business angels homme d'affaires avec ailes

Les Business Angels à l’assaut de l’économie du sport

Dernière mise à jour:

Mis à jour le 23 septembre 2020

Les business angels sont des acteurs majeurs du monde de l’entreprise. En effet ils investissent leur patrimoine financier dans le développement de start-up innovantes. (4) La France compte ainsi 82 réseaux de business angels. Il y a une dizaine d’années ils étaient encore inconnus. Un des secteurs particulièrement concernés par le phénomène des business angels est celui du sport. En effet, l’attractivité de l’entrepreneuriat sportif est visible avec la multiplication des investissements dans le sport.

De son côté, le  poids économique du sport représentait 1,74 % du PIB français en 2012. Le marché français du sport était alors le troisième marché en valeur au sein de l’Union européenne. Le sport n’est pas qu’un loisir, il se professionnalise (3). En effet, le sport intègre de plus en plus la sphère professionnelle. Il existe plusieurs raisons à cela. On remarque à la fois de façon conjoncturelle la baisse des subventions publiques. Il existe également de façon plus structurelle une professionnalisation croissante de clubs sportifs.  Et pour parler du sport dans l’entreprise qui de mieux que des anciens sportifs de haut niveau pour appréhender toutes les opportunités de l’économie du sport.

Business angels sportifs, entrepreneurs d’un nouveau genre ?

Le marché du sport business connaît un regain d’intérêt de la part des fonds d’investissement traditionnels. On peut le confirmer suite au rachat du club de football des Girondins de Bordeaux par le fond d’investissement américain General American Capital Partners (GACP). Ainsi, le marché du sport croît de 3% par an depuis 5 ans et comprend environ 35 000 entreprises. Cependant ce marché est en pleine mutation. En effet il fait face à de nouveaux entrants dans la mesure où d’anciens sportifs se convertissent en business angels en investissant dans les start-ups du sport. (2)

Un investissement au service de valeurs sportives

Au-delà de la sponsorisation et de l’association d’image, ces business angels d’un nouveau genre bénéficient d’une légitimité acquise dans le secteur du sport. Il s’agit alors, de leur part, d’un véritable investissement. Ils peuvent s’investir dans le savoir-faire, la marque et le développement des start-up qui choisissent un business angel plutôt qu’un fond d’investissement traditionnel. Il n’est pas nouveau que d’anciens sportifs de haut niveau investissent leur patrimoine financier dans leur après-carrière.

Cependant on assiste à un changement de cap dans leurs décisions d’investissements. Ils délaissent les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration où la rentabilité et l’image de marque se ternissent. Il souhaitent privilégier des start-up du sport où ils peuvent apporter une valorisation et une crédibilité aux projets. Ce souci d’apporter leurs compétences de sportifs de haut niveau est tout à fait cohérent avec les caractéristiques du marché économique du sport, connu pour sa résilience y compris en période de crise. Les business angels en général ne s’adressent qu’à des entreprises innovantes. Ils investissent généralement dans des secteurs d’activité liés à leur vécu professionnel ce qui est le cas avec les business angels anciennement sportifs de haut niveau.

Une démarche entrepreneuriale originale

Pour ces sportifs il n’y a pas que l’aspect capitalistique de posséder une partie de ces entreprises et celui de recevoir des dividendes (rentabilité économique). Ils pourraient jouer un rôle particulièrement bénéfique sur la promotion marketing et commerciale des produits de « leurs » entreprises. Ainsi, contribuer à la réussite commerciale de ces projets par nature risqués. C’est le cas notamment pour la start-up landaise Move your Buddy (1). Elle booste la convivialité au bureau et fédère les équipes autour de leurs centres d’intérêt (sportifs et culturels). Ainsi, elle propose se service grâce à un algorithme de recommandation. Pour Guillaume Quaetaers, co-fondateur de Move Your Buddy, choisir un business angel relevait d’un véritable choix entrepreneurial. Il a souhaité privilégier en 2018 une levée de fonds de business angels parmi lesquels figurent Nathalie Dechy, ancienne joueuse de tennis professionnel et Christophe Chenut, administrateur du Stade Rennais Football Club, à hauteur de 400 000 euros.

Entre persuasion et decision, les doutes des business angels

Pourtant, persuader un business angel sportif de la pertinence de son projet n’est pas chose aisée. Ainsi seulement 6% des start-up à la recherche de financement perçoivent des fonds de la part de ces business angels. Au- delà du statut de business angel que certains anciens sportifs de haut niveau acquièrent, certains n’hésitent pas à se lancer dans l’entrepreneuriat pour leur poursuite de carrière. C’est notamment le cas avec l’ancien cycliste Erwann Menthéour qui a l’âge de 40 ans a lancé sa start-up Fitnext. Cette start-up propose des programmes e-santé pour lutter contre les dangers du dopage dans le sport de haut niveau.  Il a opéré une levée de 750.000 euros en 2013 pour son démarrage et enregistrait en 2017 un chiffre d’affaires supérieur à 3 millions d’euros.

Si les business angels sont avant tout des investisseurs qui prennent des risques, un engagement sociétal cohérent avec les valeurs du fond et le parcours du dirigeant sont essentiels. Le partenariat entre l’association Sport dans la ville et l’EM Lyon Business School s’inscrit dans cette perspective. Leur programme conjoint “entrepreneurs dans la ville” cherche à stimuler la création d’entreprises dans les zones urbaines en difficulté en pensant le sport comme facteur d’intégration.  

