Driiveme révolutionne les transports de proximité

Un homme à bord d'une voiture qui conduit

Driiveme révolutionne les transports de proximité

Producteur, distributeur, consommateur… les frontières s’estompent entre ces différents acteurs économiques sous l’effet de la sharing economy. Au fur et à mesure, les règles de l’échange économique évoluent. Ainsi, l’économie collaborative rassemble des collaborateurs sans lien particulier les uns avec les autres en termes de lien statutaire ou salarial. Tel que le signale Nicolas Colin essayiste et entrepreneur et Henri Verdier, entrepreneur spécialiste du numérique français dans leur ouvrage “L’âge de la multitude” (2015), montre que désormais les homo œconomicus sont la source principale de la valeur créée. Dans cette perspective, la start-up française DriiveMe applique depuis sa création en 2012 ce principe. Déployée récemment sur la capitale girondine, elle propose un service clé en main sur Bordeaux-Mérignac permettant aux néo-aquitains une mobilité à moindre coût avec un concept original.

Une création de valeur renouvelée entre particulier et professionnel

Les deux co-fondateurs de DriiveMe, Alexandre et Geoffroy Lambert ont, par leur entreprise, répondu à une problématique de taille. Chaque année, 45 000 voitures restent inutilisés par les agences de location de voiture. Pourtant, celles-ci ont besoin de déplacer leurs véhicules afin d’équilibrer leurs parcs automobiles. En tant que plateforme de location de voiture et de véhicules utilitaires, DriiveMe permet aux agences de rapatrier leurs voitures par le biais de particuliers qui peuvent bénéficier d’un trajet économique au tarif symbolique de un euro.
Ce tarif est valable pour 24, 48 ou 72 heures de location en comprenant un aller simple, un pack kilométrique suffisant et une assurance tous risques. La relation est à la fois gagnante pour le professionnel de location qui cherche à faire convoyer son véhicule et le particulier qui souhaite bénéficier d’un trajet à moindre frais. Il en reste plus que le carburant et les frais de péage à la charge du conducteur.

Un besoin local identifié

Si les centres urbains sont de plus en plus l’objet d’un maillage de transports en commun efficace, se déplacer en Nouvelle-Aquitaine pour des courts séjours demeure litigieux. Face à l’explosion des prix de train, il faut également prendre en compte le coût de revient du trajet jusqu’à l’aéroport de Bordeaux-Mérignac. Ainsi, en moyenne, un trajet en région Nouvelle Aquitaine vers l’aéroport de Bordeaux-Mérignac en train revient entre 10 et 40€ par personne, en fonction du point de départ. Les solutions d’autopartage hors constructeurs permettent donc de répondre à un besoin local fort en termes de trajets courts. A ce titre, Bordeaux fait partie des villes ayant intégré l’autopartage à leur politique de transport par le biais de l’externalisation. En effet, le constat est sans appel : la voiture en autopartage remplace cinq voitures personnelles et libère quatre places de stationnement. Le pas a donc été sauté en 2014 avec le lancement de la BlueCub, un service d’autopartage 100% électrique du groupe Bolloré mais également avec l’arrivée en 2016 de la société coopérative Citiz Bordeaux dans l’agglomération bordelaise, partie d’une initiative de trois bordelais. La capitale girondine misant sur la multimodalité, dans la délégation de service public figurent le bus, le tramway, le vélo, le bateau et les parcs relais. Pourtant, elle n’a internalise pas un label certifiant comme c’est le cas à Paris avec le label Service de Voiture Partagée. Pour le moment, la délégation de service public oeuvre pour l’autopartage par le biais de partenariats. Keolis a ainsi signé des accords de commercialisation avec Citiz et BlueCub qui permettent d’obtenir une réduction de 20 % sur l’abonnement à l’autopartage lorsqu’on est détenteur d’un abonnement aux transports urbains.

Du point de vue des modèles économiques de partage, les acteurs du marché devront dans les années à venir faire face à des enjeux de développement. En prenant un exemple local, Citiz devra diversifier sa cible progressivement vers les entreprises et une clientèle B2B. Alors que le principal enjeu du groupe Bolloré avec BlueCub sera d’atteindre un équilibre financier, en témoigne l’exemple Autolib’ et chercher une intégration dans l’offre de transport collectif de la ville. C’est de cet objectif que s’inspire le partenariat commercial conclu avec la SNCF et la BlueCub en 2015 pour les abonnés du TERAquitaine.

Concernant Driiveme, for du succès de leur concept et de leur application, les deux frères entrepreneurs sont partis à l’assaut du marché européen en commençant par l’Espagne, puis en 2019 étendue au marché britannique mais aussi à l’Italie, le Portugal et l’Allemagne.

Etant donné la mise en place de politiques publiques qui visent à restreindre l’usage de la voiture particulière mais également des restrictions de stationnement, les perspectives de croissance des acteurs de l’autopartage sont radieuses. Des start-ups comme DriiveMe libèrent professionnels et particuliers des contraintes de mobilité et de praticité et donnent de la cohérence à un territoire plus multimodal.

Justine ANGIBAUD

Sources :

Rapport « Economie collaborative : comment encadrer et encourager le pouvoir de la multitude », Terra Nova, mars 2018.

Le Labo de l’Economie Sociale et Solidaire

Site officiel de la Nouvelle-Aquitaine

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