La foodtech, entre problématiques urbaines et praticité

Une table moderne avec des légumes et des tapas

La foodtech, entre problématiques urbaines et praticité

En 2018, les investissements dans les startups FoodTech françaises ont augmenté en 2018, en passant de 136M€ en 2017 à 227M€. Aujourd’hui, l’écosystème FoodTech français entre dans une phase de maturité. Cette tendance place la France en tête du classement européen. En effet, la foodtech est un secteur où les entreprises françaises ont les capacités de générer de très bons résultats puisque la France rassemble des produits alimentaires de qualité, des géants de l’agroalimentaire, un savoir-faire reconnu et des investisseurs et entrepreneurs prêts à relever le défi.

Les restaurants fantômes, une tendance confirmée

Les entreprises innovantes du secteur alimentaire sont de plus en plus nombreuses et lèvent des sommes de plus en plus élevées. Ainsi entre 2013 et 2016, le nombre de création de start-up dans le domaine de la foodtech a été multiplié par trois. Pourtant, tous les secteurs de la foodtech ne présentent pas les mêmes perspectives de croissance. Celles-ci se concentrent essentiellement sur l’AgTech autrement dit l’agriculture du futur, le FoodService qui réinvente la restauration et le Retail & Delivery qui concerne le e-commerce alimentaire. Parmi les nouvelles tendances du FoodService figurent les restaurants fantômes. Ce concept venu de l’autre côté de l’Atlantique, base son business model sur l’absence d’une présence physique, il est uniquement possible de passer commande sur une plateforme de repas en ligne comme Uber Eats ou Deliveroo. ces restaurants fantômes répondent à une nouvelle demande de la part de la clientèle qui souhaite désormais bien manger chez soi. Etant donnée que la carte proposée n’existe qu’en ligne, les restaurants fantômes peuvent également s’adapter plus vite aux tendances de marché et renouvelées leurs plats selon les envies. La gestion des stocks est également facilitée.

Pourtant le marché présente un taux de défaillance élevé des entreprises : Take Eat Easy et Tok Tok Tok pour ne citer qu’elles, la viabilité de nouveaux services de restauration n’est pas toujours facile à démontrer.

Dark Kitchen poursuit son développement à Bordeaux

Spécialisé dans la préparation de repas livrés à domicile, la toute jeune start-up Dark Kitchen s’est associée à Ubereats pour assurer la livraison de ses repas. Grâce à une levée de fonds de près de 1 millions d’euros, Dark Kitchen poursuit son développement dans le Sud-Ouest avec l’ouverture de deux nouveaux restaurants virtuels dont l’un à Bordeaux, rue Mouneyra, en août. L’idée de Jean Valfort et Rémi Chabanas, est de flexibiliser la restauration en créant des plats de qualité spécialement pensés pour être livrés. Ils sont tous deux experts de la restauration Jean Valfort avec le groupe Farago, un concept de tapas contemporain parisien et Rémi Chabanas avec Uber Eats. Leur valeur ajoutée tient au concept de “restaurant fantôme”. La recette d’un restaurant de qualité est conservée mais la logistique et la distribution sont confiées à une plateforme telle que UberEats. De nombreuses économies sont réalisées sur les coûts fixes, grâce à l’absence de locaux, d’autant plus dans les grandes métropoles, où le prix du foncier n’en finit pas de grimper.
Dark Kitchen réunit tous les atouts de la foodtech puisque pour favoriser son développement régional, Dark Kitchen s’appuie sur un algorithme qui recense les habitudes de consommations géolocalisées pour répondre aux attentes précises du territoire.

Dark Kitchen privilégie également une approche complète de la carte de restauration proposée aux clients puisqu’elle comporte plusieurs marques : l’une dédiée à la rôtisserie, une autre aux tacos, et d’autres à la nourriture étrangère notamment italienne et thaïlandaise. Cette approche est pertinente car le marché des restaurants fantômes est avant une concurrence de marques, entendues au sens de marques culinaires. la l Cette concurrence se base donc avant tout sur l’exclusivité de tel ou tel restaurant, les produits proposés, et les influenceurs gastronomiques qui imposeront les nouvelles tendances food. En arborant cette stratégie, les restaurants fantômes deviennent bien plus que de simples intermédiaires entre restaurants et consommateurs; Ils incarnent des repères culinaires, des lanceurs de tendances, voire des vecteurs de bien-être. Si bien que le rôle de livraison, c’est-à-dire la logistique passe au second plan. Elle engage simplement une normalisation du concept en assurant un délais de livraison court, 10 minutes dans le cas de Dark Kitchen.

La tendance des restaurants fantômes réunissent à eux-seuls les attentes d’un nouvelle clientèle plus jeune et moins attachée à l’institution qu’incarne le restaurant physique. Cette clientèle souhaite une livraison de plats de tout horizon culinaire de qualité. Atout de taille, ces starts-up de la foodtech propose des concepts facilement déployables, alors qu’à priori les restaurants et l’alimentation ne sont pas des business modèle facilement déclinables à l’infini. De quoi laisser présager un monde disruptif…sans cuisine.

Justine ANGIBAUD

Sources :

Etude DigitalFood Lab

Dossier de Presse Dark Kitch

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