Estaca, à l’assaut du pôle technologique bordelais

Les pôles d’électricité relient la ville et ses activités entre elles

Estaca, à l’assaut du pôle technologique bordelais

Le secteur de l’aéronautique est généralement associé à la Ville rose, Toulouse. En effet, entre juillet 2017 et juin 2018, les besoins de compétences en IT ont fortement augmenté, dynamisant le marché de l’emploi local toulousain. Pourtant, le pôle de compétitivité Aerospace Valley réunit à la fois le territoire néo-aquitain et l’Occitanie. Bordeaux n’a donc rien à envier aux sites Enova Labège et Toulouse Aerospace où s’agrègent les entreprises technologiques. Avec des industriels de pointe tels que Thales, Dassault Aviation, ArianeGroup, Safran Aircraft Engines, la Métropole bordelaise souhaite mettre en valeur un savoir-faire pointu et des technologies majeures au travers du domaine civil et militaire face à la pénurie d’ingénieurs et la fuite de talents.*

Faire de Bordeaux un pôle technologique hors norme

La filière aéronautique est un pilier de l’industrie française. Cette concurrence, qui se développe déjà entre les acteurs historiques aéronautiques, est appelée à s’intensifier à horizon 2030-2035 notamment avec le nouvel entrant chinois Comac. Les acteurs français de la filière font appel de plus en plus à la délocalisation vers des pays à bas coût de main-d’œuvre. Dans cette perspective, le secteur de la défense et de l’aéronautique est soumis, par les décideurs politiques, à des encouragements appuyés à produire localement. Le marché de l’aéronautique civile est à ce titre un domaine porteur en Nouvelle-Aquitaine. Cette volonté de produire localement et les effets de la demande mondiale impactent la filière aéronautique, spatiale et de Défense en Aquitaine qui connaît des perspectives différentes selon la nature de ses activités.

Le pôle technologique bordelais prend une nouvelle ampleur avec l’Aerospace Valley “Aéronautique, Espace et Système embarqués” en concentrant sur son territoire des emplois industriels, les chercheurs mais également des Grandes Écoles françaises aéronautiques et spatiales. Avec l’Aérocampus, Bordeaux dispose d’un écosystème de formation et d’innovation majeur. L’Aérocampus est en effet le seul campus européen capable de proposer des formations de maintenance aéronautique depuis le Bac Pro jusqu’à l’école d’ingénieurs, sur cet ancien site militaire sur 26 ha, avec une équipe de 80 personnes, et 20 organismes accueillis. Le déficit d’écoles d’ingénieurs y est encore notable, avec environ 8000 ingénieurs formés en région (dont environ 3500 sur la seule métropole) sur 140 000 au niveau national, ce qui se traduit par des difficultés pour les entreprises du territoire de recruter des ingénieurs proches. La Nouvelle-Aquitaine est donc orientée vers une perspective de dialogue et d’opération séduction avec les écoles d’ingénieurs.

Adapter le capital humain

L’inauguration en septembre dernier du campus Thales Bordeaux de 60 000 m² démontre ce besoin de développer des compétences liées aux activités avioniques d’excellence. Ainsi ce site rassemble près de 2 700 collaborateurs dont plus de 70% d’ingénieurs et cadres. C’est l’unique site Thales en France qui abrite une telle diversité métiers dédiés à la connectivité, le big data, l’intelligence artificielle et la cybersécurité. Abritant un Innovation Hub, un design center, un FabLab, le campus Thales Bordeaux mise sur la coopération grâce à des espaces collaboratifs et de l’adoption de nouvelles méthodes de travail. Cette initiative répond au besoin de former le capital humain adapté aux besoins de l’économie régionale.

L’idée est donc de pouvoir former des talents de demain dans cette expertise. L’école supérieure des techniques aéronautiques et de construction automobile (ESTACA) compte ainsi parmi les écoles d’ingénieurs les plus réputées. Avec deux campus situés à Paris-Saclay et Laval dans le département de la Mayenne. Avec 140 000 emplois industriels, 1 900 établissements, 11 % des salariés employés par les industriels de pointe et un tiers des effectifs aéronautiques français, la région constitue le troisième vivier d’emplois français dans ce secteur. Il y a donc un enjeu pour Estaca à développer une offre académique en partenariat avec les acteurs locaux du secteur des transports, afin de bénéficier des synergies des grands groupes, des PME/TPE, des collectivités mais aussi des institutions de recherche qui y sont implantés.

Ainsi, à l’occasion de la tenue du salon Bourget, Alain Rousset, Président du Conseil Régional de Nouvelle-Aquitaine, a officialisé avec Ludovic Busson, Président de l’ESTACA l’ouverture d’un campus sur Bordeaux d’ici 2021. La date n’est pas laissée au hasard puisque l’année 2021 marquera l’aboutissement du quartier Euratlantique qui abritera des formations d’ingénieurs en plein centre de Bordeaux.

Le pôle bordelais de l’industrie aéronautique et spatiale et ses sous-traitants constitue le 3ème bassin d’emplois français. L’implantation d’ESTACA en Nouvelle-Aquitaine est un choix stratégique pour nouer de nouveaux liens de proximité avec les industriels de la troisième région aéronautique de France. L’ouverture de ce troisième établissement symbolise enfin une nouvelle étape du développement de l’École d’ingénieurs. A court et moyen terme, ESTAC affiche une forte hausse du nombre de ses étudiants, accompagnée d’une demande de plus en plus importante de la part des recruteurs de l’industrie des transports et des nouvelles mobilités.

Justine ANGIBAUD

Sources :

Site officiel de l’aerospace

Site officiel de Invest in Bordeaux

Etude « Prospective : Industrie du futur : enjeux et perspectives pour la filière aéronautique »

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