Théo VERHELST, Ausone Conseil, challenge et expertise

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Théo VERHELST, Ausone Conseil, challenge et expertise

Pour Théo VERHELST, Président de Ausone Conseil, la Junior Entreprise de Science Po Bordeaux, ainsi que Lucile THIBEAUD, Vice-Présidente et Alexia LIMA, Responsable du développement commercial, ce sont dès les années étudiantes que l’appétence business se crée.

Etudiant en quatrième année en gestion des entreprises et des organisations, une formation très tournée management et finance d’entreprise, Théo rejoint la structure en tant que chargé d’affaires en février 2017 puis est élu Président en février 2018. Lucile, quant à elle, étudie la géo-économie appliquée en master 1. Elle devient comptable pour la Junior Entreprise dès sa troisième année de licence en février 2017 puis est élue Vice-Présidente en septembre avant de voir son mandat renouvelé en février 2018. Alexia enfin, a suivi une licence de sciences politiques à Lille et a rejoint ensuite l’établissement bordelais en Master Gestion des Risques. Après avoir contribué à monter une Junior Entreprise à Espol Lille, elle est nommée Responsable du développement commercial de Ausone Conseil en février 2018.

Pour eux, le choix de Sciences Po pour leur formation supérieure s’est fait assez naturellement. Ils recherchaient, chacun à leur manière, une formation qui soit reconnue, tant au niveau de la marque que de l’enseignement, tout en étant dans le cas de figure où il fallait quelque chose d’assez généraliste afin de s’ouvrir toutes les portes.

Théorie et pratique, un concept gagnant

Au-delà de l’excellence de la formation, le besoin de s’ancrer plus dans le réel anime les Junior-Entrepreneurs, qui en tant qu’étudiants se sentent quelque peu déconnectés de la réalité du marché. C’est ce même argument qui a motivé le lancement du concept il y a 50 ans à l’ESSEC Paris. Associations loi 1901 à vocation commerciale et pédagogique, les Juniors Entreprises bénéficient d’un statut propre, à mi chemin entre l’association et l’entreprise. Rassemblées sous la Confédération National des Juniors Entreprises (CNJE), elles sont désormais près de 200 sur le territoire français. Pour exister, chaque Junior Entreprise s’intègre dans un établissement d’enseignement supérieurs.

portrait-auson-conseil-bordeaux-business Souvent en école de commerce et d’ingénieurs, on en trouve aussi en instituts et universités. L’objectif : mettre en pratique les enseignements théoriques apportés par les formations. Pour garantir la qualité des travaux et le professionnalisme de ses membres, les Juniors-Entreprises sont auditées chaque années par la CNJE sur des critères très stricts. De la réussite de ces audits dépend le droit d’utiliser la marque « Junior Entreprise », gage de qualité. 

Ausone Conseil est la Junior Entreprise de Science Po Bordeaux. Créée en 2009,  elle est la preuve vivante que le monde étudiant et le monde de l’entrepreneuriat se complètent très bien et n’ont rien d’incompatible. Ausone travaille en majorité avec le secteur privé, mais également avec le secteur public.  Ce dernier est plus délicat à aborder car Ausone Conseil est souvent mis en concurrence avec des Cabinets de conseils d’envergure nationale. A ce jour,  les domaines d’expertise couverts par Ausone Conseil sont pluridisciplinaires : communication, études de marché (implantation, analyse de dispositifs publics, benchmarks), traduction (avec les filières binationales), RSE (implantation d’éco-lotissements par exemple), marketing, implantation pays… 

Etre Junior Entrepreneur, l’art et la manière de faire ses preuves

Après un séjour à l’étranger en seconde année, Théo a senti qu’il était temps de s’investir professionnellement pour son avenir. La fibre entrepreneuriale, pour lui, est une affaire de famille.

Je fais un challenge de tout, c’est comme ça que j’avance. J’ai besoin de relever des missions compliquées où à terme j’évolue et j’apprends beaucoup.

