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Gouvernance d’entreprise, penser l’après Covid

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La gouvernance d’entreprise est au cœur des enjeux pour un après Covid plus responsable. Pour cause, la crise sanitaire entraîne une crise sociale et une crise économique. Elle exacerbe également les questionnements autour de la responsabilité environnementale des entreprises. Toujours repoussée au lendemain, la RSE semble cette fois-ci trouver une place plus importante dans les sociétés. Encore que le constat soit mitigé. En réalité,  l’idée de la relance verte ne rencontre pas forcément son public. Avec les incertitudes et les baisses de CA, 40% des entreprises pensent limiter leurs investissements, y compris ceux liés à l’environnement. Pour les autres, c’est l’occasion de repenser la gouvernance d’entreprise. Raison d’être, relation avec les parties prenantes, capacité d’anticipation, gestion des risques…

La gouvernance d’entreprise après la pandémie, les leçons pour l’après Covid

L’ouvrage “La gouvernance d’entreprise après la pandémie” paraîtra le 31 mars 2021 (1). A l’origine de ce projet, Ivan Tchotourian. Professeur à la Faculté de droit de l’Université Laval, codirecteur du Centre d’études en droit économique, membre fondateur du Laboratoire interdisciplinaire sur la responsabilité sociale des entreprises (LIRSE) et chercheur régulier de l’Institut Hydro-Québec en environnement, développement et société (EDS), il n’en est pas à son premier travail sur la gouvernance d’entreprise.

En revanche, le contexte de la crise sanitaire le pousse à étudier la question de la gouvernance d’entreprises post-Covid. Plus qu’une question propre à chaque entreprise, il aborde la RSE comme un sujet de droit. Lequel pourrait avoir le pouvoir de placer les sociétés devant leurs responsabilités. Dans son ouvrage, il cherche à creuser le sujet de manière globale et complémentaire. Une façon de mieux-vivre l’après Covid autant que de savoir mieux anticiper une nouvelle crise.

Bien conscient de ne pas soulever un problème nouveau, “La gouvernance d’entreprise après la pandémie” retrace surtout les publications pendant la crise sanitaire pour mettre l’accent sur l’urgence et la pertinence d’une politique RSE plus aboutie.

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La gouvernance d’entreprise après Covid cherche à s’intégrer dans une politique de relance verte holistique.

La RSE, poudre aux yeux ou réel vecteur de croissance ?

Le cadre juridique lié à la responsabilité sociétale des entreprises s’étoffe d’année en année. Loi Sapin II pour la surveillance des fournisseurs, comité d’éthique, plan de déplacement d’entreprise… Toutefois, aujourd’hui encore, ces dispositions relèvent davantage de la création de documents de bonne conscience que de vecteurs de changement concret dans la façon de faire vivre l’entreprise.

Pour y remédier, les experts recommandent des actions réelles au niveau de la gouvernance d’entreprise. Des discours qui se multiplient en cette période de Covid. Ces actions permettraient de faire évoluer le cœur même de l’activité, les processus métiers, la valeur ajoutée. Cela pourrait passer par l’allocation de plus de moyens pour l’identification des risques sur les chaînes d’approvisionnement ; le développement d’une innovation plus durable et coopérative entre les acteurs ; la définition d’une relation fournisseur plus transparente, diversifiée et locale. Mais aussi l’amélioration de la formation des managers en matière de RSE et management responsable ; la garantie de l’équité salariale ; ou encore, la généralisation du télétravail. (2)

Plus qu’une histoire de conscience et d’image de marque, la RSE revêt semble-t-il également des atouts financiers. Les agences de conseil en vote, tout comme les investisseurs et actionnaires eux-mêmes, se tournent de plus en plus vers les entreprises avec des politiques RSE abouties (3). En plus de chercher à contribuer à une économie plus responsable, ils ont également conscience de la valeur financière d’une telle démarche. Ainsi, selon Novethic, disposer d’une politique environnementale générerait des opportunités de l’ordre de 10 000 milliards de dollars par an. Ainsi que la création de 395 millions d’emplois dans le monde d’ici 2030.

Flexibilité du temps et de l’espace de travail, enjeu majeur de la gouvernance d’entreprise post-Covid

La gouvernance d’entreprise post-Covid semble avoir beaucoup à gagner à améliorer la flexibilité du temps et de l’espace de travail. En réalité, cet aspect concerne bien plus que la simple question de l’attractivité des talents et de l’amélioration de la marque employeur. En la matière, la crise sanitaire a d’ores et déjà permis d’établir l’étendue des répercussions.

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La mise en place du télétravail est venue perturber les équilibres et les cultures d’entreprise.

En fonction des modes de travail et des types de management, le passage imposé au travail à distance s’est passé plus ou moins en douceur.

Ainsi, la mise en place du télétravail impose un certain niveau de confiance, ainsi que des outils adaptés. Les entreprises déjà équipées des logiciels nécessaires et des process en conséquence étaient déjà plus mûres sur le sujet. Elles ont donc plus facilement et rapidement pu transposer le travail au bureau vers le travail à distance. Pour les autres, le processus a été plus long.

C’est donc avec le soutien des managers que la transition a été possible. En ce sens, la confiance a dû être replacée au cœur des équipes. Également l’occasion de (re)prendre conscience de la valeur de chacun, cette nouvelle flexibilité, bien gérée par la direction, suscite un regain d’engagement des équipes pour l’entreprise. Ainsi, contrairement aux idées reçues qui voyaient les performances économiques descendre en flèche, les résultats se sont souvent avérés très positifs.

En outre, ce changement forcé des modes de travail a mis le doigt sur les éventuelles difficultés d’adaptation en cas de crise. L’occasion pour bon nombre d’entreprises de revoir leurs processus et d’améliorer leurs politiques de gestion de crise.

En complément, le télétravail semble pouvoir répondre à des problèmes périphériques à l’entreprise. Réduction des émissions de CO2 et fluidité des déplacements d’une part, pour l’environnement ; amélioration de la qualité de vie et meilleure gestion de l’équilibre vie privée / vie professionnelle, d’autre part, pour les salariés.

Sources

  1. “La gouvernance d’entreprise après la pandémie”, Ivan Tchotourian, publication le 31 mars 2021
  2. 3 leçons à tirer de la crise du coronavirus pour la RSE des entreprises, Youmatter, 7 avril 2021
  3. La RSE, facteur de résilience et de compétitivité des entreprises face à la crise du Covid-19, Novethic, 23 juillet 2020
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