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PORTRAITS D'ENTREPRENEURS

Cédric VICENTE, "Maire" entrepreneur du Village by CA

19 juin 2017, Auteur : Bordeaux Business

“Créer le lien”

Cédric VICENTE a toujours aimé la finance, ainsi que l’innovation.

Il fait partie du groupe Crédit Agricole sur la région Nouvelle-Aquitaine depuis 2003, en matière d’accompagnement des professionnels. L’arrivée du numérique l’oriente ensuite vers les start-ups innovantes de la région, afin de créer des synergies mutuellement profitables. Son envie première est ainsi de pouvoir établir une sorte de passerelle entre la banque et l’innovation, pour permettre aux entreprises innovantes de se développer tout en étant, à divers titres, soutenues par le groupe.

Aujourd’hui, et depuis bientôt 2 ans, il est “Maire” du Village by CA, situé à Bordeaux. Le rôle de Cédric VICENTE au sein du Village est plutôt similaire à celui d’un maire au sens littéral du terme : il le dirige en interne, et le représente en dehors de ses murs, aussi bien lors d’événements auxquels il prend part, mais aussi ceux qu’il organise au cœur du Village, de rencontres avec des entreprises que lors de manifestations sur Bordeaux et sa région, lui permettant de rayonner et de se faire une place dans l’écosystème bordelais. Il est aussi présent pour favoriser les échanges avec les start-ups présentes au Village, aussi bien entre elles qu’avec les entreprises partenaires, pour leur permettre de croître dans les meilleures conditions possibles.

Qu’est ce que “Le Village” ?

Le Village (by CA) est un accélérateur de start-ups. Créé en 2016 à l’emplacement idéalement situé du cours du XXX juillet, en plein cœur de Bordeaux, il a rejoint les quelques 15 Villages by CA répartis dans la France entière, à l’initiative du Crédit Agricole, depuis trois ans. Malgré une création nationale, chaque Village by CA possède son propre écosystème géré en local. 

Un Village se conçoit comme un grand espace de travail destiné aux start-ups, avec des salles de réunion, des bureaux et des open-spaces avec des postes de travail disponibles à la location. Le Village de Bordeaux s’étend ainsi sur 1000m² et compte plus de 100 postes de travail, ainsi qu’une “place” avec des petits canapés, une machine à café dans un espace lumineux, qui se veut propice aux échanges.

Pour “habiter” au Village, les startups paient un “loyer” de 200€ HT par mois, qui est comparable à ce que demandent les incubateurs et les pépinières d’entreprises, pour avoir un accès à toutes les installations du Village. Au sein de ce workingplace, elles peuvent rester au maximum deux ans, le temps de lancer leur business avec toutes les clés de la réussite.

Le Village est situé à côté de la place des Quinconces, à proximité du Triangle d’Or, le quartier considéré comme le plus huppé de la ville. Avec deux des trois lignes de tramway qui s’arrêtent presque sous sa porte, le Village est donc au cœur de la métropole, ce qui permet à toutes les start-ups qui s’y trouvent de gagner en crédibilité, notamment lorsqu’elles rencontrent des entreprises qui pourraient devenir des investisseurs…

Des “habitants” triés sur le volet.

Le Village est apprécié  par de nombreuses entreprises. Pour le rejoindre, le Maire organise des sessions de sélection pour accueillir les projets les plus innovants.

Depuis son arrivée à Bordeaux, le Village a procédé à deux appels à candidatures, le premier ayant eu lieu en Septembre 2016, et le plus récent ayant été organisé récemment. 

Tous les candidats sont conviés au Village pour rencontrer un jury constitué du Maire et d’une équipe de partenaires, et doivent défendre leur projet. Pour être éligible et intégrer le Village, ces entreprises doivent répondre à trois critères majeurs : avoir un projet viable, en pleine maturité, c’est à dire que la start-up soit déjà assez développée pour n’avoir plus besoin que d’une phase d’accélération, mais aussi d’avoir un projet innovant, et enfin d’avoir de l’ambition sur le long terme, et rayonnant à l’échelle nationale, voire même dans un contexte international.

Lors de la première sélection, 65 candidatures sont parvenues à Cédric VICENTE, 45 lors de la seconde. Aujourd’hui, le Village compte 11 start-ups, et 10 supplémentaires vont bientôt arriver, avec l’ambition de développer rapidement leur projet.

Les “habitants” de ce Village ont alors le choix : ils peuvent s’installer dans les locaux, aller dans un autre Village en France ou rester dans leurs bureaux s’ils en possèdent déjà tout en profitant des aides et conseils apportés par Cédric VICENTE et ses partenaires.

