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Pôle Emploi, acteur majeur de la reconstruction de l’économie

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En Nouvelle Aquitaine, le nombre de demandeurs d’emploi est globalement en baisse au trimestre 2020. En effet, on constate que le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A, c’est-à-dire les personnes sans emploi, tenues d’accomplir des actes positifs de recherche d’emploi, à la recherche d’un emploi quel que soit le type de contrat est de  306 050. Ce chiffre indique une baisse de 13,3% soit 49 910 personnes en moins. Cependant, il progresse de 8,9 % par rapport à l’année précédente. Si on compte toutes les catégories de demandeurs d’emploi le nombre de demandeurs est de 522 540 pour le troisième trimestre. Autrement dit, le nombre baisse également de 1,1% mais progresse à nouveau de 4,4 % par rapport à l’année précédente. Ces rapports nuancés sont liés à la situation incertaine de la COVID-19. Ils évoluent en fonction des rythmes de confinement et de déconfinement.

Avec l’augmentation brutale du chômage suite à la crise du Covid-19, Pôle Emploi doit faire face à un défi nettement plus conséquent qu’en 2008. Systématique touché de plein fouet, l’emploi est pourtant l’un des facteurs majeurs de la reprise économique. Au-delà d’un indicateur de bonne santé de l’économie, il a un rôle de réactivateur. Mêlant confiance, pouvoir d’achat et compétitivité, l’emploi s’impose plus que jamais comme un élément phare de la lutte contre la crise. Aujourd’hui, plus qu’une simple relance court-termiste, c’est aussi l’occasion pour les états de revoir leur copie en matière de priorité. Une façon de miser sur une croissance durable et de répondre aux grands enjeux du siècle tels que l’environnement ou encore la place de l’humain.

Pôle Emploi, en première ligne pour lutter contre l’impact du Covid sur l’emploi

Dans ce contexte, Pôle Emploi et les initiatives de l’Etat occupent des postes clés, impliquant de ne pas perdre de vue les objectifs. Tout comme de prendre pleinement conscience des impératifs et du pouvoir que peuvent avoir les bonnes décisions. Et pour cause, les chiffres du chômage des derniers mois ainsi que les prévisions pour les trimestres à venir sont alarmistes autant que rationnels. Ainsi, dès juin, l’Unédic, l’organisme en charge du régime d’assurance-chômage pour le compte de Pôle Emploi, annonçait la perte de 900 000 emplois d’ici la fin de l’année 2020 par rapport à 2019. Ceci représenterait près de 630 000 demandeurs d’emplois supplémentaires à indemniser (1). Des chiffres corroborés également par des études de l’OCDE, de la banque de France et du gouvernement.

Dans le même temps, cette hausse du taux de chômage contribue à creuser nettement le déficit de l’assurance-chômage. Ainsi, l’Unédic prévoit une perte de 25,7 milliards d’euros fin 2020. Dans le détail, les dépenses totales d’assurance chômage progresseraient de 17,7 milliards d’euros, représentant une augmentation de 43 % comparativement à 2019. La hausse du chômage a également un autre effet sur le budget de l’assurance-chômage. Moins de salariés revient à moins de cotisations sociales. Aussi, les recettes de l’Unédic devraient chuter de 16%. (1)

Pour faire face à l’arrivée massive de nouveaux chômeurs, Pôle Emploi lance une vaste campagne de recrutement. Des centaines d’emplois en CDD entre 9 et 18 mois sont à pourvoir. Par ailleurs, ces recrutements ciblent plus spécifiquement les profils les plus impactés par le chômage, à savoir les moins diplômés. Une action rapide pour accélérer le retour à l’emploi. Mettons toutefois fin aux théories approximatives : cette décision n’a pas la pouvoir de réduire drastiquement le taux de chômage. Elle intervient en renfort d’une stratégie plus globale.

recrutement grâce à Pôle Emploi et la formation des chômeurs et des jeunes pour de nouvelles compétences
Pôle Emploi doit avoir un rôle dans le développement de compétences et l’employabilité sur les secteurs d’activité porteurs.

La confiance au coeur de la reprise économique

La réussite plus ou moins rapide et efficiente de la relance économique est tributaire de nombreux facteurs. Dans le contexte du Covid-19, elle dépend d’abord du risque de nouvelle vague. Pour cause, ayant durement vécu le confinement, les consommateurs et les entreprises peinent à se montrer confiant. Cette confiance est pourtant le nerf de la guerre car elle a un impact immédiat sur la consommation et la production. Ainsi, la relance économique repose énormément sur la pertinence et la réactivité des initiatives des pouvoirs publics. (2)

Laurence Boone, cheffe économiste de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) partage d’ailleurs les prévisions en matière de reprise. Lesquelles permettent de constater que l’allègement des mesures du confinement a permis de faire repartir l’économie. Ceci n’empêche toutefois pas une perte de 7 milliards de dollars par rapport aux prévisions de novembre 2019.

Scénarios et perspectives économiques de l'OCDE en septembre 2020
Perspectives économiques de l’OCDE en septembre 2020. Source : OCDE, “Perspectives économiques, rapport intermédiaire, Vivre avec l’incertitude”, 16 septembre 2020
Comparaison des perspectives économiques de l'OCDE entre juin et septembre 2020
Comparaison des perspectives économiques de l’OCDE en juin (lignes bleues) et en septembre (lignes roses). Source : OCDE, “Perspectives économiques, rapport intermédiaire, Vivre avec l’incertitude”, 16 septembre 2020

Elle invite notamment les états à ne pas reproduire les erreurs de gestion budgétaires de la crise de 2008. Selon l’OCDE, cela passe donc notamment par continuer d’étayer l’activité économique et ne pas couper court au soutien budgétaire. Elle rappelle notamment qu’en 2008, c’est justement la période d’austérité arrivée rapidement après la crise qui a mis du plomb de l’aile de l’activité économique renaissante.