Ayant souvent travaillé pour financer ses études, il s’est rapidement retrouvé confronté aux problématiques de communication interne, ne facilitant pas la mise en oeuvre des projets tels qu’il aurait pu se les imaginer a priori. Pour Lucile, la Junior Entreprise est également un accès facilité à la constitution d’un réseau professionnel. Alexia, de son côté, compare cette expérience à un contrat en alternance où les étudiants se voient confier des responsabilités qu’ils ne peuvent espérer avoir en stage de fin d’étude, comme manager une équipe de  commerciaux par exemple.

L’aventure Junior Entreprise est extrêmement valorisante. Même avec un master professionnalisant pour rentrer dans le vif du sujet, rien n’est plus pertinent que de travailler sur le terrain. Quand on sort de ses études avec une telle expérience, on a déjà un à deux ans d’avance sur ses concurrents sur le marché du travail.

Faire une proposition commerciale, se positionner face à un client, savoir démarcher, vendre son entreprise, réussir à mener une étude de bout en bout n’est pas enseigné à l’école… Autant d’éléments qui constituent en grande partie de la réussite d’une entreprise. Un challenge relevé qui a permis à Ausone Conseil de décrocher des contrats récurrents avec des entités telles que Veolia Eau, la SNCF ou encore la Mairie de Mérignac.

Performance humaine et économique

A ce jour,  la Junior Entreprise compte 22 étudiants impliqués au quotidien. Ils sont dix au bureau et douze chargés d’affaires, organisés en quatre grands pôles : le pôle qualité (qui s’assure de l’homogénéité des documents, de la légalité clauses…), le Pôle Trésorerie (qui compte le trésorier, le vice-trésorier et le comptable), le Pôle Communication (interne et externe), et le Pôle Affaires (en charge de la démarche commerciale : événements de prospection, canaux, mailing, et du suivi d’études).

Pour la réalisation des projets clients, la Junior Entreprise fait appel à ses Junior Consultants, des étudiants de l’école recrutés pour leurs compétences spécifiques sur une mission en fonction des besoins des clients. Sciences Po compte environ 1200 étudiants sur le campus, soit presque autant de Junior Consultants potentiels.

Contrairement à une entreprise classique où les clients sont en contact à la fois avec le chef de projet et les parties prenantes, la Junior Entreprise ne permet pas aux Juniors Consultants de rencontrer le client. La Junior Entreprise est tenue de garder la maîtrise d’oeuvre pour s’assurer de ne jamais tomber dans de la sous-traitance. La démarche est de se former et la valorisation est intellectuelle, plus que financière.

Les Juniors Consultants sont rémunérés à la mission, en revanche la rémunération du chargé d’affaire dépend de son implication dans l’aspect associatif. Selon Théo, cela permet d’estimer le travail de tout le monde à sa juste valeur.

La marge sur les projets est fixée par rapport aux coûts de logistiques, aux licences commerciales, aux déplacements professionnels. Ce qui ne sert pas à rémunérer les Juniors Consultants et les chefs de projets sert à financer le coût de fonctionnement de l’association et à mettre de l’argent de côté pour la vie associative (week-end d’intégration, activités corporate, formation…). Théo l’assure, entretenir l’aspect humain entre l’entreprise et l’associatif, cela conduit à ce que la structure « performe » et c’est tout aussi vrai dans le monde de l’entreprise.

Parmi les événements à financer, quatre congrès annuels : deux nationaux (le Congrès National d’Hiver et le Congrès National d’Eté) et deux régionaux (le Congrès Régional de Printemps et le Congrès Régional d’Automne). A ces occasions, la CNJE fait appel à ses partenaires premium, BNP Baripas, EY, Alten, Engie, pour dispenser des formations sur des week-end. Ces week-end permettent de préparer aussi bien la vie de la Junior Entreprise que le futur professionnel des juniors entrepreneurs. Ils se font également le lieu et le temps de la rencontre avec les autres Junior Entreprises. Sur Bordeaux, le regroupement des Juniors Entreprises Bordelaises (JEB) rassemble les 8 juniors entreprises de la métropole et leur permet parfois de travailler ensemble sur un même projet pour compléter leurs domaines d’expertises au service d’un même client.

