En gare de Bordeaux Saint-Jean, les longs travaux sur les voies sont enfin terminés. Le 28 Février dernier, le Chef de l’Etat procédait à l’inauguration en Charente de la LGV reliant Bordeaux à Paris en deux heures, contre trois heures et quart jusqu’à présent. Ces travaux titanesques d’un budget de 9 milliards d’euros ont été réalisés durant cinq années, afin de construire cette ligne grande vitesse longue de 300 km.

Mais la construction de telles voies ont entraîné des modifications conséquentes du paysage : des milliers d’hectares de nature ont dû être modifiés voire déplacés pour contrebalancer avec le chantier, qui passe notamment par Tours. De quoi laisser des traces qui mettront des années à s’intégrer « dans le décor », autrement que dans le seul budget colossal…

Plus rapides, plus nombreux, les trains qui vont être mis en circulation dès le mois de Juillet 2017 sur cette nouvelle ligne appelée SEA (Sud Europe Atlantique) vont faciliter le déplacement des voyageurs de tous horizons, qui rencontraient souvent des problèmes de ponctualité en raison de la saturation de la ligne historique.

L’objectif des Réseaux Ferrés de France est à présent de rentabiliser la construction de la ligne, construite par LISEA et VINCI. Terminée un mois avant la date annoncée, la nouvelle Ligne à Grande Vitesse va enlever une épine du pied de la SNCF, et réconcilier les voyageurs avec le train, qui était boudé à cause de la hausse tarifaire ainsi que des retards constatés dû à cette saturation des lignes (15% de personnes préfèrent faire de longs trajets en train, contre 31% pour l’avion qui, grâce à ses filiales low cost parvient à être compétitive).

Dans les prochaines années, l’objectif de cette voie est de relier Bordeaux à l’Espagne, toujours en un temps record, ainsi que toutes les capitales européennes limitrophes, pour favoriser l’utilisation du train hors de la France, avec un enjeu résolument touristique. Près d’une vingtaine d’allers-retours directs sont prévus chaque jour entre Bordeaux et Paris.

Soucieux de sa rentabilité, LISEA-Vinci table en outre sur une augmentation du nombre de voyageurs de 3 millions, sur ce tronçon. De quoi percevoir de confortables redevances en tant gestionnaire de la ligne – redevances que les trains payaient jusqu’alors à la SNCF. Cette dernière a déclaré que cette nouvelle ligne représenterait ainsi des pertes colossales, jugées entre 150 et 200 millions d’euros chaque année.

Laissons cependant aux investisseurs le soin d’amortir les efforts consentis. Il serait tout de même souhaitable que les tarifs ne s’envolent pas, afin de pouvoir caresser cette douce utopie devenue réalité : traverser la France en un temps record pour aller travailler dans la capitale, ou bien une virée shopping sur les Champs Elysées juste pour la journée !

 

Audrey Kozaczka – Bordeaux Business

Sources :

Liséa

GPSO