DTx Sciences réveille l’e-santé à Bordeaux

DTx Sciences réveille l’e-santé à Bordeaux

La Nouvelle-Aquitaine est la première région de France en termes d’emplois dans le secteur du numérique et de la santé selon François Jeanson, Déléguée à la santé et à la Silver économie du Conseil Régional de Nouvelle-Aquitaine. En effet, le territoire néo-aquitain a su déceler très vite les liens qui existent entre les professionnels de la santé et les acteurs du numérique. Sur ce constat, s’est tenu en plein centre de Bordeaux à l’espace Héméra, rue Fondaudège, les journées DTx Sciences le 27 et 28 juin dernier dédiées aux solutions numériques et à l’e-santé. Animée par Maryne Cotty-Eslous, fondatrice de Lucine, une entreprise spécialisée dans les thérapies numériques, cette consultation internationale réunit des experts internationaux tels que Ramon Hernandez, Responsable de Real World Evidence Data chez Sanofi France, ou encore Edward Cox, le Directeur général de Dthera Sciences aux Etats-Unis. Une consultation citoyenne a également été mise en place pour faire suite à ces deux jours de table-ronde et de brainstorming.

L’impact du numérique sur la santé globale

A la question la donnée peut-elle soigner ? DTx Sciences répond oui. En effet, le numérique agit déjà à l’heure actuelle pour proposer des solutions concrètes autour des questions du digital et de la santé. Les espaces numériques de santé ont par exemple vocation à optimiser toutes les prises en charge administratives des patients. Ainsi, venu du Canada, le Consortium Industriel de Recherche et d’Innovation en Technologies Médicales, le MEDTEQ était présent sur la journée du 27 juin. Sa responsable de projet Sabrina Fettal a pu revenir sur la nécessité de soigner autrement. En effet, l’impact du numérique sur la santé globale revient à se demander : comment savoir si une population va bien ? A ce titre, l’usage des data permettrait d’aller au plus près de la vie réelle. Le numérique pourrait ainsi aider à mesurer statistiquement l’impact du numérique sur la santé globale par l’exploitation des données comportementales ou des données d’observance*. Le numérique pourrait également permettre de mesurer les interactions numériques du patient au cours de son parcours de soin.

Le numérique au service d’un système de santé à bout de souffle

Le système de santé français, à l’image du secteur économique et industriel dans sa globalité, est soumis à une transformation de son activité impulsée par le numérique. Au-delà de la numérisation et du recours aux services informatiques pour le suivi des dossiers patients, les technologies numériques sont aujourd’hui le catalyseur de nouveaux services dans l’ensemble des domaines de la santé publique : aussi bien dans l’accompagnement des patients que dans la prévention.

Dans le contexte de vieillissement de la population et de désertification médicale, professionnels de la santé et acteurs du numérique ont décidé de mener leurs actions conjointement. Le 18 septembre 2018, le Président de la République Emmanuel Macron a en effet présenté les grandes orientations de la stratégie de transformation de notre système de santé (STSS), aussi dénommée « Ma santé 2022 ». Dans cette perspective, le Pôle Interministériel de Prospective et d’Anticipation des Mutations Économiques (PIPAME) a été chargé de travailler sur l’impact du numérique sur la santé afin de donner un cadre précis pour les données de santé et pour incarner un levier de transformation pour les industries de la santé.

Cette réflexion qui associe numérique et santé a également émergé du fait de l’impératif économique puisque les dépenses de santé croissent aujourd’hui plus fortement que le PIB. D’un point de vue économique, il est également nécessaire de prendre en compte le droit de la concurrence dans le partage des données médicales. En effet, il existe des régimes juridiques différents selon le type de données, qu’ils s’agissent de données à caractère personnel ou non. Si la question de l’intérêt général est omniscient dans le domaine de la santé publique, il faut pouvoir s’assurer de ne pas utiliser les données au détriment des personnes. En Asie, par exemple lors des récurrents épisodes de grippe aviaire, les personnes non vaccinées ont été géolocalisées, bafouant ainsi le libre-arbitre des citoyens. Il faut pouvoir également s’assurer auprès des industriels ou les hébergeurs que les données divulguées ne seront pas utiliser par leurs concurrents. La solution pourrait être, pour les start-up par exemple, de créer eux-mêmes leurs données, ou bien d’inclure un intermédiaire transparent qui retrace le chemin de la donnée, pour connaître son utilisation et son utilité publique.

Si les ressources numériques constituent un levier de développement et d’innovation important pour le secteur de la santé, il ne faut pas s’y méprendre : les algorithmes doivent s’adapter à notre façon de soigner et non l’inverse. Plusieurs verrous existent encore à la fusion totale du numérique avec la santé. Le business model d’abord qui n’est pas encore tout à fait stable même si on assiste à la fin d’une phase expérimentale. Si un modèle économique est trouvé, le verrou le plus important restera encore l’acceptabilité des populations. Il est raisonnable d’admettre que les politiques publiques ne seront pas suffisantes pour transformer les usages des populations. Pour autant, rien n’est moins sûr concernant l’évolution de la société puisque la télémédecine se développe, là où personne ne prévoyait son développement.

Justine Angibaud

*Selon l’OMS, l’observance est la mesure avec laquelle les actions comportementales d’une personne devant prendre un médicament, suivre un régime alimentaire et/ou changer de mode de vie correspondent aux prescriptions médicales d’un professionnel de santé.

Sources :

ARS Santé

TSA E-santé

ADI Nouvelle-Aquitaine

MEDTEQ

Etudes Economiques, « E-santé : faire émerger l’offre française en répondant aux besoins présents et futurs des acteurs de santé », Ministère de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique, 2016

1 Comment
  • lagarde
    Publié à 11:17h, 01 août Répondre

    bonjour madame, monsieur,

    je voudrais vous offrir ma candidature au sein de votre entreprise DTS SCIENCES
    merci de me contacter lagnat17@gmail.com

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