Le sport au travail, une tendance fulgurante qui booste la création d’entreprise

Près de 2 000 sociétés et 40 000 salariés composent la Fédération Française du Sport d’Entreprise (FFSE). Voici un symbole de l’attractivité du sport au travail.  Dans cette perspective entrepreneuriale et de boom du sport au travail, David Douillet, judoka français et ancien ministre des sports a participé à lancer un fond d’investissement Link Sport. Le fond s’intéresse notamment au cyclisme (équipement, vélos à assistance électrique), à la course à pied, à la nutrition et à l’e-sport. Les business angels issus du monde sportif ont bien perçu le potentiel de rentabilité de ce marché. Il représente 37 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 2%  du PIB français en 2018 selon David Douillet. Sans compter les 17 millions de français licenciés d’un club sportif et les 5 millions de bénévoles qui s’investissent chaque jour dans ce secteur.

Près de 2 000 sociétés et 40 000 salariés composent aujourd’hui la Fédération Française du Sport d’Entreprise (FFSE). Voici un symbole de l’attractivité du sport au travail.  Dans cette perspective entrepreneuriale et de boom du sport au travail, David Douillet, judoka français et ancien ministre des sports a participé à lancer un fond d’investissement Link Sport. Le fond s’intéresse notamment au cyclisme (équipement, vélos à assistance électrique), à la course à pied, à la nutrition et à l’e-sport. Les business angels issus du monde sportif ont bien perçu le potentiel de rentabilité de ce marché. Il représente 37 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 2%  du PIB français en 2018 selon David Douillet. Sans compter les 17 millions de français licenciés d’un club sportif et les 5 millions de bénévoles qui s’investissent chaque jour dans ce secteur.

Le sport comme facteur de performance en entreprise

L’économie du sport bénéficie du fait que le sport est décrit comme un facteur d’amélioration des performances en entreprise. C’est de cette perspective que découle l’initiative du Medef Gironde, “ mon entreprise bouge”. Elle part du constat que l’impact du sport en entreprise est bénéfique pour le bien-être au travail des collaborateurs. De plus il s’avère qu’elle contribue aux bons résultats de l’entreprise.

France Olympique a mené en partenariat avec Medef Gironde une commande d’étude sur le sport au travail réalisée par GoodWill-Management(6). Cette étude se base sur deux variables : le bien être des salariés et la compétitivité de l’entreprise. Les résultats de l’étude sont encourageants. En effet, pour le salarié cela constitue entre 5 et 7% d’économies sur ses dépenses de santé annuelles et 3 ans d’espérance de vie gagnées. Pour l’entreprise, cela signifie un gain de 6 à 9% de la productivité et de 1 à 14% de la rentabilité nette.

Avec la tenue des Jeux Olympiques d’été de 2024, de la Coupe du Monde de rugby en 2023 et de la dynamique de l’économie du sport,  nul doute que la croissance du phénomène des business angels dans le secteur sportif continuera à s’accentuer dans les années prochaines.

Cependant, comme le souligne Hélène Perrin Boulonne, docteure en sciences économiques et chef d’entreprise, il ne faut pas succomber trop rapidement au mythe des business angels. La France n’est pas la Silicon Valley, les réalités économiques et la culture du risque sont différentes. Enfin, il faut veiller à faire coïncider sa méthode de financement avec la phase de développement de l’entreprise. Les business angels sont surtout adaptés au cycle de vie de création de l’entreprise ou à leur perspective de développement. Cependant ils n’ont pas vocation à être des partenaires investis personnellement tout au long de la vie de l’entreprise.

Former les sportifs de haut niveau a devenir des business angels 

Ainsi comme nous avons pu le voir il n’est pas rare de voir d’anciens sportifs se convertir au business en adoptant le statut de business angels. Ces derniers souhaitent alors soutenir les entreprises et de leur apporter une vision nouvelle tournées vers leurs valeurs sportives. Ainsi pour amener ces profils vers de nouveaux business et les former, il existe des solutions. En effet, des réseaux proposent leurs services pour mettre en relation les business angels et les entreprises avec un projet en devenir. 

C’est notamment le cas du réseau Sport Business Angels(7). Il propose un accompagnement aux sportifs professionnels, investisseurs et entrepreneurs a travers son club de membres privés. Ainsi le réseau s’est fixé pour objectif de créer des opportunités d’affaire entre le monde de l’entreprise et le monde du sport. A travers un programme bien établi il souhaite former les sportifs pour devenir des business angels grace à des masterclass mais aussi créer des liens et des rencontres entre les deux milieux. En suivant, l’objectif est d’accompagner ces investissements autour des valeurs du sport. Une démarche intéressante à suivre puisqu’elle permet d’intégrer la dimension sportive, devenue aujourd’hui si bénéfique dans le milieu de l’entreprise.

Candice Cibois – Justine Angibaud – BORDEAUX Business

Contact:

contact@moveyourbuddy.io

Sources:

(1) Move Your Buddy 

(2) http://www.franceangels.org/fr

(3) http://www.sports.gouv.fr

(4) Capital avec Management – Entrepreneurs et Business Angels – Laura MAKARY (25/10/2018)

(5) Idéal Investisseurs – 123IM lance le FPCI LinkSport, fonds d’investissements liés au sport – C. COURVOISIER (11/11/2018)

(6)CNOSF France Olympique – Etude sur le sport en entreprise

(7) Sports business angels

Abonnez-vous à la Newsletter

X