Le Village a pour vocation première d’accompagner le développement des start-ups dans leur secteur : il aurait très bien pu rester dans un accompagnement traditionnel, comme font certains accélérateurs, mais au lieu de ça, il a choisi de se placer comme un acteur majeur dans ce développement. Il n’y a au Village que des projets viables, des start-ups qui sont déjà créées et qui ont terminé leur période en incubateur.

 

“Nous ne nous plaçons pas en tant que concurrents des incubateurs ou des pépinières, mais plutôt en complément”.

 

Les entreprises qui se trouvent au Village ont soit déjà levé des fonds, soit envisagent de le faire prochainement. Elles s’y trouvent pour se faire un réseau, en échangeant entre elles, ou avec les partenaires qui viennent les rencontrer pour les guider dans leur développement, avec toujours en fond une dimension “business”. Ces partenaires qui sont de grands groupes interviennent au Village pour conseiller, accompagner et travailler aux côtés des start-ups, en organisant des réunions collectives autour de grandes thématiques ou bien de manière plus personnalisée pour répondre aux cas de figures précis.

Parmi ces partenaires, EDF, le promoteur immobilier Pichet, mais aussi Keolis, Sopra Steria ou encore Sanofi, Bouygues Bâtiment…

Ils sont liés au Village durant 3 ans, et sur chaque Village, les partenaires sont différents, d’où l’avantage pour les start-ups d’avoir un accès partout. Ils agissent comme des “mentors” pour certains, leur permettant véritablement d’accélérer leur croissance grâce à leur expertise sur l’écosystème.

De plus petites entités, les Experts, interviennent aussi auprès des entreprises pour répondre à leurs questions et les guider pour accompagner leur développement au mieux. Ils sont considérés comme des “habitants” du Village, tiennent des conférences, ou mènent des ateliers thématiques qui visent à aider les start-ups dans leur lancement, notamment autour de la comptabilité, de toutes les questions juridiques ou des Ressources Humaines.

 

“Ce n’est pas un accompagnement qui se veut académique”

 

Le leitmotiv de Cédric VICENTE est avant tout de laisser le maximum de liberté aux start-ups : elles n’ont pas d’obligations vis à vis du Village, hormis celle de payer leur loyer, “comme tout habitant qui se respecte”.

Le “Maire” annonce quatre objectifs principaux visés par le Village, la communication aussi bien en interne qu’en externe pour conserver une bonne image aussi bien entre les start-ups qu’avec l’écosystème bordelais, mais aussi le maintien d’une bonne visibilité, assuré par le positionnement géographique idéal, l’aspect business avec la phase d’accélération des start-ups et les interactions avec les grands groupes, acteurs de leur développement et enfin la transformation, avec le souhait du “Maire” d’être constamment au cœur de l’innovation.

Le développement de structures comme le Village permet au groupe Crédit Agricole de proposer de nouveaux services, de pouvoir suivre l’évolution des besoins des entreprises et d’avoir toujours cette volonté de se tourner vers le numérique. L’intervention des grands groupes au sein de cet accélérateur leur permet de nouer des partenariats et de réinventer le marché avec l’innovation, à l’instar d’EDF qui travaille avec la moitié des entreprises du Village. Des entreprises de grande taille ont plus de mal à se développer que de jeunes start-ups, et cette “collaboration” permet à l’une d’avoir des conseils et un soutien financier qui n’est pas négligeable, tandis que pour l’autre, l’enjeu est l’accès à l’innovation en “externalisant” la R&D, pour se développer encore plus sur le territoire…

 

Une organisation rigoureuse.

 

Outre les loyers payés par toutes les start-ups qui “vivent” au Village, ce dernier perçoit aussi des fonds provenant de la locations des espaces comme les salles de réception ou les bureaux qui sont mis à la disposition des entreprises et louables pour les événements de grands groupes, ainsi qu’une contribution financière confidentielle annuelle versée par les partenaires au Village.

Si chaque Village est géré par sa Caisse Régionale, en l’espèce le Crédit Agricole d’Aquitaine, il n’en reste pas moins une certaine hiérarchisation à l’échelle nationale, en terme d’image avec un logo commun, un même “prestige” et un système économique identique. C’est pour cela que les start-ups peuvent facilement “être nomades” et changer de Village si elles le souhaitent. Cela leur permet de rencontrer les partenaires présents sur chaque région et de se rapprocher de celui qui pourra lui apporter un véritable soutien au plus proche de son activité.

Prochainement, les différentes caisses régionales souhaitent organiser des événements en commun pour réunir tous les acteurs régionaux et échanger tous ensemble, pour afficher une unité nationale.

Le groupe Crédit Agricole permet ainsi à ces start-ups de rayonner à l’échelle internationale, possédant 25 bureaux dits “de passage”, notamment à New York, dans des locaux de 200m².

Un organisation pour “s’inspirer et aider” par delà les frontières…  

 

Audrey KOZACZKA – Bordeaux Business

Propos recueillis le 6 juin 2017