Partenariats entreprises-associations, les nouveaux enjeux de la RSE

Les roues d'engrenage symbolisent la configuration de plusieurs synergies

Partenariats entreprises-associations, les nouveaux enjeux de la RSE

Dans le contexte de la loi du plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (PACTE) promulguée en avril 2019, qui apparaît comme une amorce de concrétisation de la Responsabilité Sociétale pour les entreprises, le monde associatif et le monde de l’entreprise tendent à se rapprocher. En intégrant notamment à l’article 1833 du code civil qui stipule que “la société est gérée dans son intérêt social, en prenant en considération les enjeux sociaux et environnementaux de son activité”, la loi PACTE introduit les “entreprises à mission”. De manière non coercitive, les dirigeants et entrepreneurs ont désormais la possibilité d’intégrer dans les statuts de leur entreprise un objectif d’ordre social ou environnemental.

La figure de l’entreprise redessinée

L’économie de marché a démontré sa capacité à se renouveler en proposant des modèles d’entreprise toujours plus diversifiés : l’entreprise sociale et solidaire en est un exemple. Pourtant, la conception largement partagée de l’entreprise est celle d’une organisation tournée vers la génération de profits, pourtant l’engagement sociétal des entreprises amène à redéfinir leur statut, leur vision et leurs missions. De nombreuses inquiétudes émergent cependant face à l’émergence du concept de “société à mission”. D’abord par le flou juridique qu’il introduit parmi les nombreuses formes d’entreprises en France. Ensuite, parce qu’il induit une confusion entre le lucratif et le non lucratif. Selon Michel CAPRON, Professeur émérite en sciences de gestion à l’Université Paris 8 qui a récemment signé une tribune dans Le Monde à ce sujet, ce dispositif pourrait nuire au monde associatif et au secteur de l’ESS plus globalement en renvoyant la “RSE à une conception managériale étroite et utilitariste”. Pourtant, face à ces nombreux voix qui s’élèvent, il est pertinent de s’interroger sur les modèles de convergence entre entreprises et associations.

Les ressorts de l’utilité sociétale des partenariats associations-entreprises

Contrairement à une idée reçue, l’économie sociale s’est développée pendant la révolution industrielle pour satisfaire les besoins des entrepreneurs de mise en commun de moyens dans un cadre d’entraide et de solidarité, alors mal pris en compte par les pouvoirs publics. La loi du 31 juillet 2014 n’est venue que très tardivement consacrée l’existence de l’économie sociale et solidaire. Les partenariats entre associations et entreprises peuvent être appréhender comme une réponse innovante aux problématiques d’intérêt collectif.

Selon une étude réalisée en 2015 par le Rayonnement des Associations par le Mécénat d’Entreprises, d’Administration et d’Université. Les partenariats entreprises-associations tendent à concilier l’intérêt général avec des intérêts privés afin de faire coïncider les attentes de la société civile avec les finalités socio-économiques des entreprises. Les partenariats entreprises-associations se déclinent en quatre catégories qui témoignent de niveaux d’implication différents. Ainsi, le partenariat entreprises-associations peut porter sur le mécénat, l’innovation sociétale, la coopération économique et les pratiques responsables. Le partenariat entre Rainett, une entreprise spécialisée dans les produits d’entretien écologiques et l’association RespectOcean qui lutte contre la pollution des océans et les déchets plastiques, témoigne de cette collaboration un peu particulière entre l’écologie industrielle et l’économie bleue. En devenant membre du réseau Respect Océan, Rainett rejoint un écosystème d’acteurs économiques engagés pour la protection des océans. L’implication de Rainett en faveur des océan rend cohérent sa vision de l’organisation. A titre d’exemple, la marque propose des emballages 100% recyclables, sans microplastiques qui sont certifiés Ecolabel. Elle oeuvre également pour l’innovation d’éco-conception, de part ses multiples partenariats avec la Surfrider Foundation Europe et la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité. Ainsi, Rainett adopte une démarche RSE complète puisqu’elle comprend également un échange de compétences et une innovation conjointe. Dans cette perspective, RespectOcean et Rainett sont intervenus lors de la conférence “Océan, bien commun de l’humanité” lors de l’exposition La Mer XXL à Nantes le 3 juillet.

Par la mise en place de partenariats entreprises-associations, la RSE procède d’une logique endogène, qui part de l’activité de l’entreprise pour réduire ses effets négatifs mais également exogène afin de créer des externalités positives avec l’action commune d’associations. Portée par le puissant levier des intérêts commerciaux, la RSE acquiert donc de plus en plus de poids au niveau de l’entreprise. L’écueil à éviter reste cependant que ces partenariats n’interviennent que sur des sujets qui ont une pertinence pour l’entreprise, laissant de côté certaines problématiques pourtant centrales pour l’intérêt collectif. Conduisant ainsi à confondre “raison d’être” d’une entreprise avec “image de marque”.

Justine ANGIBAUD

Sources :

France Stratégie, Compte-Rendu « l’entreprise-mission », juillet 2019

Évaluation de l’utilité sociétale des partenariats associations-entreprises, Le Rameau, mai 2015

Etude de l’Observatoire de la Philanthropie, juin 2015

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