L’Atelier Capifrance, bouge les lignes de l’immobilier à Bordeaux

Immobilier à Bordeaux

L’Atelier Capifrance, bouge les lignes de l’immobilier à Bordeaux

Avec un prix du mètre carré aux alentours de 4000 euros, Bordeaux demeure pour l’année 2019 la 2ème ville la plus chère après la capitale française. Si en France, le marché de l’immobilier est un marché très segmenté où les acteurs traditionnels privilégient une approche globale et une croissance externe, le marché de l’immobilier bordelais se caractérise lui par un marché à flux tendu. En effet, la demande est fortement rationnée et les biens se raréfient. Pourtant les acteurs du secteur de l’immobilier cherchent à poursuivre leur développement dans les grands centres urbains. Pour cela, les professionnels redoublent d’inventivité pour pérenniser leur position sur un marché qui voit l’arrivée de nombreux arrivants avec le développement de la Prop’tech. Bordeaux Business s’est ainsi rendu à l’Atelier Capifrance, 5 rue du Chapeau Rouge, ouvert depuis le début de l’année. Aurélie Monnereau et son équipe vous y accueille, en alliant immobilier et événementiel afin de s’imposer comme un acteur de proximité bordelais.

Le marché de la transaction immobilière à Bordeaux, etat des lieux et perspectives

Dans l’écosystème immobilier français, les agents mandataires tels que Capifrance bousculent les schémas de la transaction immobilière, c’est-à-dire l’intermédiation sans agence physique traditionnelle. Revendu au groupe Pinault en  2011, Capifrance fait ses débuts en 2002 en proposant un concept innovant: le digital au service de l’immobilier. En 2018, l’entreprise pèse 98 millions d’euros de chiffre d’affaires. Si Capifrance a fait ses armes en fonctionnant non pas avec des agents immobiliers en agence physique mais avec des commerciaux indépendants, l’entreprise a cependant dû s’adapter. Son modèle de fonctionnement en “home office”, en effet, constitue un frein à son développement dans les grandes villes contrairement aux périphéries. Possédant la conviction que l’immobilier est un métier de proximité, Capifrance a lancé le concept de l’Atelier Capifrance. L’Atelier a été pensé comme un tiers-lieu à la fois comme espace d’inspiration, espace d’avant projet et espace correspondant à un stade plus avancé du projet. Le terme “atelier” rappelle un lieu de construction au sens noble du terme, un lieu d’apprentissage, un lieu où chacun peut construire son projet de vie immobilier. Afin de faire vivre et faire connaître l‘atelier, une activité événementielle a été mise en place: chaque semaine des événements culturels ou artistiques sont organisés en mettant en valeur les artistes bordelais et commerçants du quartier. L’Atelier Capifrance est également un relais colis. L’objectif de cette communication est de faire rentrer dans cet espace de futurs clients. Par exemple, le peintre David Selor, a organisé un vernissage au mois de mai à l’Atelier. Plus de 400 personnes se sont ainsi déplacées.

Proximité et digital, penser l’immobilier autrement

Du fait de l’inertie du marché immobilier, il est intéressant d’analyser numériquement la stratégie de différenciation de Capifrance. Il est ainsi crucial de distinguer le chiffre d’affaires acté et le chiffre d’affaire  compromis. Si le marché de l’immobilier se porte plutôt bien, Capifrance s’inscrit dans cette perspective avec une bonne santé économique que nous a annoncé Philippe Buyens, Directeur général de Capifrance avec une augmentation de 12% sur les cinq premiers mois par rapport à l’année 2018. On peut donc affirmer que ce volet proximité qui a été développé précédemment est un parti pris stratégique pour Capifrance, pour sortir de l’image parfois terne et sans âme des agences immobilières traditionnelles. Capifrance cherche également à tirer profit des solutions digitales. Capifrance lance ainsi son premier assistant numérique immobilier, Carnéo. Cette application gratuite résulte d’un partenariat avec la start-up nantaise EP. A l’aide de leur expertise data et prop’tech, Carnéo cartographie les points d’intérêts du bien immobilier et retrace un carnet d’entretien du bien. Dans le contexte de la loi ELAN, la transformation numérique concerne également le secteur de l’immobilier. Il est donc tout à fait pertinent pour Capifrance de réduire ses coûts fixes et de s’engager dans des solutions phygitales, contraction de physique et digital. En effet, la loi ELAN (Évolution du Logement et Aménagement Numérique) a été adoptée le 12 juin 2018 par l’Assemblée Nationale et comporte des mesures favorables à la dématérialisation et la numérisation du secteur. L’atout des Ateliers Capifrance, qui ne sont pas seulement présents à Bordeaux mais aussi dans d’autres grands centres urbains tels que Paris, Lyon, Lille, est celle d’une gouvernance centralisée. Celle-ci fonction à partir d’équipes humaines et la disponibilité de leurs agents mandataires. L’expérience Capifrance est ainsi une preuve que si l’immobilier a une dimension locale, aujourd’hui Capifrance mobilise plus de 1500 agents qui couvrent le territoire national.

En adéquation avec les attentes des consommateurs à la recherche d’un vrai projet de vie et la digitalisation croissante du secteur immobilier, des acteurs comme Capifrance influent des idées nouvelles pour dynamiser la transaction immobilière. L’Atelier est un concept innovant, à l’inverse des idées reçues du secteur de l’immobilier qui désormais succombe à la stratégie phygitale. Les concept stores investissent les plans d’action des promoteurs concurrents, tel est le cas du Store Cogedim implanté à Bordeaux depuis 2018.

Justine Angibaud

Sources:

Bordeaux Business, “le prix de l’immobilier à Bordeaux”, 23 mars 2019

https://www.bordeaux.business/le-prix-de-limmobilier-a-bordeaux-en-2019/

https://pro.bienici.com/article/limpact-de-la-loi-elan-sur-la-profession-immobiliere

https://www.francetransactions.com/actus/immobilier/marche-immo/immobilier-a-bordeaux-l-effet-tgv-de-2017-s-estompe-la-bulle-immobiliere-va-t.html

https://www.carnetsdubusiness.com/Capifrance-veut-mettre-la-puissance-du-Web-au-service-de-l-immobilier_a983.html

https://www.journaldelagence.com/1155770-les-plateformes-lavenir-du-secteur-nathalie-gardes-enseignante-chercheuse-a-luniversite-de-bordeaux

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