTnext s’inscrivent en effet ans une démarche locale.

L’artiste-designer est en étroite collaboration avec d’autres corps de métier, tels chaudronniers, les métalliers , les soudeurs, des verriers comme Michel à Saint-Emilion – Vitrail Color, Charrier Industry sur Bordeaux pour la gravure, Monsieur Col, fraiseur à Izon… Le liège lui-même est produit en France, à Soustons. Chaque année, Béatrice se déplace elle-même pour choisir avec soin les écorces qui l’inspireront.

“Révéler l’âme de l’écorce au travers de ses blessures”

beatrice-engard-portrait-bordeaux-businessL’ambition d’ARTnext ? Faire découvrir les créations de Béatrice, bien évidemment, nouer des partenariat forts avec des artisans locaux, et également s’ouvrir à d’autres artistes authentiques de la région bordelaise. ARTnext se positionne ainsi comme un retour aux sources, un Art épuré, proche de nos territoires. Le prix des créations varie de 950€ à 3500€ environ. Des œuvres sur-mesure sont également créées, notamment dans le milieu viticole, sur demande.

Au cœur du marché de l’Art bordelais, Béatrice nous livre son point de vue. “Les galeristes sur Bordeaux sont en chute libre. Ils ferment les uns après les autres, ou ne prennent pas de nouveaux artistes. Ils se reposent essentiellement sur les artistes reconnus sur la scène internationale. (…) Aujourd’hui, ce qui fonctionne, ce sont les plasticiens (avec une nouvelle génération très axée sur la représentation de la mort), et le street art. Il y a peu de place pour des artistes qui tentent d’aller à l’essentiel de la matière. »

Aussi, après avoir exposé dans des châteaux bordelais notamment, Béatrice entend se faire connaître sur la scène internationale, un marché plus aisé à approcher, paradoxalement. Dernièrement, elle a pu présenter ses œuvres au Luxembourg Art Price. Les critiques d’art ont accueilli favorablement ses créations; un début très prometteur.

 

AZ – Bordeaux Business

 

Où retrouver les créations ArtNextliege-artnext-bordeaux-business

Après les Journées Portes Ouvertes des 3 et 4 décembre dernier à  Château Pontac Monplaisir à Villenave d’Ornon, vous pourrez découvrir ARTnext au Marché des Artisans d’Art à Saint-Emilion en 2017 (date à préciser ultérieurement). Béatrice vous accueille également sur rendez-vous, à son Atelier.

www.artnext-creations.com

ArtNext sur Facebook