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BRÈVES

Les avancées de l’intelligence artificielle accompagnent la transformation sociétaire

13 décembre 2019, Auteur : Bordeaux Business

Le terme d’intelligence artificielle n’est pas nouveau. ll a été utilisé pour la première fois en 1956 par le scientifique américain Marvin MINSKY dans le cadre de ses recherches (1). Il qualifie alors l’intelligence artificielle de machines qui font appel à des processus mentaux pour fonctionner. L’IA, aujourd’hui, est un sujet qui revient très souvent dans les débats politiques et médiatiques, et qui soulève de nombreux questionnement par sa complexité. Certains se demandent si l’IA dépassera et remplacera un jour l’humain. En effet, la plus grande peur concerne la place que prendra l’IA dans nos vies demain. D’autres se questionnent sur le rôle que l’IA prendra bientôt au sein des entreprises et, par conséquent, de la destruction d’emplois qu’elle pourrait alors engendrer. 

Diverses réponses sur ce sujet ont été apportées par la MasterClass sur l’intelligence artificielle qui se tenait le mercredi 9 octobre dernier à l’évènement Fin&Tech Summit. Avec la participation de trois experts reconnus de l’IA : Pierre BLANC ; associé fondateur chez Althing, Benoît LEBLANC ; Professeur d’IA à l’Ecole Nationale Supérieure de Cognitique à Bordeaux, et Alkéos MICHAIL, Chief Technical Officer chez AgenT.

Fin&Tech Summit est une manifestation autour de l’évolution des technologies au service de la finance, fondée par Louis Alexandre DE FROISSARD et organisée dans l’école de commerce bordelaise Kedge Business School. Depuis 5 ans, conférences, débats, workshops et ateliers rythment les réflexions et échanges entre les professionnels présents à l’évènement, les journalistes et les amateurs curieux d’en apprendre plus sur les nouvelles technologies. De nombreux intervenants de diverses entreprises et startups étaient présents tels que Paypal, Unconventional Ventures, Retail Arkéa ou encore Obvy.

L’évolution de l’intelligence artificielle tend vers un procédé de prédiction

De nos jours, l’intelligence artificielle se définit telle qu’une reconnaissance de formes dans un flux continu de données pré-rentrées dans une machine. 

Considérée comme une discipline permettant de faire exécuter aux ordinateurs des tâches dont l’Homme était le seul à pouvoir le faire dans les années 90, le terme d’IA a bien évolué depuis dans la langue française.

Avec la datafication c’est à dire la mise en données du monde, les politiques et les pouvoirs publics ont saisi l’opportunité que l’IA était en capacité d’offrir à leur pays respectif. La France n’est pas en reste. En effet, selon le rapport de Cédric VILLANI du 28 mars 2018 (commandé par le Premier ministre), la France dispose de tous les atouts qui lui permettraient de s’imposer à échelle internationale. C’est ainsi qu’a commencé l’introduction de l’IA dans certains secteurs tels que la santé, l’environnement et les transports (2).

L’Homme définit maintenant le fonctionnement de l’IA comme tel : l’intelligence artificielle est soumise à de multiples reconnaissances visuelles (texte, image, vidéo, etc…), faciales et vocales (son, musique, voix, etc…) qu’elle enregistre. Tous ces éléments sont collectés dans une base de données. Ils sont par la suite interprétés et traduits par la machine. 

Ce procédé permet d’automatiser la décision par le déclenchement d’une action correspondante à la reconnaissance déjà collectée par la machine au préalable. Pour faire plus simple, l’intelligence artificielle voit ou entend une information qu’elle collecte dans son data pour lui associer une action précise. 

Il ne faut pas oublier qu’à l’origine de ce procédé intervient l’Homme. C’est l’humain qui entraîne la machine et qui la corrige. Ce qui permet à un certain stade de données collectées que l’IA puisse rectifier considérablement la marge d’erreurs et devienne alors plus juste et plus performante que les capacités humaines le peuvent. 

Ainsi, l’intelligence artificielle a pour rôle de décharger les données et connaissances que l’humain se doit de cumuler tout au long de sa vie, et particulièrement dans sa vie professionnelle. C’est dans ce but que l’IA trouve parfaitement sa place dans le développement de l’activité des entreprises. 

Ces avancées technologiques et digitales ne concernent plus que les grandes entreprises mais touchent aussi les entreprises de moyenne et petite taille. 

L’objectif est désormais d’avoir une approche interdisciplinaire de l’intelligence artificielle. Les métiers relatifs au numérique et à l’informatique ne sont plus les seuls concernés. Tous les métiers et disciplines le sont. 

L’IA permettra une optimisation du temps et de la qualité des services fournis par l’entreprise. Cela sera possible grâce à la mutation sur le plan cognitif. En effet, la machine se chargera elle-même de certaines tâches d’accueil ou de prise en compte d’informations où l’Homme lui admet inconsciemment des temps de pause. Une opération de rééquilibrage s’opérera alors grâce à l’IA.

