MECA, l’art s’invite dans la cité bordelaise

Une place dans le vieux Bordeaux qui symbolise l'architecture et la culture

MECA, l’art s’invite dans la cité bordelaise

Inaugurée en juin 2019, le pôle régional de la Culture et de l’Économie créative, plus connu sous le nom de MÉCA, cristallise toutes les ambitions culturelles de la région Nouvelle Aquitaine. Souvent décrié pour son manque d’agenda culturel compte tenu de l’importance de sa métropole, il manquait à Bordeaux un lieu qui fasse de la capitale girondine une référence culturelle. Située au 54 Quai de Paludate dans l’ancien quartier des abattoirs, la MÉCA surprend par son modernisme et ses lignes audacieuses, à l’image du nouveau quartier Euratlantique dans lequel il se trouve.

Un tiers-lieu exceptionnel dédié à l’art contemporain

Conçu par le danois Bjarke Ingels et son agence BIG, véritable icône de l’architecture contemporaine, la MÉCA annonce d’emblée son positionnement : incarner une référence culturelle de façon mondiale. Le choix de l’architecte est d’importance cruciale car l’architecte sélectionné apporte bien souvent au projet sa renommée internationale. C’est le cas avec Bjarke Ingels qui a notamment travaillé sur le projet du nouveau bâtiment Two World Trade Center à New York et sur un projet de développement au Canada le Vancouver House, pour n’en citer que quelques uns. Que ce soit Frank Gehry, architecte à l’origine du Musée Guggenheim à Bilbao ou bien le Centre Georges Pompidou à Paris conçu par Renzo PIano et Richard Rogers, l’architecture d’un musée d’art contemporain doit être une création unique. Conçue comme un arche asymétrique en forme de M, sa structure imposante avec 12 000 m2, 12 mètres de long et 37 mètres de haut, paraît vivante du fait des jeux de rampes et de gradins qui donnent l’impression de mouvements. Elle est l’emballage de l’univers artistique et créatif qui attendront les visiteurs. L’architecture du lieu doit incarner une audace particulière, une vision ambitieuse de la culture contemporaine. Le projet résulte également d’un projet de conception collaboratif entre des acteurs locaux majeurs du BTP tels que GTM Bâtiment Aquitaine et VINCI Construction France.

En parallèle de son architecture, l’innovation produite par ce lieu résulte principalement des structures créatives qu’elle accueille en son sein. La MÉCA est ainsi une combinaison de ALCA, FRAC et OARA. ALCA désigne l’Agence, Livre, cinéma et audiovisuel en Nouvelle-Aquitaine. En structurant les professionnels du secteur des 12 départements néo-aquitains, elle garantit, en soutien à la création et la production, l’accès à la lecture et au cinéma grâce à l’éducation artistique et culturelle, la valorisation du patrimoine, la lecture publique, le renforcement des droits culturels, l’aménagement culturel du territoire. Le FRAC Aquitaine est le Fonds régional d’Art contemporain, son concept s’appuie sur la croyance en le nomadisme culturel. Dans cette perspective, des espaces de travail et d’exposition sont installés sur le pont supérieur de la MÉCA. Enfin, l’Office artistique de la Région Nouvelle-Aquitaine, dit OARA, trouve également sa place dans ce nouvel ensemble culturel. L’OARA présente un ancrage davantage local à destination de la création contemporaine. La MÉCA offre ainsi un studio de création ainsi que des espaces dédiés aux artistes pour favoriser les échanges créatifs.

Un écosystème économique et culturel à faire valoir

L’ouverture de la MÉCA questionne l’orientation de la politique culturelle de la région. En effet, les dépenses culturelles en Nouvelle-Aquitaine se situent principalement au niveau communal à hauteur de 45% avec 653,5 millions d’euros en 2015 soit 113 euros par habitant. Face à ce constat, les perspectives pour allouer ce montant sont multiples.

L’une des pistes envisagées préconise que les entreprises de la région aient un rôle à jouer dans le développement culturel et créatif, notamment en termes de mécénat. En effet, la culture représente le deuxième secteur le plus important dans le recours à la réduction fiscale. Les entreprises mécènes peuvent donc consister un levier important de la nouvelle politique culturelle de la région Nouvelle-Aquitaine. Si le mécénat d’entreprise est principalement mis en place par les entreprises de taille intermédiaire et les grandes entreprises, l’implication croissante des PME dans la culture est un enjeu de développement économique du territoire. En effet, selon une étude de l’Admical 2016, la région Nouvelle-Aquitaine est identifiée comme un « bassin fertile du mécénat ». En effet, près d’un quart des entreprises se sont engagées dans des actions de mécénat en 2015 dans cette région. A cet effet, le pôle innovation du FRAC Nouvelle-Aquitaine désormais situé au sein de la MECA, a vocation à mettre en relation les savoir-faire et compétences des entreprises néo-aquitaines et surtout favoriser un rapprochement entre l’univers artistique et industriel, bien souvent très éloignés. A cet effet, le pôle innovation & création de la FRAC avait favorisé une rencontre entre l’artiste Alice Raymond et une entreprise bordelaise T2i spécialisée dans la tôlerie industrielle et l’ingénierie.

L’ouverture de la MÉCA à Bordeaux préfigure l’avènement d’une nouvelle ambition culturelle néo-aquitaine, autrefois trop timorée. Pensée et voulue comme une ambassade culturelle ouverte sur l’extérieur, la MÉCA doit apparaître comme une porte d’entrée pour les acteurs régionaux, et notamment les entreprises, à de nouvelles collaborations.

Justine ANGIBAUD

Sources :

Le FRAC Nouvelle-Aquitaine

Cité de l’architecture et du patrimoine

Etude « Les financements publics de la culture en Nouvelle-Aquitaine », l’Agence Culturelle Nouvelle-Aquitaine, juillet 2018

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