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Avancées technologiques, environnement et aléas climatiques

Depuis le début des années 1990, la France connaît une multiplication des catastrophes naturelles sur sa façade Atlantique. En effet, entre 1994 et 2004, le pays avait connu au moins trois événements climatiques graves chaque année contre seulement un événement marquant en moyenne chaque année entre 1950 et 1994, selon l’INSEE (1). Beaucoup d’entre eux concernent les inondations. Des solutions ont été mises au point pour lutter contre l’assaut dévastateur des vagues sur les littoraux français. Malheureusement ces solutions perturbent la circulation des courants marins et dénaturent donc l’écosystème des littoraux. C’est pourquoi, de nouvelles innovations qui sont quant à elles respectueuses de l’environnement sont aujourd’hui développées de plus en plus. 

La façade Atlantique française souffre d’une augmentation de catastrophes naturelles 

Le réchauffement climatique implique de nouveaux enjeux environnementaux internationaux. En effet, nous assistons à la fonte des glaciers, à la déforestation et à la multiplication des inondations et ouragans notamment.  

Les activités humaines sont responsables de l’aggravation et de la multiplication des catastrophes naturelles. L’une des conséquences de ces événements est l’augmentation du niveau marin induisant ainsi tempêtes, ouragans, tsunamis, etc…

La façade Atlantique française en subit les conséquences depuis des dizaines d’années. En plus de voir une multiplication des évènements graves au sein du territoire national, quatre cinquièmes des communes françaises ont été en état de catastrophes naturelles au moins une fois chaque année entre 1982 et 2014 selon l’INSEE (1). 

De plus, en 2009, le risque d’inondation concernait 11% de la population française et des logements, ce qui est très conséquent.  

Des plans nationaux ont alors été lancés pour protéger les habitants de l’hexagone comme le Plan de Prévention des Risques Naturels prévisibles (PPRN). Il régule et maîtrise les constructions effectuées dans les zones exposées à des risques climatiques comme les inondations (2). 

Les principales solutions pour faire face aux inondations jusqu’alors mises en oeuvre sont les digues en béton. Très répandues en France, ces digues sont en surélévation par rapport au niveau marin afin de lutter contre les submersions. 

Ces dernières sont des solutions dites “à long terme”. Par cette activité de “long terme”, les digues en béton dégradent les littoraux. Ayant pris conscience que protéger les habitants des inondations mettait en péril l’écosystème des littoraux, de nouvelles solutions ont alors dues être abordées.  

C’est ainsi que le concept des digues amovibles temporaires est appréhendé. 

Des innovations respectueuses de l’écologie voient le jour pour pallier à l’assaut des vagues des zones géographiques à risque

Afin de protéger les littoraux sans les endommager, des entreprises se lancent sur le marché de conception de digues respectueuses de l’environnement.

C’est le cas de l’entreprise française Wave Bumper. Créée en 2017 à Biarritz dans le sud-ouest de la France, Wave Bumper lance sa production de digues amovibles temporaires. Créées à base de matériaux composites lestés par des sacs réutilisables, ces digues permettent une rapidité d’installation et de désinstallation.

Tout comme les digues en béton, ces digues amovibles permettent d’atténuer la puissance des vagues et de les renvoyer vers l’océan.

Cependant, contrairement aux digues en béton, leur fonctionnement ne perturbe pas la circulation des courants marins et n’accélère pas l’érosion du littoral. En effet, cette prouesse technologique est permise grâce à la courte temporalité des digues. 

Romain CHAPRON, fondateur de Wave Bumper avait travaillé 20 ans dans la construction navale en matériaux composites avant de se lancer dans ce projet de conception de digues amovibles. Grâce à sa large expérience du milieu et à sa prise de conscience quant à la protection des littoraux suite aux tempêtes à répétition de l’hiver 2013-2014 qui avaient ravagées la façade Atlantique, Romain CHAPRON décide de mettre à bien ses connaissances. Il décide alors de se lancer dans la conception d’un nouveau type de digues. 

C’est la ville de Biarritz qui a accueilli la première l’idée de Wave Bumper. Les digues sont installées entre deux marées lorsqu’une alerte est lancée puis elles sont désinstallées et enlevées une fois l’alerte levée. 

Fonctionnant aussi bien que les digues traditionnelles en béton et respectant de surcroît la nature des littoraux, Wave Bumper s’adresse désormais à toutes les collectivités et acteurs vulnérables aux aléas océaniques. 

Les collectivités territoriales sont mêmes vivement invitées à intégrer le procédé de Wave Bumper à leurs plans de protection et de sauvegarde des littoraux et des infrastructures des zones à risques. Wave Bumper peut alors faire désormais partie du Plan de Prévention des Risques Naturels prévisibles (PPRN) (2), ou encore des Plans de Prévention des Risques submersion marine (PPR), des Plans de Prévention des Risques Littoraux (PPRL) (3) et du Programme d’Action de Prévention des Inondations (PAPI) (4). 

Le concept de Romain CHAPRON fait évoluer les solutions pour parer contre les catastrophes d’ordre naturel qui se multiplient considérablement en France comme dans le monde entier. Des techniques durables et respectueuses de l’environnement sont maintenant envisagées et développées. 

Elles sont d’ailleurs adoptées par de plus en plus d’acteurs. En effet, Wave Bumper qui réalisait environ 100 000€ de chiffre d’affaires l’année de sa création en 2017, est aujourd’hui estimé autour de 1,5 millions d’euros (en 2019). 

Après avoir conquis la France métropolitaine, les Antilles et l’Espagne, Wave Bumper s’étend maintenant sur l’ensemble de la façade maritime en comptant à ses côtés le Portugal et la Belgique. L’entreprise prévoit de conquérir le marché américain qui est également un territoire victime d’innombrables accidents naturels du même ordre. 

La multiplication des catastrophes naturelles, dont l’activité humaine est responsable pour une grande partie, a entrouvert la porte vers un marché de protection de l’environnement. En plus de réparer ou du moins de freiner le réchauffement climatique, l’Homme doit aujourd’hui trouver des solutions pour protéger sa population mondiale avec un nouvel enjeu à prendre cette fois-ci en compte : le respect de l’environnement. La création de digues amovibles temporaires ne représente qu’un premier pas vers la combinaison de ces deux enjeux mais soulève l’intérêt de nombreuses entreprises dans le développement d’avancées technologiques avançant en ce sens. Reste à attendre la naissance de nouvelles innovations capables de soulager l’environnement des activités humaines. 

Kim GABORIEAU – BORDEAUX BUSINESS

Sources

https://wave-bumper.fr

  1. Les acteurs économiques et l’environnement, édition 2017 de INSEE Références : https://www.insee.fr/fr/statistiques/fichier/3280940/Enviro17g6_F1.6_Environnement.pdf
  2. Plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPRN) du Ministère de la transition écologique et solidaire http://www.georisques.gouv.fr/glossaire/plan-de-prevention-des-risques-naturels-previsibles-pprn-0
  3. Plans de Prévention des Risques submersion marine (PPR) et Risques Littoraux (PPRL) du Préfet du Ministère, du 29 janvier 2019 http://www.finistere.gouv.fr/Politiques-publiques/Environnement-risques-naturels-et-technologiques/Plans-de-prevention-des-risques-PPR/Plans-de-prevention-des-risques-submersion-marine-PPRSM-et-risques-littoraux-PPRL
  4. Les collectivités en Europe pour la prévention du risque d’inondation du CEPRI : http://www.cepri.net/les-papi.html

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