Promoteurs immeubles métropole

Promoteurs, le constat d’un marché en mutation avec la pandémie

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Les promoteurs immobiliers tirent un premier bilan de l’évolution de leur activité après un an de pandémie. Un constat disparate selon les régions, mais avec une tendance révélatrice d’un changement profond des demandes. La pandémie de COVID-19 se poursuit en 2021, alors que les constructions immobilières continuent leur développement. Comment évolue donc le marché avec les impacts liés à la crise ? Quel est le degré de confiance des promoteurs immobiliers pour les prochains mois ? Autant de questions qui dressent un portrait du marché de l’immobilier neuf en pleine pandémie.

Les promoteurs, entre baisse d’activité et confiance relative en l’avenir

L’immobilier est un secteur porteur de l’économie française. Moyen de se constituer un patrimoine à travers l’achat de la pierre, il se développe pour proposer de nouveaux lieux de vie. Mais avec la pandémie, les questions quant au développement de l’offre et de la demande se posent. Pour l’ancien, les chiffres restent globalement positifs, les Français ont envie de déménager, de trouver un lieu de vie plus agréable pour un confinement. Pour les programmes neufs, en revanche, la situation est plus contrastée. En effet, en France, 73% des promoteurs subissent une baisse de leurs mises en commercialisation. Pour la Nouvelle-Aquitaine, 71% des promoteurs connaissent une baisse supérieure à 30%. 

En effet, la baisse du nombre de projets découle de freins à la construction. Notamment un fort allongement des délais pour obtenir un permis de construire, qui repousse la date de livraison. En France, 80% des promoteurs font état de ce déficit de logements neufs, mais la situation est plus délicate en Nouvelle-Aquitaine. Dans la Grande Région, l’ensemble des promoteurs constatent cette situation. 

Construction quartier immobilier
Les nouveaux quartiers développent l’offre en ville.

A Bordeaux, les programmes neufs dédiés aussi bien à la résidence que pour les bureaux d’entreprises se multiplient. Avec la pandémie, certains chantiers prennent du retard, ce qui n’avantage pas les promoteurs. Si bien qu’en Nouvelle-Aquitaine, leur degré de confiance par rapport à la situation reste mitigé, avec un indice de 5,43 sur 10. L’incertitude face à l’évolution de la pandémie, alors que la France connaît actuellement un troisième confinement, ne rassure pas les promoteurs. La moyenne nationale reste un peu plus optimiste avec un indice de 5,9. 

Une situation délicate pour les promoteurs face à l’investissement

Autre point mis en avant par les promoteurs qui constituent un frein à leur activité : les conditions d’accès au crédit bien plus resserrées qu’avant. La hausse des prix de l’immobilier neuf, du foncier et l’accès restreint au crédit entament l’enthousiasme des investisseurs. 70% des promoteurs estiment que ces conditions défavorables impactent la commercialisation de leurs programmes. 

Acquérir un bien neuf s’avère donc globalement plus complexe que pour un logement ancien. En cause, les conditions pour contracter un crédit bien plus restreintes, mais aussi le délai d’attente. Le confinement apporte de nouveaux besoins, de nouvelles envies aux investisseurs, un besoin de changement. Ainsi, acheter un logement neuf qui demande plusieurs mois voire années d’attente n’attire pas les investisseurs. Un coup dur pour les promoteurs. 

Les nouvelles “tendances COVID” font évoluer les attentes des clients. Globalement, ces dernières se retrouvent sur l’ensemble du territoire. En effet, pour 81% des promoteurs en France, et 57% en Nouvelle-Aquitaine, les demandes des investisseurs se tournent vers la présence d’un espace extérieur. Un besoin exprimé déjà durant le tout premier confinement de mars 2020, notamment pour les habitants de métropole. Ces nouveaux investisseurs cherchent donc des logements plus spacieux, avec un extérieur, quitte à s’éloigner des grandes villes. Un besoin de reconnecter avec la nature, au détriment des programmes immobiliers commencés par les promoteurs. 

Immeubles résidences logement
Les investisseurs recherchent des logements avec extérieur.

Cette situation n’en est qu’à ses débuts. Même si l’immobilier ancien continue de plaire, les programmes neufs, eux, sont boudés. Pour autant, les promoteurs continuent de se mobiliser et d’être présents pour leurs clients. Pour cela, ils misent notamment sur les nouveaux outils digitaux pour l’immobilier. Réunions en visioconférence, digitalisation de l’ensemble des étapes de la procédure de vente… Autant d’outils qui continuent à favoriser la vente de logements neufs.  

Une différence de dynamisme au sein même des régions

Les promoteurs se positionnent le plus souvent à proximité des métropoles, ou dans les villes moyennes pour lancer leurs programmes immobiliers neufs. Mais selon les villes, le dynamisme n’est pas le même. En effet, certaines grandes villes connaissent plus de demandes que d’autres, des marchés plus intéressants pour les promoteurs. 

Ainsi, en Nouvelle-Aquitaine, La Rochelle, Bordeaux, Anglet ou Bayonne se distinguent par leur forte demande… Tandis que Biarritz, une ville côtière des Pyrénées Atlantiques, a beaucoup moins de demandes pour des logements neufs. Un tour d’horizon qui invite les promoteurs à se concentrer sur les marchés les plus prospères pour continuer à proposer de l’offre… Face à une demande constante.

Sources:

 

  1. Immobilier et Covid : Unlatch publie son 1er « Baromètre de la promotion immobilière en France » Communiqué de presse publié le 9 mars 2021
  2. Quelles perspectives pour le marché immobilier neuf ? Edito Se Loger, Novembre 2020
  3. Perspectives du marché immobilier après la crise du coronavirus Altus Immobilier
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