Le Marché de l’Art et du luxe

Le Marché de l’Art et du luxe

Longtemps considéré comme un marché intouchable, l’économie de l’Art mêlé de luxe fait aujourd’hui figure de valeur refuge, pour autant qu’un nouveau souffle soit apporté aux business models qui y sont liés. L’inspiration créatrice apporte en effet une dimension palpable aux opportunités de marché là où le Beau, l’äme, l’Original, créent une distinction concurrentielle bienvenue.

 

Un environnement bordelais favorable

Traditionnellement, même si elle n’a pas tous les attraits de la Capitale, l’économie bordelaise est favorable au marché de l’Art et du Luxe, quand bien même quelque peu “trivial” dans une volonté d’accessibilité au plus grand nombre.

Un luxe de tradition : vin, culture, Art… La Région Nouvelle-Aquitaine met ainsi en avant des chiffres significatifs liés aux secteurs de la mode, du textile, du cuir, mais également des arts de la table. Une tradition d’excellence qui ouvre encore la voie à de belles réussites économiques(¹).

Une dynamique culturelle locale indéniable. A ce jour, Bordeaux compte pas moins d’une quarantaine de lieux liés à l’Art, parmi lesquels on peut citer la base sous-marine, le CAPC, le Musée des Arts décoratifs et du design… L’ensemble de ces lieux ne crée pas en soi de la richesse économique à proprement parler, cependant, le dynamisme des manifestations légitiment pour le entrepreneurs de l’Art et du Luxe le choix de Bordeaux comme lieu de déploiement de leur activité, tout en créant une émulation locale, comme le tout nouveau Week-end de l’Art contemporain(²), lequel a eu lieu pour la première fois à Bordeaux en septembre-octobre 2017. Des industries, artisanats d’Art innervent également le territoire, garantes d’un savoir-faire authentique, à  l’instar de la Cité internationale de la tapisserie à Aubusson(³).

Ecoles d’Art et design, de la formation à l’inspiration. L’attrait économique du territoire pour le marché du luxe et de l’Art se reflète également dans une offre de formation de qualité qui tire son épingle du jeu sur le plan national. Ainsi, l’Ecole supérieure des Beaux-Arts(⁴) de Bordeaux par exemple, bénéficie d’une réelle renommée dans les domaines des arts visuels, musique, danse théâtre, portée par la culture de l’entrepreneuriat. On peut citer notamment l’ESMOD, dont le groupe existe depuis 1841, forme à Bordeaux aux métiers de la mode, du stylisme, du management de la mode, etc., qui bénéficie notamment d’un partenariat créatif avec le Musée des Beaux-Arts(⁵) afin de valoriser les expositions.

 

La persistance des marchés traditionnels

Le monde de la mode toujours en tête. Sur le sol bordelais, les dynamiques de marché liées à la mode persistent et signent. C’est le cas notamment d’Hermès, qui a retenu récemment Bordeaux comme lieu d’implantation de ses équipes, au regard du potentiel d’attractivité de la région. Le groupe entend ainsi créer pas moins de 250 postes au sein d’un atelier à quelques kilomètres de Bordeaux, et ce d’ici à 2020; avec en complément la création de formation dédiée aux savoir-faire artisanaux Hermès. La dimension internationale de Bordeaux permet en outre d’impulser les initiatives locales, à l’instar des Ateliers marguerite Massip, avec la marque DE GRIMM, dont le compagnon de devoir Olivier MASSIP continue de cultiver l’excellence de la maroquinerie et le goût des belles choses(⁶).

Art, artisanat de luxe et business, le trio gagnant. La Région Nouvelle-Aquitaine tire également son épingle du jeu  au regard de sa filière cuir, laquelle rassemble des marques de renommée internationale, comme le Tanneur, Weston, ou encore Repetto. Au-delà, c’est un maillage de PME qui pèse à ce jour plus de 3800 emplois. Une dynamique locale impulsée par les pouvoirs publics afin de pallier notamment les difficultés d’approvisionnement en matière première, ainsi que la formation artisanale, dont les besoins ne sont pas encore pleinement couverts. De quoi pouvoir se positionner sur de belles opportunités business afin d’accompagner les savoirs-faires, ou bien de solutionner l’approvisionnement et la sélection des matières.

Le business de l’immobilier de prestige et de l’hôtellerie de luxe. L’année dernière, l’immobilier bordelais a certes fait ses armes, mais plus particulièrement l’immobilier de prestige, haut de gamme, avec la conjonction de la volonté des acteurs de l’immobilier bordelais (Barnes, Coldwell Banker…) de valoriser de manière intensive le patrimoine bordelais, avec nombre rénovations, et l’arrivée d’acheteurs au pouvoir d’achat de plus en plus élevé, notamment étrangers(⁷).

Au coeur d’une architecture haussmannienne toujours empreinte de cachet, les architectes repensent les lieux avec créativité et authenticité, à l’instar de la rénovation du Metropolitan, allée de Chartres, par l’Agence Fort & Salier Architecte. Au-delà des acteurs directement impliqués, c’est toute une économie qui se développe pour les professions annexes (décorateurs, designers…).

L’attrait immobilier se reflète également au sein de l’hôtellerie de luxe, avec le déploiement et la création de nombreux établissements pour une clientèle d’affaires, et de loisirs très haut de gamme. Le Grand Hôtel, Le Burdigala, Yndo Hôtel, Bordeaux Maritime Resort Radisson Blu(⁸)… les projets ennoblissent et grandissent, sans que la demande ne semble se tarir.

