A partir de 2006, la France a constaté un fort changement dans sa démographie : un accroissement des départs à la retraite, une baisse de la natalité, et une population vieillissante liée à l’augmentation de l’espérance de vie: il s’agit des prémices du “Papy-Boom”, résultant du “Baby-Boom” de l’après-guerre.

Ce phénomène à l’échelle nationale, mais aussi régionale, impacte tous les secteurs : la santé, les transports, les loisirs, le sport, l’alimentation, les assurances…

Le Papy-Boom, qui est-ce que cela représente ?
Il s’agit de la tranche de la population que l’on appelle “Senior” :

Dans le monde du travail, il s’agit des personnes d’au-moins 50 ans, tandis que pour la santé, une personne est considérée comme senior à partir de 65 ans.

Aujourd’hui, 22.1% de la population de la région Nouvelle-Aquitaine est âgée de 65 ans et plus, ce qui représente 1.3 millions de personnes. (Chiffres INSEE 2015)

En cause, un climat plus chaud et ensoleillé pour les retraités, en somme, de meilleures conditions de vie. C’est une population vieillissante donc, qui a de nouveaux besoins.

Afin de s’adapter à cette nouvelle population, un nouveau système économique s’est implanté sur le territoire français : la Silver Economie. Elle permet l’adaptabilité de tous les marchés pour répondre aux nouveaux besoins des seniors et faciliter le bien-vieillir.

Le vieillissement de la population est une opportunité à ne pas négliger : plus qu’un simple marché, il s’agit d’une économie à part entière, qui, bien structurée et encadrée, pourrait créer de nombreux emplois et contribuer à la croissance du pays.  

1 DÉPART A LA RETRAITE = 1 FUTUR RECRUTEMENT ?

En constatant la croissance massive des départs à la retraite dûe au Papy-Boom, les cabinets de recrutement ont commencé à chercher de nouveaux collaborateurs pour remplacer les “anciens”. De nombreux postes à pourvoir, mais nécessitant une transmission de connaissances. En 2016, en Nouvelle-Aquitaine, 1 emploi sur 4 est occupé par une personne âgée de plus de 50 ans (Source: INSEE).

Dans certains secteurs d’activités, le remplacement des personnes retraitées est très difficile, comme dans le domaine de la santé, le l’élevage ou de la viticulture : 41% de départs pour les professionnels de santé en Aquitaine pour l’année 2016 et 35% pour les viticulteurs. Les villes les plus touchées dans la région par ces départs en masse sont en campagne, et le manque, voire l’absence de certains professionnels dans les villes cause des problèmes aux habitants (pas de médecin à 30km à la ronde).

La vague des départs en retraite a bénéficié à des acteurs qui se sont positionnés sur le marché des seniors, notamment dans l’Aide à la Personne.

Sur le secteur Bordelais, de nombreux secteurs interviennent pour aider ces personnes, qui ont besoin d’une assistance au quotidien.

Les associations comme l’ASAD (Association de Services et d’Aide à Domicile) ou encore Rayon de Soleil proposent d’intervenir au quotidien à domicile auprès de seniors dépendants dans leurs activités du quotidien selon leur pathologie ou leurs besoins : aide aux tâches domestiques, accompagnement dans les activités techniques et domestiques pour les rendez-vous, la téléassistance 7 jours / 7, mais aussi l’aide pour pratiquer des soins plus ou moins spécifiques comme faire des pansements ou le nursing.

Pour ces personnes “isolées”, le maintien des relations sociales est important : les assistants de ces associations les accompagnent donc à l’extérieur pour diverses activités pour garder un contact avec d’autres personnes. Certaines prestations sont prises en charge par l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) destinée aux personnes ayant plus de 60 ans présentant une perte d’autonomie comme la téléassistance, qui permet en un clic de prévenir une équipe d’intervention en cas de problème. Elle est attribuée selon certains critères.

D’autres acteurs appartenant au domaine privé émergent aussi, comme Silver Autonomie qui se tient à la disposition des personnes dans le besoin tous les jours. Leurs valeurs ? Ecoute, assistance, respect de la personne et accompagnement quotidien pour lui apporter aide au quotidien et relation humaine, par la compagnie, les jeux ou la lecture. L’accompagnement débute lors de la demande d’information, la personne ayant le choix des personnes intervenant pour l’aider, avec un respect de la demande et une totale transparence. L’objectif est d’instaurer une relation de confiance pour répondre au mieux aux demandes des seniors. Silver Autonomie est en mesure d’aider toutes les personnes, même les plus dépendantes, de leur réveil à leur coucher. Les solutions privées sont plus prisées par une clientèle aisée.

Les particuliers-employeurs sont les personnes elles-mêmes qui font appel à des aides, les recrutent individuellement, contrairement aux associations ou aux organismes privés qui proposent toutes les prestations.

La personne choisit ses intervenants et les emploie pour l’aider au quotidien. Il s’agit d’une branche d’acteurs bien plus réglementée car le senior devient “employeur” et est donc soumis à des réglementations particulières.

