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Business du don, en quête d’une générosité indolore

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mains construisant un puzzle et apportant chacun leur contribution pour parvenir à réaliser leur projet grâce au don et au micro-don

Business du don, en quête d’une générosité indolore

Le business du don est en pleine croissance et en plein renouvellement. Pourtant, ces dernières années, les montants récoltés ont baissés. Dans le même temps, la population des donateurs vieillis et les organismes demandeurs de dons ont bien du mal à attirer l’attention des plus jeunes générations. Pour autant, les besoin de financement ne cessent de croître. Au-delà de faire appel à la générosité des gens, le don est devenu un marché réel aux possibilités multiples. Il fait désormais appel à davantage de ressorts que la bonne conscience individuelle. Il modifie les comportements, les profils des donateurs et in fine tout le visage du don.

Depuis 2014-2015, différentes initiatives voient le jour. Elles redéfinissent ce qu’est le don et permettent une solidarité plus transparente. flexible et rapide. Plus en phase avec les pratiques de consommations et les attentes actuelles, elles exploitent le digital à bon escient pour s’intégrer dans la vie quotidienne, proposer de nouvelles solutions, miser sur l’idée que chacun peut changer la donne à son échelle.

Un business du don qui redessine profil et comportements des donateurs

Selon France générosités, chaque année près des ¾ des dons sont effectués durant le troisième trimestre, à l’approche des fêtes de fin d’année. Pourtant, la volonté première des associations et organismes bénéficiaires est de parvenir à obtenir des rentrées d’argent plus régulières. Un objectif : pouvoir mieux anticiper et gérer les budgets.

Aussi, face à une population de donateurs vieillissante, il est urgent pour ces structures de rajeunir le profil de leurs bienfaiteurs. Cependant, les chiffres de la réalité ne vont pas dans ce sens. Au total, 94% des montants des dons reçus proviennent de donateurs fidèles. Ils mettent donc en évidence le manque de renouveau de cette population. Parmi les modes de donation, le chèque reste en tête avec 40 % des dons réalisés par ce biais. La deuxième place revient aux 34 % de dons faits en liquide. On estime à seulement 4% les dons réalisés en ligne. C’est pourtant notamment par ce biais qu’on serait en mesure de toucher les plus jeunes.

Dans le même temps, les nouvelles générations se sentent de plus en plus investies par une mission de bien commun. Elles cherchent à consommer mieux, privilégient les marques qui portent des valeurs sociétales en adéquation avec leurs convictions, et préfèrent travailler dans des entreprises avec une réelle stratégie RSE. Autant de changements qui se lisent dans les chiffres clés de l’économie sociale et solidaire en France.

Le poids de l’économie sociale et solidaire en France

L’ESS représente une part importante de l’activité économique et des emplois durables. Ainsi, les plus de 200 000 établissements dits de l’économie sociale et solidaire font à eux-seuls 10% du PIB français. Avec près de 2,4 millions d’employés, ils occupent 10,5% de l’emploi salarié en France et 12 à 14% des emplois privés : environ 60 milliards d’euros de masse salariale. L’emploi privé a grimpé de plus de 24% depuis 2010 et les prévisions pour les années à venir annoncent une tendance à la hausse qui ne fléchit pas. Selon les chiffres du portail de l’Economie, des Finances, de l’Actions et des Comptes publics, 600 000 recrutements sont à prévoir d’ici 2020 pour venir combler les besoins notamment dus aux départs à la retraite

Au-delà des organisations de l’ESS, la France compterait 1,3 millions d’associations. Selon Hool, 70 000 nouvelles sont créées chaque années. Au total, près de la moitié des présidents manifestent des besoins d’aide financière et se tourneraient volontiers vers les plateformes de financement et autres modèles alternatifs pour s’en occuper.

En fort développement, ces plateformes, notamment celles de crowdfunding sont apparues en grand nombre au cours de la dernière décennies. Destinées aux entreprises, associations, voire aux particuliers selon des conditions variées, leurs modèles économiques diffèrent. KissKissBankBank, Wiseed, Kickstarter, Ulule, Sowefund, Wedogood, Happy Capital, Leetchi… la liste est longue. Toutes ne sont pas destinées aux mêmes types de projets, les processus changent d’une initiative à une autres et les contreparties dépendent de nombreux facteurs. S’il n’est pas facile de déceler le modèle adapté en fonction du projet à financer, il est également ardu de sortir du lot dans la quantité de demandes de financement faites par ces biais. Il faut dire que les quelques 402 millions d’euros récoltés en 2018 ont de quoi faire rêver…

La responsabilité sociétale des entreprises et le business du don

Souvent réduit au cadre associatif et aux particuliers, le business du don s’est en réalité développé de façon beaucoup plus structurée. Il implique également énormément les entreprises qui pratiquent le mécénat. A l’heure où la Responsabilité Sociétale des Entreprises est sur les lèvres de la plupart des responsables de communication, elle se trouve carrément au coeur des business model de bon nombre de nouvelles entreprises. Intrinsèquement liée à la stratégie globale, la RSE est le lieu d’expression de l’implications des entreprises dans la société sur des sujets variés : écologie, qualité de vie, lutte contre les inégalités, éducation des enfants… Les organisations sont désormais dotées d’une mission de service public au service du bien commun.

Outre la bonne image de marque dégagée par une stratégie RSE rondement menée, les bénéfices se traduisent également sur d’autres aspects. Ainsi, attirés par des entreprises impliquées et engagées, les candidats favorisent les entreprises avec une stratégie RSE. La marque employeur est donc valorisée à la fois en interne auprès des salariés, qui développent un sentiment de fierté et d’appartenance à l’entreprise, et en externe auprès des candidats. 