Pour finir, l’objectif le audicieux serait que l’IA ait une capacité de prédiction. En effet, grâce à “l’apprentissage automatique”, l’IA serait capable de se corriger d’elle-même c’est à dire de faire elle-même son propre apprentissage. Ce qui lui permettrait en fonction des situations de prédire la décision finale. Ainsi, elle pourrait agir au préalable sur le résultat final d’une reconnaissance qui n’a pas encore eu lieu.

De nouvelles ressources levées par la mutation digitale en France

Dans sa vision de portée interdisciplinaire, l’Etat doit trouver des moyens d’inciter les entreprises à adopter l’IA. Le but d’aujourd’hui étant d’amener l’IA au plus proche des entreprises. 

Ainsi, les investissements ont largement augmenté depuis 2012. Ils s’élevaient alors autour de 415 millions de dollars concernant les startups spécialisées dans l’IA. Aujourd’hui, ils représentent 5 milliards de dollars dans le monde (3).

L’Etat français fait parti de ces pouvoirs publics qui déploient d’importantes ressources dans l’intelligence artificielle : 1,5 milliards d’euros donnés sur la stratégie de l’intelligence artificielle (4).

Ce projet financier répond à trois objectifs. Le premier consiste à former et garder des talents par la création et la multiplication de structures de recherches spécialisées dans l’intelligence artificielle.

Le second objectif correspond à la diffusion c’est à dire aux liens d’incitation des entreprises.

Le dernier répond quant à lui à l’aspect éthique que remet en jeu l’intelligence artificielle. En effet, l’IA pose une réflexion collective sur les normes. L’identification ou la reconnaissance faciale peut par exemple déranger certaines personnes sur le plan éthique. Ce qui paraît être presque paradoxale quand on prendre l’exemple actuel et très largement popularisé de l’identification dont tout le monde fait preuve sur ses photos sur les différents réseaux sociaux.

Il faudrait alors à l’Homme deux décennies pour assimiler et comprendre pleinement l’enjeu de l’IA et ses réflexions sur l’éthique qui ne diffèrent pas beaucoup de ce que l’on côtoie déjà aujourd’hui, seulement sous une forme encore méconnue et qui effraie. 

C’est aussi une raison pour laquelle l’Etat met en place des cellules de sensibilisation à l’intelligence artificielle. Ces dernières permettront à beaucoup de personnes de comprendre la transformation digitale de la société et de répondre à certaines questions comme celle de la destruction de l’emploi qu’implique la multiplication des IA en entreprises. 

Selon le rapport de France Stratégie (5), 47% des emplois pourraient être menacés par l’arrivée des IA en entreprise. Seulement, il ne faut pas oublier de prendre en compte le fait que la digitalisation a déjà transformé le marché de l’emploi. 

Une évolution des métiers s’est déjà opérée. Prenons l’exemple des radiologues. Nombreux sont ceux constatant une fin proche de cette discipline suite à la capacité des IA à remplacer les capacités humaines dans ce domaine. L’oeil artificiel le mieux entraîné jusqu’à lors suffit à détecter une anomalie sur une radio. Cependant, le radiologue reste indispensable à l’analyse de la radio. De plus, il est le seul à détenir le rôle de responsabilité. 

Dans ce cas d’usage, l’IA est d’une aide évidente au domaine de la santé et de la médecine mais ne remplace en aucun cas l’activité humaine. L’IA et l’humain se complètent afin d’optimiser au maximum leurs actions. 

Le peuple français nécessite une sensibilisation sur l’intelligence artificielle pour dissiper les peurs et zones de questionnement. Pour comprendre l’enjeu que l’IA représente pour l’activité professionnelle, il faut prendre en compte l’environnement social et sociétal. En effet, le vieillissement de la population entraîne déjà un transfert progressif d’activité. Avec les progrès de l’IA, les secteurs d’activité seront tous touchés par la transformation digitale. C’est l’alliance des capacités humaines et celles des machines qui permettra l’atteinte d’une performance quasi-parfaite. 

Kim GABORIEAU – BORDEAUX BUSINESS 

Sources 

https://fintechsummit.fr/

  1. Steps toward artificial intelligence de Marvin MINKSY – 1961 : https://courses.csail.mit.edu/6.803/pdf/steps.pdf
  2. Rapport de Cédric VILLANI sur l’intelligence artificielle du 28 mars 2018 : https://www.aiforhumanity.fr/pdfs/9782111457089_Rapport_Villani_accessible.pdf
  3. Rapport de synthèse France Intelligence Artificielle du Gouvernement français de 2017 : http://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/Actus/85/9/Rapport_synthese_France_IA_738859.pdf
  4. Intelligence artificielle : 15 nouveaux projets vont être expérimentés dans les administrations du ministère de l’action et des comptes publics du 17 juillet 2019 : https://www.modernisation.gouv.fr/sites/default/files/fichiers-attaches/cp_ami_ia2_0.pdf
  5. Le rapport sur l’intelligence artificielle et le travail de France Stratégie de mars 2018 :

https://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/fs-rapport-intelligence-artificielle-28-mars-2018_0.pd

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