Dans un contexte économique qui semble « compliqué », l’accès au marché de l’emploi évolue. De nouveaux modes de travail s’initient. 

Le taux de chômage en France semble se stabiliser autour de 10% (chiffres INSEE), ce qui représente environ, 2,8 millions de personnes en recherche d’emploi. Parmi eux, 1,2 million sont des chômeurs de longue durée, qui déclarent chercher un emploi depuis au moins un an.

Des chiffres qui explosent pour la cible jeune, avec un taux de chômage, en février dernier, de 24,6 %. En revanche, le marché de l’emploi chez les jeunes reste bouché, le taux de chômage des moins de 25 ans était, en février 2016, de 24,6 % en France, alors que la moyenne est de 19,4 % dans l’Union européenne (chiffres Toute l’Europe). Cet écart de cinq points est significatif.

QUELLE EST LA SITUATION DE L’EMPLOI A BORDEAUX ET SA RÉGION ?

Dans ce qu’on appelle le “Bassin d’emploi de Bordeaux”,  le taux de chômage des jeunes reste plus élevé que la moyenne des grandes métropoles. Si Bordeaux reste une zone dynamique en matière de création de poste, notamment dans le secteur des services, l’essor de la population estudiantine, vite en demande sur le marché du travail, crée un déséquilibre certain, alors que les cadres issus de ces formations supérieures, et de manière générale, les professions à valeur ajoutée intellectuelles, sont déjà fortement représentées, selon le Baromètre JobiJoba.

Chômage des jeunes et chômage des seniors à Bordeaux

Le dynamisme économique de Bordeaux ne parvient pas à inverser la tendance. Les modèles se cherchent encore dans l’accès à l’emploi des moins de 25 ans. Le réseau présente cependant la « face cachée du recrutement ». Les PME familiales sont également nombreuses, ce qui limite l’accès à l’emploi pour les nouveaux arrivants.

Retraités, étudiants et autres inactifs à Bordeaux

Parts du recrutement par support

Après une première période de verrouillage de l’accès au CVthèque par quelques acteurs historiques, aux joboards financièrement difficiles d’accès aux PME, s’en est suivie une libéralisation massive de l’accès aux données et la multiplication des plateformes. La reconcentration progressive, avec la disparition de multiples petits acteurs du recrutement laisse désormais la place aux acteurs qui ont su qualifier leur fichier. On peut relever : 

Indeed, qui faisait figure de « parent pauvre » graphique des joboards, a su conquérir des parts de marché par une utilisation avisée de son outil d’indexation.

% des outils utilisés pour le recrutement

A contre-courant, sur Bordeaux, Myfairjob a souhaité focaliser son offre sur l’envoi de candidatures spontanées et la valorisation des candidats, souhaitant « créer l’emploi » au travers de la rencontre recruteur – candidat. Une façon de se rendre visible autrement, sans répondre à une offre spécifique.

Pour le segment « jeunes et étudiants », de nouveaux acteurs ont également pénétré le marché, parmi lesquels on peut citer studentjob.fr, à vocation européenne voire internationale affirmée, jobetudiant.netjobaviz.fraktiveo.comprostudent.fr.

Au regard de la diversification des pistes possibles, le repli sur des social media comme LinkedIn semble rassurant.

CHANGEMENT DE MENTALITÉ OU ÉVOLUTION INÉLUCTABLE DU MARCHÉ DU TRAVAIL

Dans ce contexte délicat d’accès à l’emploi, le salariat n’est pas la seule réponse. Voire, n’est plus une réponse. Les étudiants, les jeunes diplômés sont en effet à la recherche d’un nouveau mode de relation au travail. On assiste en effet depuis quelques années à une prise de conscience de ce segment de la population d’une inadéquation entre leurs compétences, leur relation au travail et le marché de l’emploi tel qu’il existe aujourd’hui. Volonté d’être indépendant, volonté de prendre ses propres décisions, de monétiser la valeur travail, de choisir son temps de travail.

Face à cela, des entreprises confrontées à un environnement évolutif, à des variations de commande, des remises en question permanentes, notamment dans les jeunes structures, pour lesquelles prendre le risque du salariat est tout simplement inenvisageable, voire inadapté à la réalité de leur activité. Pour autant, la valeur intellectuelle des prestations n’a jamais été aussi importante.

En réponse, les plateformes alternatives fleurissent, notamment dans le milieu informatique, communication, graphisme : CreadsCodeurs.comHopworkDigikaaTwagoFreelancerUpworkGraphiste… Elles sont symptomatiques de changement dans les clivages traditionnels de l’emploi. Pour autant, entre l’accès à l’indépendance, l’autonomie voulue ou subie, l’entrepreneuriat, il est difficile de mesurer encore réellement l’impact de cette dichotomie entre ce qui est encore « socialement accepté » et les mutations en cours.

Il est donc plus que temps de « donner le ton ».

Les chiffres de l’autoentrepreneuriat en France

+ d’un million d’autoentrepreneurs en Fance
+ de 85% de croissance du nombre de travailleurs indépendants en France
Les motivations :

  • Meilleure rémunération (11%)
  • Aucun lien de subordination (24%)
  • Choix des projets (28%)
  • Aucune contrainte vis-à-vis des horaires (37%)
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