Le business de la gastronomie, l’Art de la dégustation. Le marché de l’Art et du Luxe “à la française” trouve également pleinement écho au sein de la gastronomie bordelaise. Le restaurant le Quatrième Mur du Chef Philippe Etchebest, situé place de la Comédie, a décroché récemment sa première étoile au Guide Michelin(⁹). De la même manière, le Pressoir d’Argent(¹⁰) ne désemplit pas, notamment depuis l’installation dans les lieux du renommée Chef écossais Gordon Ramsay, dont l’ambition est désormais de frôler la troisième étoile. L’Art de la gastronomie trouve écho à Bordeaux grâce à la mise en scène d’ambiances délicieusement uniques, comme a su le créer Madame Pang(¹¹), établissement ouvert début 2017, un bon hors du temps au gré des saveurs et senteurs hongkongaises.

 

L’émergence de nouveaux modèles

Dans cet environnement favorable, tant culturellement qu’historiquement, Bordeaux permet aux entrepreneurs créatifs et innovants de booster leur business, pour autant qu’ils sachent créer et saisir l’opportunité du nouveau souffle.

Art et inspiration artisanale. On ne présente plus l’artisanat du cuir de poisson, qui a su mêler innovation et tradition, sur fond d’écologie, afin de diversifier un marché saturé, comme a su l’exploiter Marielle Philip, Femer(¹²). De quoi inspirer de nouveaux acteurs, comme La Pylataise(¹³), créateur notamment de sandales made in Aquitaine. Un cercle vertueux et innovant. C’est également le challenge réussi de Petrusse(¹⁴), qui a su mêler son amour des tissus anciens à la créativité moderne, pour créer des étoles incomparables et originales.

La nouvelle vague, du créateur aux lieux inspirants. A la jonction de l’inspiration artistique et architecturale, le développement des ventes éphémères et autres “pop-stores” a permis de dynamiser des lieux parfois éteints et surtout, de délier le magasin au créateur, allégeant considérablement son business plan, pour une flexibilité au plus près des envies des consommateurs. Des lieux magiques comme La Grande Poste(¹⁵), qui accueillent de nombreuses échoppes de créateurs, ainsi qu’un bar, un restaurant et une scène centrale de 60m2. La gigantesque et intrigante base sous-marine(¹⁶) se veut en outre le théâtre d’expositions non moins monumentales, comme Digital Abysse, un “aquarium artificiel et numérique géant”, jusqu’au 20 mai 2018, par Miguel Chevalier. Chaque lieu est “poussé” aux confins de son potentiel économique, comme la Cité du Vin(¹⁷), qui accueille sa deuxième grande exposition artistique autour de la musique et du vin pour près de 40 000 visiteurs.

Réinventer le marché de l’Art et du luxe. Les pionniers d’aujourd’hui seront les entrepreneurs heureux de demain. Réinventer l’Art et le luxe au goût du jour en créant des business models innovants et accessibles au plus grand nombre semble être le pari gagnant du luxe à la bordelaise. Des initiatives comme KAZoart(¹⁸),  qui démocratise le marché de l’Art, en la personne de Mathilde Leroy, permet désormais de proposer plus de cinq cent artistes en ligne. Art Lover Place, créée par Hervé Gicquel, s’est également positionné sur le secteur de la galerie d’art en ligne, avec également des reproductions d’oeuvre à prix tout doux(¹⁹).

Conclusion

Au coeur de la région bordelaise, l’inspiration est motrice de la consolidation comme du déploiement du marché de l’Art et du luxe. Oser est ainsi le moteur du succès, même au sein du très traditionnel marché du vin, où des entrepreneurs comme Loïc Portier vous convie, avec monvignoble.fr à parrainer des pieds de vigne(²⁰) pour une cuvée sur-mesure… Pousser et repousser les limites, sans avoir peur de casser les codes, tant que la passion reste au cœur du business.

 

 

¹ « La filière cuir : une priorité de la Région », Région Nouvelle-Aquitaine
²  https://wacbordeaux.com
³  Cite-tapisserie
⁴  ebabx
⁵  « Musée des beaux-arts : carte blanche à l’école ESMOD Bordeaux », Aquitaine Online, 22 mars 2018
⁶  « L’amour des belles choses et du fait-main à Bordeaux », Bordeaux Business, 19 dec. 2017
⁷  « 2017 : une année exceptionnelle pour le marché du luxe français », Les Echos Investir, 19 janv. 2018
⁸  « Visite de chantier : « Radisson Blu hotel » – 27/04 à 11h à Bordeaux « , Ordre des Architectes
⁹   https://www.quatrieme-mur.com/fr/index.html
¹⁰  https://bordeaux.intercontinental.com/le-pressoir-dargent-gordon-ramsay
¹¹  Madamepang
¹²  Femer
¹³  Lapylataise
¹⁴  Petrusse
¹⁵  Lagrandeposte
¹⁶   www.bordeaux.fr/0271/base-sous-marine
¹⁷  https://www.laciteduvin.com/fr
¹⁸  https://www.kazoart.com/
¹⁹  https://www.artloverplace.com/
²⁰  https://www.artloverplace.com/[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

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