LA VIEILLESSE, MARCHE DES NOUVELLES TECHNOLOGIES

Âgés de 60 ans et plus, ces personnes qui sont parfois encore actives ont de nouveaux besoins et n’hésitent pas à consommer en achetant des nouveaux biens qui sont plus adaptés à leur nouveau mode de vie : nouvelle voiture plus spacieuse pour l’assise, plus confortable avec un grand coffre pour les bagages en cas de déplacement, nouveau mobilier plus facile d’accès, matelas plus confortable pour ménager son dos, un pilulier connecté pour aider à prendre les bons cachets tout au long de la semaine… les entreprises sont bien au courant de ces nouvelles attentes et misent tout sur la “Silver consommation”.

Des innovations les plus classiques comme énoncées précédemment aux plus high-tech, à l’image des bracelets connectés qui analysent la santé en temps réel, ou encore la qualité du sommeil, une grande part des entreprises a su se positionner sur ce nouveau segment de clients ayant des besoins spécifiques.

Ces innovations passent aussi par les aides pour le déplacement. Les monte-escaliers Stannah, connus grâce aux publicités télévisées ont participé à l’amélioration du déplacement de la personne au sein de sa propre maison, lui facilitant l’autonomie. Les entreprises repensent toute la maison afin de la rendre plus intelligente, pour faciliter la vie de tous ces seniors qui vivent chez eux : des fenêtres plus faciles à ouvrir, des télécommandes centralisées qui permettent de gérer l’éclairage, les volets, la température de la maison…

Ce sont toutes ces innovations qui améliorent le confort des seniors, et qui contribuent à éviter bien des problèmes et accidents du quotidien.

AIDE A LA PERSONNE, LE MÉTIER A DU SE REINVENTER

De nombreux seniors refusent de s’installer en maison de retraite. En 2015, un sondage révélait que 77% des personnes de 65 ans et plus refusaient de quitter leur maison, “même dans un cas de dépendance absolue”. En comparaison, seuls 5% sont enclins à partir en maison de retraite.

En cause, de moins en moins de place dans ces dernières, et des prix parfois très élevés que la famille ne peut pas toujours payer. De plus, les relations entre seniors se passeraient moins bien, car dans les maisons de retraite, il y a beaucoup moins d’intimité que chez soi.

C’est pour cela qu’ils préfèrent vivre à domicile, en demandant des aides aux tâches ménagères, assistance dans la vie quotidienne ou encore la visite de professionnels de la santé pour les consultations ou la prise de médicament.

Les aides à la personnes sont bien plus que de simples “aides” du quotidien pour faire le ménage ou les tâches du quotidien. Elles discutent et apportent une présence aux seniors isolés, et dans certains cas, peuvent aussi cerner les problèmes ou blocages liés au contexte familial (distance d’un enfant, conflit entre deux personnes, éloignement par la distance de la personne avec sa famille…)

De nos jours, les maladies telles que Alzheimer ou Parkinson se déclenchent de plus en plus tôt, au même titre que certaines maladies psychologiques. Pour ces dernières, il y a souvent un facteur déclencheur que les aides à domiciles peuvent identifier au fil des discussions, aussi bien avec la personne qu’avec son entourage.

Outre l’évolution des métiers d’aide à la personne, de nouvelles tendances se créent. La colocation entre seniors et jeunes, qui permet d’apporter une présence au quotidien, une aide pour faire les courses, le ménage, en contrepartie de quoi la personne (souvent étudiante) bénéficie d’un toit à moindre coût, ce qui est souvent arrangeant au vu des loyers proposés dans les villes étudiantes comme Bordeaux. Une belle opportunité qui peut parfois ne pas être toute rose ! Pas assez réglementée dans certains cas, la colocation intergénérationnelle, si elle n’est pas suivie peut devenir difficile si l’une des deux personnes tend à prendre le contrôle sur l’autre.

Depuis la mise en place de la  Silver Économie, les solutions d’aide à la personne se sont multipliées et sont de plus en plus sophistiquées pour répondre aux besoins du quotidien.

La société Blue Frog Robotics a lancé la commercialisation d’un petit robot appelé Buddy (copain, en Anglais) qui a été pensé pour les seniors isolés. Il permet de communiquer avec ses proches par chat vidéo, de lire et de répondre aux messages, il peut être programmé pour effectuer divers rappels (prise de médicaments, rendez-vous divers ou anniversaires par exemple), mais aussi d’avoir une présence qui facilite le lien social. Les solutions robotiques proposées sur le marché peuvent aussi prévenir des accidents tels que les chutes, ou d’informer sur un manque d’activité de la personne. Ces robots intelligents surveillent aussi les domiciles, et peuvent agir au sein des maisons intelligentes (éteindre les lumières restées allumées, contrôler la température de la maison…)

Ces solutions “de pointe”, arrivent à point nommé : selon les prévisions pour l’année 2050 de l’Insee, la France comptera 32% de personnes âgées de 60 ans et plus, sur une population de 70 millions d’habitants. Pour toutes ces personnes qui veulent rester chez elles, ces petits robots sont des aides du quotidien, des présences supplémentaires en complément des visites de la part de la famille, des aides à la personne pour les tâches ménagères, les professionnels de santé…  

Sources :
Journal Officiel de la République Française : « Projet de loi d’orientation et de programmation pour l’adaptation de la société au vieillissement ». mars 2015
ORS Île-de-France : Vieillir chez soi, Enjeux de santé dans l’adaptation des logements. juin 2016
Fondation d’entreprises AIA Architecture Sante Environnement : Le Grand âge, une vie à construire. juin 2015