Le monde des JE est une bulle pour nous permettre de rentrer facilement sur le marché du travail.

portrait-theo-bordeaux-businessA statut d’exception, marché d’exception

La Junior Entreprise se positionne également au sein d’une concurrence hybride. En matière de Cabinet de conseil, les professionnels qui évoluent sur le même segment répondent à des budgets conséquents, ce qui n’est pas le cas des Junior Entreprises. En revanche, les Junior Entreprises sont en concurrence entre elles car elles peuvent souvent fournir les mêmes prestations. Par exemple, dans le cas d’une étude de marché, les Junior Entreprises de Science Po, de l’IAE ou encore des écoles de commerce peuvent répondre au même appel d’offre.

C’est un “pré-monde du travail” en format miniature de l’entreprise.

Au regard de leur cadre associatif, la Junior Entreprise doit défendre une plus-value intellectuelle. Se contenter d’exécuter ou de sous-traiter la prestation est sanctionné par la CNJE. De même, contrairement à des professionnels, l‘intérêt n’est pas de monter en gamme ou de croître mais de développer le nombre de missions.

Le chiffre d’affaire cumulé des 8 Junior Entreprises sur Bordeaux est estimé à environ 200 000€ (chiffres 2016). Ausone Conseil représente à elle seule 70 000€ de chiffre d’affaire en 2017. Ces bons résultats sont notamment dus à la fidélisation des clients, tels que Veolia ou la CCI par exemple.

La JE permet de ramener à la réalité et de monter en compétences de manière exponentielle.

Pour Ausone Conseil, la problématique première est de trouver de nouveaux clients à fidéliser car c’est une fois la confiance accordée qu’ils peuvent capitaliser sur leur travail et décrocher des projets particulièrement valorisants. Pour 2018, Théo se fixe pour objectif d’atteindre 80 000€ de CA, soit une croissance de 15%. A terme, Ausone Conseil vise les 100 000€ par an. En 2017, la Junior Entreprise avait réalisé 16 études, cette année, elle cherche à en faire aboutir une vingtaine.

D’année en année, chaque mandat ajoute sa pierre à l’édifice. Cependant, sur Bordeaux, Ausone fait face à une problématique de visibilité, freiné par le modèle hybride des Junior Entreprises. Il est cependant impératif de s’assurer une bonne audience afin d’effectuer le plus de prestations possibles, dans une optique de formation renforcée.

Une stratégie de médiatisation est donc de mise, avec en complément l’organisation d’événements professionnels telle qu’une prochaine conférence rassemblant ONG et entreprises privées à propos de l’Afrique et les énergies renouvelables. L’idée étant d’ouvrir le réseau pour valoriser leur professionnalisme.

L’entrepreneur au cœur d’une démarche éthique

Afin de s’épanouir pleinement dans cette expérience, Théo ambitionne d’organiser un concours de jeunes entreprises de Gironde ouvert aux 18-27 ans. Des porteurs de projets y proposeraient leur modèle d’entreprise avec des critères comme la localisation (en local), l’aspect social (RSE), et la viabilité financière… Les délibérations finales se feraient en présentiel devant des professionnels. Théo réfléchit à apporter au gagnant une compensation financière pour le développement de son projet.

Dans le modèle Junior Entreprise, nous n’avons pas la possibilité de redistribuer les gains au sein de la structure comme peut le faire une entreprise, donc autant que les bénéfices d’Ausone Conseil aient un impact intelligent et positif.

Après avoir goûté à la dynamique entrepreneuriale, Théo aspire à renforcer son expérience business au service du développement durable.

Candice Cibois – Bordeaux Business

 

Ausone Conseil 
 11, allée Ausone
33607 PESSAC
05 56 84 42 91

 

Photographies Sophie Pawlak

Interview du 8 mars 2018

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