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attente des consommateurs dans l'industrie automobile pour un renouveau en phase avec le marché

Le renouveau de l’industrie automobile, entre innovation et adaptation

Le renouveau de l’industrie automobile se fait de plus en plus pressant et on entend différentes théories sur l’avenir de l’automobile (1). D’un côté, les plus extrêmes annoncent sa fin. Brandissant la congestion des axes routiers, le coût non négligeable du permis de conduire, ou encore les contraintes environnementales et réglementaires, ils avancent le recul de l’âge d’acquisition du permis et la réduction des voitures individuelles en ville pour soutenir la thèse de la fin des véhicules actuels à plus ou moins long terme. De l’autre, on voue un culte indéfectible à ce moyen de locomotion. Liberté de mouvement, facilité à transporter plusieurs personnes et des charges lourdes, déplacements sur de longues distance, il est vrai qu’aujourd’hui rien ne semble pouvoir s’y substituer.

Dans le même temps, et de manière immédiate, l’industrie automobile française prend effectivement du retard. Positionnée sur du milieu de gamme, elle fait face à la férocité de la concurrence en Europe et en Asie. Peu compétitive ni qualitativement, ni financièrement, elle a besoin de se renouveler.

Dans ce contexte aux théories variées, des solutions innovantes, voire originales voient le jour. Pour s’adapter aux attentes des consommateurs, ou tout au moins aux attentes supposées, les constructeurs rivalisent d’ingéniosité. Toutefois, au-delà des innovations sur les produits finis, c’est aussi tout un mode de commercialisation qui semble à revoir. De quoi permettre aux constructeurs plus traditionnels de tenir encore sur la durée.

Des innovations technologiques pour challenger l’industrie automobile

Afin d’apporter des solutions aux problématiques soulevées, les constructeurs perfectionnent les véhicules. Côté énergie, la tendance reste aux véhicules électriques, seule alternative propre qui semble sortir du lot. Pour l’industrie automobile française, certains y voient même une réelle opportunité (2). En effet, la France bénéficie d’un vaste champs de connaissances sur l’automobile, autant que d’un niveau technologique enviable. En outre, ceci pourrait lui permettre de remonter en gamme et de sortir du marasme concurrentiel qui la dessert actuellement. Néanmoins, les innovations dans l’électrique ou l’hybride se multipliant, et les leaders tels que Toyota asseyant encore davantage leur position, il est peut-être pertinent de s’interroger sur d’autres réponses possibles aux problématiques énergétiques du secteur.

Par ailleurs, l’adaptation de l’automobile ne passe pas uniquement par la quête de voitures vertes. Tous les constructeurs se concentrent également sur la conception de véhicules intelligents, bardés d’équipements technologiques (3). En première ligne : les voitures connectées. Déjà bien présentes sur le marché, elles représentaient un tiers des ventes en 2015 et deux tiers en 2018. Selon une étude Dekra Automotive, ces véhicules séduisent largement les français. Lesquels estiment que les voitures connectées sont plus divertissantes, permettent de mieux surveiller l’état du véhicule, et que leurs technologies améliorent la sécurité routière. Parmi les fonctionnalités favorites, on retrouve le GPS, la caméra de recul, le verrouillage à distance ou encore la géolocalisation.

Au-delà des voitures connectées, c’est la réalité des véhicules autonomes que les constructeurs poursuivent. Pour s’insérer dans la mouvance et ne pas se laisser distancer, la France a présenté un plan de développement des véhicules autonomes dès mai 2018. Au programme, la préparation d’un cadre juridique et d’un régime de responsabilité apte à recevoir ces nouveaux usages. Selon les estimations, les voitures autonomes pourraient compter pour 30% de la production automobile mondiale en 2035.

Des solutions en phase avec les attentes des consommateurs ?

Au coeur de la vie quotidienne au même titre que les voitures, les géants du web cherchent aussi à occuper une place dans le renouveau de l’industrie automobile. Google, comme Amazon ou Apple proposent ainsi leurs assistants vocaux de conduite. Dans le même temps, des équipes planchent sur leurs propres voitures autonomes : la GoogleCar et le projet Titan d’Apple.

