Nouvelle donne pour le courtage

Des courtiers en immobiliers échangent autour d'une réunion d'affaires

Nouvelle donne pour le courtage

Depuis sa création dans les années 1970, le métier de courtier n’a cessé d’attirer. Son recensement datant de 2013, chaque année le nombre de nouveaux courtiers approche les 10%. Pourtant, en 2019, pour la première fois, l’ORIAS qui est le registre unique des intermédiaires en assurance, banque et finance, a recensé une baisse du nombre de courtiers en crédit de 3%. A l’aune de nouveaux défis réglementaires et technologiques croissantes, le marché des courtiers entre dans une phase de concentration. et de consolidation. Véritable atout pour le territoire, les cabinets de courtage disposent d’une grande souplesse dans leur organisation, ce qui leur permet de répondre aux besoins du tissu économique régional.

Une nouvelle donne réglementaire qui maintient un écart de traitement entre les acteurs du secteur

Avec la transformation numérique qui concerne tous les secteurs d’activités, le métier de courtier n’échappe pas à ce tournant. Il faut pouvoir négocier ce virage en combinant digital et service de proximité et de conseil. Être courtier consiste, de prime abord, à savoir analyser le besoin du client pour pouvoir l’orienter plus finement vers un nouveau prestataire. Leur grande souplesse en termes d’organisation a d’ailleurs fait l’objet d’un débat à l’Assemblée Nationale autour de la mise en place de l’autorégulation du courtage, qui avait été impulsée en septembre 2018 par la Direction Générale du Trésor (DGT). Une réforme qui devrait être rendue opérationnelle au 1er janvier 2020. La différence de statut entre les courtiers en assurance et les compagnies d’assurance explique par exemple cette difficulté à assurer un contrôle de cette profession. A titre d’exemple, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) ne contrôle pas de façon permanente les courtiers, contrairement aux compagnies d’assurance. De façon concrète, l’autorégulation du courtage devrait s’effectuer par le biais d’associations professionnelles, par exemple l’association, des délégués de compagnies d’assurance de la région bordelaise (ADCAB).

Ces nouveaux cadres réglementaires prévus dans la loi PACTE posent donc l’obligation pour les courtiers en assurance d’adhérer à une instance représentative agréée et contrôlée par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). Si le processus de réglementation a été entamé avec la loi Lagarde en 2010, la décision du Conseil Constitutionnel a déclaré contraire l’article 2017 de la loi PACTE prévoyant la création d’associations professionnelles représentatives pour les courtiers en assurance. Cette décision émise le 16 mai dernier porte, sans nul doute, un arrêt à l’entrée en vigueur de l’auto-régulation du secteur.

Le Sud Ouest, une région attractive pour le courtage

Si la réglementation se développe, c’est bien parce que les pratiques du courtage évoluent de fait. Si le flou législatif est très prégnant, la part de marché du courtage en France ne cesse de progresser selon l’Apic, l’Association professionnelle des intermédiaires en crédit. Que ce soit le courtage en assurance, immobilier, en travaux… le métier se complexifie et fait appel de plus en plus à une expertise spécifique qui nécessite l’appel de différents profils. Pourtant entre 2011 et 2015, le nombre de courtiers présents en Nouvelle-Aquitaine a baissé de O,2% sur les quatre ans et comptabilisait en 2015, 1148 courtiers sur le territoire néo-aquitain. Cette légère baisse contraste grandement avec les autres territoires tels que l’Ile-de-France et Hauts-de-France qui ont subi une baisse de 7% et 8,4% en nombre de courtiers. Parmi ces atouts d’attractivité des activités de courtage, la Nouvelle-Aquitaine figure parmi les premières régions où l’épargne est la plus importante.

Privilégier le courtage de proximité est d’ailleurs l’un des objectifs du Ministère de l’Economie et des Finances. Courtier en crédit consommation et immobilier sur Bordeaux, Cré10FI propose, à ce titre, des packs spécialement dédiés aux entreprises dans lesquels chaque mandataire bénéficie de contacts clients. Cela permet de faciliter la prospection des indépendants afin qu’ils puissent se concentrer sur la partie commerciale de leur activité.

Sur un plan local toujours, de plus en plus de courtiers s’intéressent aux apports du numérique et de l’intelligence artificielle dans leur métier. C’est notamment le cas d’Ashler & Manson, un cabinet de courtage spécialisé en prêt immobilier, donc le fondateur Aymerick Pénicaut est originaire de Limoges. Cette entreprise a développé Preacor, un outil de scoring sous la forme d’une application associé à l’intelligence artificielle afin de permettre aux clients d’estimer le pourcentage de chances d’obtenir leur crédit. Les développements informations sont donc primordiaux pour le secteur des courtiers. Ces développements nécessitent des investissements financiers importants en Recherche et Développement. A ce titre, Ashler & Manson est soutenu par la Région Nouvelle-Aquitaine et labellisé French Tech Bordeaux.

La Fintech s’invite donc aussi bien en droit des affaires, en fiscalité que en courtage. comme accélérateur de compétences afin de mieux anticiper les opportunités et évaluer les risques. Les nouveaux cadres réglementaires et la transformation numérique incombent ainsi une nouvelle donne aux métiers de courtier.

Justine ANGIBAUD

Sources :

Site officiel de Orias

Site officiel de Apic France

Dossier spécial courtage, l’Argus de l’assurance

Rapport « L’intermédiation en assurance : du numérique à l’intelligence artificielle », Institut Intermedius, 2018

Aucun commentaire

Publier un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

X