Outre ces éléments conjoncturels, c’est souvent dans le développement de l’employabilité que les états trouveront le salut. Ainsi, Pôle Emploi, tout comme les autres organismes d’aides à l’emploi et à la formation, doivent se renouveler pour travailler de concert avec la politique de relance du gouvernement.

Investir dans la relance verte, la durabilité de l’environnement et de l’emploi

Nous avions raté le coche en 2008 mais la crise actuelle nous offre une seconde chance d’investir dans une relance verte. Et pour cause, si repartir du plus belle est important, mieux vaut le faire intelligemment. Ainsi, c’est l’occasion pour les pays de favoriser le changement, donner la priorité aux investissements mis de côté depuis de longues années dans le numérique et l’environnement.

Par ailleurs, en matière d’environnement, le confinement mondial a donné de belles leçons de vie. Baisse des émissions de CO2, amélioration de la qualité de l’eau, diminution de la pollution de l’air se sont confrontées à une mauvaise gestion des déchets, notamment médicaux, et les conséquences des interférences humaines sur la biodiversité. Si ces constats ne sont pour l’instant pas suffisamment durables pour inverser la conjoncture en matière de destruction de la couche d’ozone, ils rejoignent un multitudes d’études et baromètres dressant un lien notable entre une meilleur santé publique et une amélioration de la productivité tout comme des coûts liés à la maladie (3). Des arguments qui devraient finalement pouvoir trouver écho de part et d’autres des débats autour du capitalisme. 

L’OCDE ne manque toutefois pas de soulever que les mesures de sauvetages prises en urgence par les différents pays oublient encore d’aller dans ce sens. Ainsi, selon  l’Institut international du développement durable (IISD), les pays du G20 aurait consacré 47% de leur soutien aux énergies fossiles et seulement 39% aux énergies propres. Pour l’OCDE, ce constat est “révélateurs d’une certaine inertie du système, d’un manque de compréhension des facteurs de croissance durable et d’une carence d’informations sur les alternatives de développement durable”. C’est également une façon de mettre le doigt sur des lacunes en matière de formation et de retour à l’emploi. Des problématiques auxquels Pôle Emploi pourrait avoir comme rôle de s’attaquer.

ingénieur issue d'une formation Pôle Emploi pour développer les compétences en énergie verte dans les secteurs économiques porteurs
Pôle Emploi, développer l’employabilité des populations les plus touchées : les jeunes, les femmes et les moins diplômés.

Pôle Emploi, un rôle à jouer pour la formation et l’acquisition de compétence

Actuellement, les mesures économiques mise en place concernent davantage un allègement des taxes, l’instauration de primes ou de prêts, l’allocation de subventions en R&D… Au total, très peu de mesures ont ciblé l’acquisition de compétences. Pourtant, l’humain et les qualifications sont la clé pour la réussite de la transition. En outre, ce sont des éléments qui ne disposent pas d’alternative. Selon Laurence Boone, la formation fait cependant partie des lacunes françaises. Une raison de plus donc de prendre le problème à bras de corps. Et de miser sur le rôle de Pôle Emploi en matière d’employabilité.

Ainsi, reconstruire une économie implique de déceler des secteurs porteurs. En ce sens, c’est aussi créateur d’emplois. Notons par ailleurs que les populations les plus durement touchés par le chômage sont les plus jeunes et les profils les moins qualifiés (2). Le développement d’un tout nouveau pan de l’économie est alors l’occasion d’investir dans l’humaine, de former les chômeurs aux métiers d’avenir. Pôle Emploi, en tant qu’accompagnateur et financeur de formation, a donc une place à prendre dans cette transition durable.

Selon l’IRENA, l’Agence internationale pour les énergies renouvelables, on estime que les énergies renouvelables pourraient représenter plus de 40 millions d’emplois d’ici 2050. L’énergie, au coeur des besoins quotidien, comptent déjà environ 58 millions de salariés. Ils pourraient être 100 millions au milieu du siècle. En outre, l’énergie verte permet la création d’emplois rapide. Si bien qu’il pourrait voir arriver 2,5 millions de nouveaux salariés par an dans la cadre des stratégies de relance (3). L’OCDE identifie déjà la pénurie de compétences dans les secteurs porteurs comme un obstacle majeur. Pôle Emploi, en tant qu’intermédiaire de choix, semble donc tout à fait indiqué pour faire appliquer les directives stratégiques gouvernementales en matière de formation et création d’emploi.

Sources : 

(1) Unedic, Prévisions financières de juin 2020

(2) OCDE, “Perspectives économiques, rapport intermédiaire, Vivre avec l’incertitude”, 16 septembre 2020

(3) 

“C’est l’un des principaux enseignements tirés de l’examen des mesures déployées après la crise financière mondiale de 2008. Intégrer la viabilité environnementale et l’équité socioéconomique dans les politiques publiques est important pour atténuer les effets régressifs des politiques environnementales, pour offrir à tous des chances équitables de contribuer à la croissance économique et d’en cueillir les fruits.” – OCDE, Mettre la relance verte au service de l’emploi, des revenus et de la croissance, 14 septembre 2020

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