Transition collective emploi secteur

Transition collective, l’avenir de la mobilité professionnelle ?

La transition collective pourrait bien être la solution pour les salariés à l’emploi fragilisé. Depuis le 11 janvier 2021, le Ministère du Travail instaure ce nouveau dispositif qui vise à protéger les salariés. Il compléterait alors la mobilité professionnelle, notamment en cette période de pandémie. À l’origine à l’initiative des salariés et des entreprises, la transition collective aide à la reconversion professionnelle. Un phénomène qui tend à s’amplifier, au vu des difficultés que rencontrent les entreprises actuellement. Qu’est ce que la transition collective ? Comment aide t-elle les salariés et les entreprises ? La transition collective, ou “transco”, a vocation à exister dans la durée, même après la pandémie.

Transition collective, ou la valorisation de l’emploi

La pandémie de COVID-19 a un impact fort sur la situation et la santé économique des entreprises… Mais aussi sur la sécurité de l’emploi des salariés. Face au recul de l’activité, voire à son arrêt quasi total, certains postes sont fragilisés. La transition collective a pour objectif d’aider le salarié à être embauché par une autre entreprise appartenant au même bassin d’activité. Une entreprise qui peine à recruter, dans le même secteur, ou bien avec une activité totalement différente.

L’objectif est ainsi de transférer les compétences et la disponibilité des salariés en difficulté vers des secteurs et métiers porteurs. Ainsi, le salarié développe ses compétences grâce à un cycle de formation certifiante d’une durée maximale de 24 mois. À l’issue de cette formation, il est alors en mesure de travailler dans le secteur pour lequel il se forme. 

À l’heure où la mobilité professionnelle est sur toutes les lèvres, et où la reconversion devient une norme, la transition collective trouve une place essentielle. Elle favorise ainsi la mobilité professionnelle, mais aussi la mobilité intersectorielle. À travers les reconversions, la transco met en avant les métiers porteurs, dans des secteurs qui peinent parfois à trouver de la main d’œuvre. Une solution qui se veut gagnant-gagnant, aussi bien pour l’entreprise qui recrute que pour le salarié. 

Pour que cela soit possible, dans un premier temps, les entreprises identifient les emplois les plus fragilisés au sein de leur structure. Cette possibilité s’applique aux entreprises n’ayant pas de Plan de Sauvegarde de l’Emploi en cours, ni de rupture conventionnelle collective. L’entreprise doit avoir un accord de type GEPP (Gestion des Emplois et des Parcours Professionnels) transmis à la DIRECCTE. 

Formation certifiante transition collective
Grâce à la formation, un salarié développe de nouvelles compétences.

La transition collective, un dispositif encadré pour le salarié

Dans cette situation, le salarié n’est pas contraint, mais volontaire pour prendre part à la transition collective. Il ne se retrouve pas seul lors de cette démarche. Afin de garantir son bon déroulement dans un cadre fixé, des partenaires assurent le suivi. L’Association Transition Pro (ATPro) accompagne le salarié en reconversion et en transition tout du long. 

L’ATPro instruit et accepte la demande de prise en charge d’un parcours dans le cadre d’une transition collective. Elle s’assure au préalable de sa pertinence et de sa cohérence pour que tous les salariés concernés répondent aux critères pré-établis. Mais cette association a aussi bien d’autres rôles. 

Elle veille à l’adéquation financière des prestations achetées pour les besoins de la formation certifiante. Elle analyse également les tarifs pratiqués et les moyens mobilisés pour que la formation puisse aboutir et être effectivement certifiante. Enfin, le conseiller professionnel dédié au salarié en processus de transition collective effectuera un suivi quotidien de ce dernier. 

Le financement de cette formation certifiante dans le cadre de la transition collective fait aussi partie du programme. Il est assuré par des fonds dédiés issus du Fonds National de l’Emploi (FNE) et de la Formation. Des fonds attribués à l’occasion du plan France Relance. En complément, l’entreprise d’origine a la possibilité de contribuer au financement, selon sa taille. 

Ainsi, pour une entreprise de moins de 300 salariés, le FNE-Formation prend en charge la totalité des frais liés à la transition collective. Si l’entreprise emploie entre 300 et 1000 salariés, le FNE Formation prend en charge 75% du prix de la formation, 25% restant à la charge de l’entreprise. Enfin, pour les entreprises de plus de 1000 salariés, le FNE Formation et l’entreprise contribuent tous deux à hauteur de 40% des frais liés à la formation.

Le salarié, acteur de son avenir professionnel

Le Ministère du Travail, de l’emploi et de l’insertion approuve ce dispositif. Depuis l’officialisation de l’instruction au 11 janvier 2021, les salariés ont désormais cette possibilité. Celle de changer de voie complètement, en se tournant vers des métiers porteurs dans des entreprises en recherche de collaborateurs. La sécurité de l’emploi est l’une des préoccupations principales des salariés en cette période de pandémie. 

Industrie emploi développement
Certains secteurs d’activité comme l’industrie recrutent de nouveaux salariés.

Outre les procédures de mise en place d’activité partielle longue durée, de plans de sauvegarde de l’emploi… Ou de chômage si l’entreprise ne peut assurer son activité, il existe donc d’autres voies. Des voies où le salarié peut rebondir, et choisir de se réorienter. Rien que dans le cadre du Plan de sauvegarde de l’emploi, plus de 72 523 ruptures de contrats sont envisagées entre le 1er mars et le 30 octobre 2020… Trois fois plus que l’année précédente, année sans crise sanitaire. 

Le salarié n’est toutefois pas obligé de changer de voie s’il ne le souhaite pas. Ainsi, à l’issue de sa formation, deux possibilités se présentent à lui. Il peut travailler dans le secteur d’activité pour lequel il suivait cette formation… Ou bien retourner dans son entreprise d’origine, fort des nouvelles compétences acquises. Une transition collective où le salarié a voix au chapitre, en somme.

Sources : 

  1. INSTRUCTION N° DGEFP/SDPFC/MDFF/2021/13 du 11 janvier 2021 relative au déploiement du dispositif « Transitions collectives » prévu par France relance, Ministère du Travail
  2. Situation sur le marché du travail durant la crise sanitaire au 13 octobre 2020 – Ministère du Travail, 13 octobre 2020
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