La RSE force également la remise en question et la prise de recul. C’est l’occasion de stimuler l’innovation en interne, de mettre en place de nouveaux process, de lancer des projets attrayants. Elle pousse également à revoir les modèles économiques et à faire preuve de résilience. Une telle compétence est par ailleurs primordiale pour faire face aux périodes de crise.

En réalité, c’est tout le capital immatériel des entreprises qui tire profit de la mise en place d’une stratégie RSE.

Au-delà du mécénat, d’autres solutions sont désormais possibles, comme l’arrondi ou le don en nature…

Des initiatives pour le don plus en phase avec les pratiques actuelles

Compatibles avec les stratégies des entreprises, tout comme avec les volontés des associations et du grand public, les initiatives qui fleurissent pour proposer de nouveaux moyens de financer les causes et les projets ont notamment pour effet positif de toucher des publics plus jeunes. Ils palient ainsi aux vieillissement des donateurs en contribuant à renouveler ce public. En se présentant sous forme d’actes du quotidien, anodins et sans contrainte, ils changent aussi le sens du don.

Parmi les initiatives notables en la matière :

Lilo, moteur de recherche solidaire

Le moteur de recherche solidaire Lilo, lancé en 2015 par 2 ingénieurs français, redistribue la moitié de ses revenus à des projets sociaux et environnementaux. L’argent collecté provient des publicités et liens commerciaux affichés lors des recherches. Près de 2, 9 millions d’euros ont ainsi été reversés depuis 2015.

Goodeed, le don par la publicité vidéo

Basé également sur la publicité, Goodeed mise en revanche sur le visionnage de vidéo. Ainsi, depuis 2014, il propose de visionner des publicités de 20 secondes. L’argent ainsi récolté est ensuite reversé au projet choisi. Par ce biais, Goodeed a d’ores et déjà financé des projets à hauteur de 1 676 676 €. Il précise par ailleurs que 80% de ses donateurs ont entre 18 et 35 ans.

Heoh, le don sécurisé sur tous les terminaux

La solution Heoh propose elle d’effectuer un don lors du paiement. Pour cela, différentes formules sont possibles selon les besoins : don sur terminal de paiement, don lors d’un achat en ligne, par carte bancaire sans contact, don sécurisé par SMS, carte bancaire généreuse, don via Twitter…

L’arrondi, le micro don issu de la collaboration des entreprises et des particuliers

Dans la même veine, L’arrondi, solution de la société microDon, propose d’arrondir à l’euro supérieur. Différentes actions sont possibles. Les magasins partenaires suggèrent d’arrondir le montant de la facture lors du passage en caisse des magasins. Il est également possible de faire des micro dons sur le net à payer sur bulletin de salaire. Lors des achats en ligne, le client peut choisir d’arrondir à l’euro supérieur ou de faire un don plus conséquent. Il est également possible de mettre en place un système de don récurrent sur le relevé bancaire en définissant un montant fixe à donner chaque mois, accompagné des centimes du solde du compte. Ce format a à ce jour permis de récupérer 20 millions d’euros, grâce aux quelques 60 millions de donateurs…

L’Agence du Don en Nature, le don de produits entre entreprises

L’Agence du Don en Nature est l’une des plus anciennes initiatives. Elle se distingue des autres notamment parce qu’elle ne concerne pas les clients finaux, mais valorise une solidarité entre professionnels. Depuis 2014, elle noue des accords avec les entreprises pour récupérer les invendus destinés à être détruits. Ces produits peuvent ainsi être réutilisés par d’autres entreprises partenaires.

La relation gagnant gagnant se vérifie sur différents aspects. En premier lieu, une entreprise qui donne est aussi une entreprise qui reçoit. Elle optimise aussi ses pertes puisqu’en plus de ne pas payer pour la destruction des produits, elles les recycle. C’est également l’occasion d’ajouter une action concrète à leur stratégie RSE.

Hool, le business du don à la girondine pour une nouvelle façon de donner aux associations

Née à Arès sur le Bassin d’Arcachon en septembre 2018, Hool s’inscrit dans la lignée des bonnes idées qui impliquent aussi bien les entreprises que les particuliers. Elle mise également sur la dimension indolore du don pour les donateurs.

Le concept ? Un client achète une Carte Cadeau sur le site internet de Hool. Cet achat génère un don de 3 à 10% de la valeur de la carte. Le don revient ensuite à l’association choisie par le client. Il peut ensuite faire ses achats avec sa carte cadeau. Ce n’est toutefois pas le client qui finance le don avec une partie de la valeur de la carte cadeau mais l’enseigne chez qui la carte va être utilisée. Une bonne façon de lever les freins au don, d’impliquer les entreprises, et de financer les projets de toute association à but non lucratif.

A ce jour, la plateforme travaille déjà avec de nombreuses grandes marques, parmi lesquelles Fnac, Darty, Carrefour, Auchan, Ikea, Décathlon, Cultura, Castorama, Truffaut, etc.

Soutenue par Unitec, qui n’en est pas à son coup d’essai, la plateforme s’est fait un allié de taille. En effet, comptant parmi les principaux organismes accompagnateurs de projets innovants sur la région bordelais, Unitec, qui fête ses 30 ans en 2020, affiche fièrement les 128 start-up accompagnées et un taux de pérennité des entreprises très enviable. Quand on sait qu’on estime entre 75% et 90% les startups qui meurent avant 5 ans, les 86% de réussite à 5 ans des projets passées par Unitec en disent long sur la pertinence d’un bon accompagnement.

Consultante Media pour BORDEAUX Business, j'aime l'économie, la stratégie, le business. Je cherche à comprendre les jeux d'acteurs sur Bordeaux, les enjeux, les enchevêtrements qui font la complexité du paysage économique de la région bordelaise.

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