Toutefois, ces innovations répondent-elles aux envies et besoin des consommateurs ? En réalité, rien n’est moins sûr. Bien qu’attirant l’attention et la curiosité générale, ces créations ne sont pour autant pas vues d’un très bon oeil. En effet, inquiets des informations récoltées, les Européens sont 95% à demander une loi pour arbitrer la collecte et l’utilisation de ces données. Ils souhaite également pouvoir choisir les informations transmises et pouvoir couper les fonctionnalités connectées. L’innovation, le confort et la sécurité oui, mais pas au prix de la fin de l’intimité et du libre arbitre.

Si on parle partout de ces projets ambitieux hautement technologiques, on en oublie que l’innovation ne réside pas toujours dans le nombre d’écrans et de capteurs… Parfois, les trouvailles les plus intéressantes demandent un retour aux sources. C’est d’ailleurs ce que propose le bordelais Gazelle Tech. Conçue par Gaël Lavaud, la Gazelle est une voiture qui retourne à l’essentiel. Elle part du constat que 75% de la consommation est liée au poids du véhicule. Ainsi, en réduisant son poids, elle permet de réduire de 50% sa consommation et de 40% son impact environnemental. Fabriquée en matériaux composite léger, elle prend le contrepied des constructeurs automobiles classiques. Pour autant, elle mise également sur l’électrification puisqu’elle est disponible en version électrique et en essence. Propre, raisonnablement connectée, contribuant à la relocation des emplois, la Gazelle a été saluée dès 2017 lors d’une visite d’Emmanuel Macron, alors Ministre de l’Economie.

Des modes de commercialisation à moderniser pour l’industrie automobile

Au-delà des innovations sur les voitures, la technologie et le digital ont également toute leur place à l’étape de la commercialisation. Ainsi, les constructeurs les plus traditionnels sont en mesure de tirer leur épingle du jeu. Avec un marketing et des parcours d’achat dans l’ère du temps, les concessionnaires peuvent en effet faire grimper leurs ventes.

Aujourd’hui, certains proposent déjà de réserver des essais en ligne. Cependant, les possibilité offrent des perspectives bien plus prometteuses. En effet, selon Noviris, 97% des achats de voiture commencent en ligne (4). Pourtant, encore aujourd’hui, une grande partie des potentiels acheteurs se trouvent déçus par le manque d’informations pertinentes sur les véhicules. Ils sont 45% à déclarer qu’ils auraient voulu recevoir ces informations dans les semaines précédant leur visite en concession. Dans la continuité, un acheteur ne visite en moyenne que 2,7 concessions différentes avant de passer à l’achat. 59% ne se sont même rendus qu’à une ou deux adresses. La présence digitale des constructeurs et des concessionnaires est donc un impératif pour faire partie de cette short-list.

Catalogue en ligne, personnalisation, réalité virtuelle ou augmentée… Les innovations passent aussi par les stratégies marketing et les opérations de communication originales. Objectif : sortir du lot. C’est par exemple la posture qu’à pris la concession Volvo Cap Nord Automobile en s’offrant une vitrine digitalisée de l’ancien Virgin megastore Place Gambetta à Bordeaux pour son dernier XC60. Pourtant, côté actions de communication, les constructeurs français n’ont pas toujours été en reste. Souvenons nous d’André Citroën qui faisait écrire son nom dans le ciel par avions lors du Salon de l’Automobile… 

Sources :

  1. Nicolas Journet, Sciences Humaines, L’automobile, déclin ou renouveau, Mars 2018
  2. https://portail-ie.fr/analysis/701/lautomobile-electrique-comme-renouveau-de-lindustrie-automobile-francaise
  3. https://www.fairandsmart.com/la-donnee-personnelle-nouveau-moteur-de-lindustrie-automobile/
  4. https://www.noviris.com/2018/09/20/etude-97-des-achats-de-voiture-commencent-en-ligne/

Consultante Media pour BORDEAUX Business, Candice aime l'économie, la stratégie, le business. Elle cherche à comprendre le jeu d'acteurs sur Bordeaux, les enjeux, les enchevêtrements qui font la complexité de paysage économique de la région bordelaise.