Un Américain à Bordeaux

Drapeau américain flottant avec des étoiles inscrites sur le tissu

Un Américain à Bordeaux

Une ville ouverte sur le monde : Bordeaux l’incarne parfaitement. A l’heure du départ de Dan Hall au poste de Consul des Etats-Unis à Bordeaux, c’est l’occasion en lumière l’impact de l’activité consulaire sur le territoire néo-aquitain. Alors que Dan Hall s’envole pour sa prochaine destination qui n’est autre que le Département d’Etat à Washington, son travail au sein du Consulat Américain a témoigné des forts liens culturels et économiques  qui lient la France et les Etats-Unis. La présence dynamique du Consulat Américain à Bordeaux montre enfin que la région est un échelon pertinent pour penser une diplomatie des territoires. 

Le rôle crucial des consulats

Dans une période de tensions politiques dues notamment à la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine ou plus récemment la volonté de la France d’imposer une Taxe GAFA, les consulats incarnent un moyen de favoriser les échanges parfois difficiles entre deux pays. Si contrairement aux ambassades, les consulats ont avant tout une fonction administrative en protégeant les ressortissants du pays en question, le consulat américain à Bordeaux opère également dans le champs économique en aidant les entreprises américaines à s’implanter sur la métropole bordelaise.

Maintenir une activité consulaire n’est pas anodin notamment du point de vue économique. Ainsi, certains pays font le choix de réduire les activités consulaires pour mettre en place une austérité budgétaire. C’est notamment le cas du Sénégal qui a annoncé début juillet mettre fin aux quatre consulats généraux à Paris, Bordeaux, Lyon et Marseille.

Les consultat se font également le relais d’antennes régionales et d’organisations qui participent aux rapprochement de deux pays. C’est le cas notamment avec les Etats-Unis et l’association Bordeaux USA qui fête cette année son cinquantième anniversaire. Les consulats participent ainsi à animer un réseau d’entente et liens d’intérêt bilatéraux. Les jumelages sont actifs dans cette perspective. Le jumelage entre la ville de Bordeaux et celle de Los Angeles date de 1964. Le jumelage entre Bordeaux et Los Angeles fut signé en 1964, l’année qui a marquée la naissance de l’association Bordeaux-USA. Cette formalisation de partenariat concerne également les échanges universitaires. Au total, plus de 3 000 jeunes américains ont ainsi pu découvrir Bordeaux et sa région, et plus de 1500 étudiants bordelais ont pu séjourner en Californie. L’Université de Californie à Davis est ainsi liée à l’Université de Bordeaux-Montaigne dans le cadre de partenariats. Le Consul a ainsi des missions de représentation auprès des collèges et des lycées afin de sensibiliser les enfants à la culture américaine.

En assurant des fonctions publiques et commerciales, le consulat doit donc lui aussi au travers de ses missions répondre à une exigence de diplomatie économique. Ce terme a été pour la première fois évoqué en 2013 par Laurent Fabius, ancien Ministre des Affaires Étrangères. Il désigne l’utilisation des outils du réseau diplomatique d’un pays comme par exemple les consulats pour développer les opportunités économiques d’un territoire. La diplomatie économique doit pouvoir bénéficier d’un ancrage diplomatique local et total.

Un ancrage local total 

Le lien fort qui relie Bordeaux aux Etat-Unis est d’abord historique. En effet, Bordeaux a été choisi comme premier poste diplomatique français par les Américains en 1778 du fait de la forte présence de négociants bordelais. Bordeaux a ainsi débuté un réseau consulaire américain d’importance sur le territoire national au moment de la guerre d’Indépendance grâce à son attractivité économique. En effet, Bordeaux était à l’époque en train de s’affirmer comme l’un des principaux ports français pour les échanges avec les États-Unis, concurrencé par un autre port français, celui du Havre. Actuellement, cet ancrage économique se poursuit puisque les États-Unis sont le premier client de la Région Nouvelle-Aquitaine notamment dans les domaines de la construction, de l’aéronautique et de l’agroalimentaire. Ainsi, si Bordeaux est marqué par une présence consulaire importante, c’est parce qu’elle abrite 41 nationalités parmi les entreprises à capitaux étrangers présentes sur son territoire selon l’ADI. Les Etats-Unis sont ainsi le deuxième pays à investir en Nouvelle Aquitaine à hauteur de 13% après l’Allemagne en 2018.

Pourtant si le Consulat américain a été inauguré en 2000 à Bordeaux, des initiatives sont toujours en gestation. Ainsi, le salon Vinexpo a été crée en 1981, mais ce n’est pourtant que la première année que des vins de New York y étaient présentés. La ville de Bordeaux doit donc augmenter sa disponibilité pour faire de son réseau diplomatique un moteur économique et culturelle pour la Région.

Protection, droit, information… le rôle des consulats est bien plus divers que le spectre des fonctions purement administratives. Dans le cas américain, le consulat veille ainsi à la dynamique des entreprises et investisseurs américains sur le territoire néo-aquitain. Il n’est nul doute que la présence du président Trump au G7 du 24 au 26 août 2019 à Biarritz devrait constituer une occasion pour le consulat américain de renforcer une nouvelle fois l’amitié franco-américaine.

Justine ANGIBAUD

Sources :

Bordeaux Business, « Daniel Hall, Consul des Etats-Unis pour la Nouvelle-Aquitaine »

Site officiel des ambassades américaines

Site officiel de la Mairie de Bordeaux

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