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EGAlim et agriculture : vers une revalorisation des prix ?

Depuis 2018, EGAlim, aussi connue sous le nom de “Loi Alimentation” vise à équilibrer les relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine. Un programme auquel sont sensibles tous les acteurs du secteur, mais qui n’est pas toujours à l’avantage des agriculteurs eux-mêmes. Depuis 2018, de nombreux facteurs ont impacté les évolutions de la rémunération des agriculteurs, des transformateurs. Serge PAPIN, ex-patron du Système U a effectué plusieurs propositions pour une meilleure rémunération de la chaîne de valeur agricole. Il s’appuie notamment sur EGAlim, pour inverser le mécanisme de formation des prix.

EGAlim, vers une loi qui rééquilibre les rapports de force

Suite aux propositions de Serge PAPIN, la FEEF (Fédération des Entreprises et Entrepreneurs de France) réagit. La loi EGAlim est supposée les soutenir pour établir des prix plus justes, avec une meilleure rémunération des agriculteurs. Cette mesure, rendue possible avec la fixation d’un prix plancher, permettrait de rééquilibrer les rapports de force entre les différents acteurs du milieu. 

Toutefois, selon la FEEF, le complément de la loi EGAlim par le Gouvernement et Serge PAPIN oublie un maillon essentiel : les industriels et les fournisseurs. Des acteurs garants de la souveraineté alimentaire et industrielle au sein des territoires. Même si cette année, les prix des produits agricoles vont connaître une stabilisation voire une légère hausse et très peu de baisses… La situation sanitaire n’est pas sans impact sur le secteur agricole. 

Culture champ agriculture
La rémunération des agriculteurs est au coeur des débats.

En effet, la COVID-19 impacte le travail dans les champs. Depuis mars 2020, la main-d’œuvre est beaucoup moins nombreuse et disponible pour aider les agriculteurs. Cette raréfaction de l’aide est la conséquence des trois confinements imposés par le Gouvernement pour lutter contre la pandémie. Des confinements également ponctués par des couvre-feu, incompatibles avec le travail agricole, notamment saisonnier. 

Autre impact sur la qualité des récoltes : le climat. La canicule de l’été 2020 a eu des impacts non négligeables, qui se répercutent sur le prix des matières premières. Le blé et le maïs connaissent ainsi une augmentation de prix de 25%, une augmentation au détriment des agriculteurs. La FEEF souhaite donc que la loi EGAlim soit revue avec des réglementations plus souples, à l’avantage des agriculteurs.

La FEEF fédère les PME françaises. Et ces PME représentent 98% des industries agroalimentaires. Une part essentielle de l’activité, un secteur central de l’économie française. 

Modifier EGAlim pour pallier aux aléas de l’agriculture

Ces deux dernières années ne sont pas des plus positives pour l’agriculture française. Si la question de la rémunération des agriculteurs se pose depuis plus longtemps, et commence à évoluer… Certains aléas impactent fortement ces évolutions. Cela concerne par exemple un événement cher aux agriculteurs, le traditionnel Salon de l’Agriculture qui leur est dédié. Un rendez-vous annuel médiatisé, qui se tient chaque année depuis 1964. 

Ce Salon est l’occasion de mettre en avant le travail agricole, les différents métiers, mais aussi les produits fabriqués. Il s’agit également d’un moment idéal pour s’exprimer, pour évoquer les difficultés du milieu agricole. Le manque de main-d’œuvre, les problèmes liés à la rémunération, et bien d’autres problématiques. Mais cette année, pour la toute première fois, le Salon de l’Agriculture n’aura pas lieu. Un coup dur pour les agriculteurs, et tous les acteurs qui en dépendent.

Tomates agriculture champ
La FEEF s’implique auprès des PME françaises.

Pour soutenir ces acteurs, EGAlim souhaite rendre aux agriculteurs et aux transformateurs la maîtrise de leurs prix. La mise en place d’un prix plancher est une bonne solution, indispensable pour rendre à l’industriel la liberté de son tarif. Il permet alors de prendre en compte les coûts agricoles et les coûts de transformation. Il s’agit du seul moyen de recréer de la valeur sur toute la chaîne, afin de mieux la répartir, et ce jusqu’aux agriculteurs

La FEEF est favorable à la non négociabilité des prix agricoles à condition que cette non négociabilité s’applique aussi au tarif du transformateur auprès du distributeur. Par cette proposition, elle souhaite appliquer la même liberté qu’à le distributeur pour fixer ses prix au consommateur final. Une mise en place importante, pour plus de liberté… Et donc une meilleure rémunération de ces acteurs oubliés.

Une évolution des contrats pour mieux négocier

Autre proposition de Serge PAPIN pour faire évoluer EGAlim : la pluri-annualisation des contrats. Sa principale recommandation consiste à rendre “obligatoire” la signature d’un contrat pluriannuel entre l’agriculteur et l’industriel. Cette signature de contrat interviendrait alors au moment de la négociation entre l’industriel et le distributeur. Cela permettrait alors à quote-part du prix de la matière première agricole de figurer comme un élément non-négociable.

Mais selon la FEEF, la mise en place de tels contrats serait une illusion de protection, sans maîtrise du tarif par le transformateur. Cela expose l’industriel à ne pas pouvoir répercuter sur une durée plus longue la fluctuation de ses coûts de revient. Ainsi, la FEEF propose à la place la mise en place d’un contrat à durée indéterminée, un “CDI” où le fournisseur et le distributeur négocieraient uniquement quand cela est nécessaire. Ce qui permettrait, à terme, de sortir de la précarité de la négociation annuelle, ce qui assurerait une visibilité à plus long terme pour les PME. 

Sources : 

  1. EGAlim, Réaction de la FEEF aux propositions de Serge Papin pour « mieux rémunérer la chaîne de valeur agricole » publié le 25 mars 2021
  2. #EGalim : tout savoir sur la loi Agriculture et Alimentation, Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation
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