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BRÈVES

LGV & Avion, David et Goliath entre Bordeaux et Paris

10 janvier 2018, Auteur : Bordeaux Business

Bordeaux est une ville possédant un éventail complet de solutions de transport jusque Paris. Réseaux routier, ferroviaire ou aérien permettent aux bordelais de rejoindre facilement la capitale, et ce toute l’année.

À cause des nombreux problèmes de circulation sur le célèbre périphérique, mais aussi au regard de la hausse des prix du carburant et des péages, les Français ont délaissé la voiture au profit de l’avion ou du train.

Bien que les solutions telles que BlaBlaCar aient émergé et permis de réduire les coûts et la circulation, pour les voyageurs, cela ne constitue toujours pas la solution la plus optimale pour se déplacer entre Bordeaux et Paris.

Bordeaux pour le café, Paris pour le déjeuner

L’avion est alors devenu le moyen le plus rapide et le plus abordable de voyager (de 55 minutes à 1h20 de vol, direct depuis l’aéroport de Mérignac) avec de nombreuses liaisons quotidiennes à destination de Roissy Charles de Gaulle ou Paris Orly. Pour les personnes ayant à faire le déplacement régulièrement, la solution n’était pas toujours la plus pratique et confortable, car comme pour tout vol en avion, il est nécessaire de se présenter en avance le temps de s’enregistrer et de patienter avant le décollage de l’avion, avec des horaires pas toujours arrangeants et vols parfois complets tôt.

Le projet de la SNCF de construire la LGV reliant Bordeaux et Paris est alors tombé à point nommé. Inaugurée en juillet 2017, elle a changé la manière de vivre et de voyager des clients d’affaires ou de loisirs. Au lieu de 3h14, les trains relient les deux villes entre 2h04 et 2h45 à des prix attractifs, de 10€ pour les moins chers à 70€ pour les voyages en première classe (pour un aller simple). Grâce au confort des nouveaux trains, à la possibilité d’arrivée en plein Paris, c’est autant de contraintes en moins et un succès grandissant pour la LGV.


En six mois, sa clientèle d’affaires a doublé, avec près 18,5 liaisons quotidiennes et des trains souvent bien remplis.

Entre perte d’altitude et vitesse de pointe sur les rails

Face à ce succès, la compagnie aérienne Air France KLM a dû faire face à un recul de son quota de passagers: une baisse de 10% en septembre, 19% en octobre, 25% en novembre. Frédéric Alory, directeur Régional de la Nouvelle Aquitaine pour Air France KLM, a déclaré à la radio de France Bleu Gironde que cette baisse avait été prévue. Pour tenter de contrer cette baisse de fréquentation, l’entreprise a essayé de revoir ses prix à la baisse, et en insérant une offre de fidélité qui permet sur le long terme de bénéficier de réductions assez importantes. Air France a aussi cherché à réduire ses coûts et combler le déficit sur la ligne en réduisant la fréquence des vols entre Bordeaux et Orly de 14 à 10 et multiplier les campagnes de publicité et de communication pour mettre en avant la durée du vol et son accessibilité à tous.

L’avion n’est toutefois pas délaissé, car de nombreux voyageurs se rendent à Paris, la plupart du temps pour une correspondance vers d’autres aéroports. Mais la réduction des fréquences de vol entraîne une baisse des emplois sur la ligne, tandis que la LGV crée de nouvelles embauches, à l’image de Libourne, qui a vu 344 nouveaux postes émerger grâce au développement de la ligne, réduisant la liaison Libourne – Paris de 45 minutes (2h44 au lieu de 3h30).

Un combat entre David et Goliath, où le train connaît un succès croissant malgré une perte nette de 200 millions d’euros à l’année sur la ligne Bordeaux Paris, et où l’avion perd des voyageurs mais réussit à ne pas être déficitaire…

Audrey Kozaczka – Bordeaux Business

 

Sources :

Interview décembre 2017 – Frédéric Alory – (France Bleu Gironde)

Bordeaux Business