Retard de paiement, le cauchemar des PME

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Retard de paiement, le cauchemar des PME

La relation d’une entreprise avec ses clients, qu’ils soient fournisseurs ou autres professionnels dans les relations Business to Business est parfois source de tensions liées notamment aux délais de paiement lors de réalisation de prestations. Dans un écosystème en constante mouvance, les jeunes entreprises sont les plus touchées par les retards de paiement qui peuvent avoir une incidence sans précédent sur leur poursuite d’activité. Le dernier rapport publié en avril 2019 par L’Observatoire des Délais de Paiement et La Banque de France analyse les comportements et les évolutions des délais de paiement sur le territoire français en 2018 qui concernent tous les professionnels de l’Hexagone. En effet, plus d’une entreprise sur deux en France ne paie pas ses factures en temps et en heure, avec un délai de règlement moyen se rapprochant des 60 jours.

 

 

Un équilibre instable et dangereux pour les petites structures

 

Le but premier d’une entreprise est de pouvoir générer des profits de son activité par la vente de biens ou de services. Elle s’adresse aussi bien à des clients particuliers que des professionnels pour qui elle peut intervenir en tant que fournisseur ou que prestataire. À chaque prestation demandée est liée une facture dont le demandeur doit s’acquitter. Si beaucoup d’entreprises proposent des facilités de paiement à leurs clients pour échelonner le paiement et éviter les problèmes de trésorerie en cas de dépense importante, le paiement aux échéances données n’est pas toujours respecté. Dans le secteur de la logistique par exemple, le délai plafond de paiement est fixé à 30 jours à réception de la facture. Dans son étude délivrée en 2019, l’Observatoire des Délais de Paiement a constaté que la moyenne était bien éloignée de ce délai, à 57 jours, soit près de deux fois le délai autorisé. Sur les quelques 2700 établissements de logistiques qui ont été étudiés pour cette étude, 25,1% commettent des infractions liées au paiement.  Le retard de paiement n’est pas sans conséquence pour les entreprises qui, dans une situation de fragilité et d’instabilité, dans le cas d’une petite structure ou d’une entreprise qui n’a pas une trésorerie suffisamment importante pour faire fi des factures en attente, peuvent risquer la faillite. En effet, en France, depuis 2016, on estime que 25% des faillites d’entreprises sont dues à des retards de paiement de la part de leurs clients, leur besoin en fonds de roulement n’étant pas suffisant pour le maintien de leur activité sur le long terme. Il est alors possible de se demander pourquoi les entreprises ne règlent pas leurs factures dans les délais demandés. Ces entreprises surnommées “les mauvais payeurs” sont en majorité des grands groupes, notamment dans le domaine public. On estime au troisième trimestre 2018 que 70% des PME honorent le paiement de leurs factures sur un délai prévu de 60 jours, tandis que seulement 46% des grands groupes respectent leurs engagements contractuels.

Bordeaux et la Nouvelle-Aquitaine, de meilleures élèves ?

 

Depuis le début de l’année 2018, le principe du “Name And Shame” voté et mis en place par le Gouvernement a vocation à venir en aide aux entreprises concernées et impactées par les retards de paiement de leurs clients. Ciblant de plein fouet les mauvais payeurs, l’objectif des organismes de contrôle est d’afficher publiquement leur nom et leur appliquer des sanctions exemplaires visant à faire réagir afin que ces infractions ne se reproduisent plus par la suite. Cela donne aussi aux entreprises victimes des retards de paiement un appui supplémentaire pour réclamer leur dû auprès de leurs clients.

En Nouvelle-Aquitaine, et plus précisément à Bordeaux, les mauvais payeurs ont ainsi été montrés du doigt et sanctionnés : le géant du e-commerce Cdiscount a par exemple été pointé du doigt par la DGCCRF pour ses retards constants de paiement et a été condamnée à verser la somme de 310 000€, au même titre que le transporteur charentais DS Smith Packaging qui a écopé d’une amende de 62 000€ pour le même motif. Si aujourd’hui le marché bordelais attire de nombreux entrepreneurs appréciant le dynamisme et les opportunités que leur offre le secteur, il concentre un nombre important petites structures, près de 650 start-ups “innovantes” sur la seule métropole dont 230 comptant moins de 10 salariés. Selon le rapport délivré par l’Observatoire des délais de paiement, la Nouvelle-Aquitaine figure parmi les régions les moins concernées par les retards de paiement des factures dues, avec l’un des indices les plus bas du pays (90). Selon une étude nationale menée par la Banque de France en 2019, les PME pourraient disposer d’une trésorerie de 19 milliards d’euros si les paiements étaient réalisés dans les délais. Cela signifie donc qu’il reste encore de grands efforts à produire de la part des entreprises créancières qui doivent pouvoir régler leurs dettes à échéance, comme sur le modèle Allemand, particulièrement réactif et ayant un des temps de réactivité les plus bas d’Europe.

 

Les dernières données enregistrées par la Banque de France ou encore l’Observatoire des Délais de Paiement montrent que les retards de paiement continuent de se creuser, ce qui ne bénéficie pas aux PME en manque de trésorerie. L’installation du “name and shame” dans le paysage des entreprises mauvaises payeuses pourrait avoir une incidence qui tendrait à inverser la tendance, afin que le taux d’entreprises réglant leurs factures dans les délais augmente considérablement. Des efforts sont à produire pour que le retard de paiement ne soit plus l’un des facteurs principaux de faillite des PME ou start-ups qui ont un besoin de fonds de roulement pour poursuivre leur activité.

 

Audrey KOZACZKA – BORDEAUX Business

 

SOURCES :

Publications Banque de France – Février / Mars 2019 – L’année 2017 confirme que les conditions de paiement n’évoluent plus

Publications Banque de France – Avril – Sanctions et pédagogie toujours nécessaires pour lutter contre les retards de paiement 

Village Justice – 26 avril 2019 – Délai de paiement : toujours en retard

Economie.gouv – 8 janvier 2019 – Délais de paiement

Business Les Echos – 25 septembre 2019 – Délais de paiement : seule une entreprise sur deux paie ses factures à l’heure par Yves VILAGINES

1 Comment
  • Tomé FERREIRA
    Posted at 13:36h, 23 mai Répondre

    InConcert dispose dans sa suite logicielle d’un outil automatisé de recouvrement des créances qui peut s’avérer très utile face au fléau des impayés en environnement BtoB!
    À disposition pour partager et échanger sur le sujet.

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