Depuis de longues décennies, les Etats-Unis et la France entretiennent de solides relations économiques, politiques et commerciales. Tous deux membres de l’OTAN, de l’ONU, de l’OMC, ce sont de grandes puissances internationales, respectivement 1ère et 6ème depuis 1974. Ce sont aussi deux pays faisant partie de la Triade (comprenant Europe Occidentale, Amérique du Nord et Asie Orientale) qui réunit 52% du PIB mondial à ce jour.

Le commerce extérieur joue un rôle prépondérant dans leurs systèmes économiques respectifs, les échanges de biens et de services se multipliant entre les deux pays : sur l’année 2015, la demande des Etats-Unis pour l’importation de produits français a augmenté de 1,3%.

Acheter français, un gage de qualité pour les Etats-Unis

 

La France est connue et réputée dans le monde entier pour la qualité de ses produits et de sa main d’oeuvre qualifiée. Elle est perçue comme le pays du luxe et du raffinement, et présente de nombreux pôles d’excellence qui attirent les pays importateurs. Les Etats-Unis connaissent une croissance économique plus forte qu’en France, avec une dépréciation de l’euro face au dollar, qui a profité aux exportateurs français. Le pays de l’oncle Sam en a donc profité pour importer des biens tricolores, l’année 2015 étant l’année la plus significative, avec une augmentation de 19,5% par rapport à l’année précédente.

 

Certains biens et services constituent le fleuron de l’économie française. Des produits que les pays étrangers, et les Etats-Unis en particulier apprécient.

La France est le pays du Luxe. Il suffit de se promener sur les Champs Elysées pour voir que beaucoup de nationalités se côtoient à proximité des grandes marques, comme Chanel, Dior, Luis Vuitton ou encore Yves Saint-Laurent, deux marques françaises de haute couture appréciées dans le monde entier, dont les modèles foulent les podiums au quatre coins du globe. Outre-Atlantique, la part d’importation sur l’habillement, la maroquinerie et la joaillerie de luxe français est de 29,9% (Données 2011/2012). La hausse est constante encore en 2015, la mode “à la française” étant toujours réputée à travers le monde. De plus, dans le milieu cosmétique, la France est leader du marché mondial, notamment avec la vente de parfums, qui représentent les ⅔ des cosmétiques qu’elle exporte. En 2014, l’exportation de cosmétiques vers les Etats-Unis est en hausse de 7,6%, avec entre autres le succès du parfum “La Vie est Belle” de Lancôme, qui a, comme égérie pour ses spots publicitaires l’actrice américaine Julia Roberts. (à l’image d’autres parfums comme Miss Dior avec l’actrice Natalie Portman…). Un indicateur qui montre le pouvoir enivrant des parfums français outre-Atlantique !

Le Nouveau Monde, friand des produits du Vieux Continent.

 

Avoir un client aussi important que les Etats-Unis d’Amérique, pour un pays comme la France, cela ne se néglige pas ! Après la crise économique de 2008 qui a fragilisé l’ensemble des pays, un partenariat d’échanges commerciaux entre la puissance américaine et l’une des plus grandes puissances de l’Union Européenne pourrait rétablir l’équilibre de la balance commerciale, en comblant un peu plus le déficit de la France (45,7 milliards d’euros en 2015). Les exportateurs français ont constaté que la dépréciation

de l’euro face au dollar américain serait un avantage pour eux dans les échanges extérieurs avec les Etats-Unis, c’est d’ailleurs l’un des avantages les plus notables de l’export avec la première puissance mondiale.


Les Américains aiment beaucoup la France et tous les biens et services portant le drapeau bleu blanc rouge ou la mention “Made In France” à laquelle ils attachent de l’importance, lors de la recherche d’un produit de qualité.

Les produits pharmaceutiques ont d’ailleurs une place importante dans la demande américaine. Des géants tels que Sanofi n’hésitent pas à partir aux Etats-Unis dans des processus de R&D, afin de développer en laboratoire des traitements pour guérir les maladies qui touchent le pays (obésité, cancers…). Le groupe y réalise d’ailleurs un tiers de ses ventes, pour un chiffre d’affaires global en 2013 de 33 milliards d’euros.

Mais pour la France, l’un des autres intérêts majeurs, outre l’attrait des américains pour les connaissances et la productivité française, c’est aussi de lier un partenariat commercial durable avec des demandes nombreuses en quantité importante.

 

Le marché bordelais et ses pôles d’excellence à l’international.

 

Bordeaux et la région Nouvelle-Aquitaine sont dans une dynamique de croissance forte, aussi bien au sein de l’Europe que dans le monde entier. La région bordelaise possède elle aussi ses pôles d’excellence qui poussent les exportations à travers le monde, notamment vers le marché américain. Labellisée French Tech, Bordeaux bénéficie de plusieurs secteurs d’activités qui se placent sur la scène internationale et qui tend à exporter de plus en plus dans les prochaines années.

Bordeaux est bien évidemment célèbre pour son vin. Pour une grande majorité d’étrangers, la “Belle endormie” évoque immédiatement les grands crus, les domaines viticoles et les châteaux. Un vin très apprécié par les Etats-Unis : en 2015, la première puissance du monde importait l’équivalent de 203 millions d’euros de vins provenant des domaines bordelais, et se place comme le quatrième plus grand importateur du monde. Ces importations représentent pas moins de 179 milliers d’hectolitres, ce qui démontre bien que les américains aiment énormément le vin de notre région, qu’ils préfèrent rouge. Leur comportement et leurs habitudes de consommation a bien changé depuis quelques années, ils se concentrent plus sur un vin de qualité, et non plus seulement sur les noms de domaines bénéficiant d’une forte notoriété.

De plus, le pays aux 324 millions d’habitants abrite deux types de consommateurs: d’une part, les personnes âgées de 45 ans et plus qui ont tendance à consommer des vins locaux (90% achètent des vins de Californie), d’autre part la catégorie des 21-35 ans qui représente un peu plus de 63 millions d’habitants que l’on appelle les “millennials”, plus attirés par les vins étrangers, notamment bordelais, et qui pourraient payer les bouteilles un peu plus cher au vu de la qualité réputée des vins français. 63 millions d’habitants, c’est presque l’équivalent de la population globale française, et donc un marché qui peut faire décoller les domaines et l’économie de l’Aquitaine.

Toujours dans le secteur de l’agroalimentaire, l’export de Cognac vers les Etats-Unis a flambé en 2015, avec la vente de 65,3 millions de bouteilles ce qui en fait le premier pays importateur de Cognac au monde.

 

Le Caviar est aussi un mets de luxe connu dans le monde entier, la marque la plus célèbre et prestigieuse étant Sturia, produite en Aquitaine. “L’or noir”, déjà très courtisé par le Japon commence son export vers les Etats-Unis où la marque a détecté un fort potentiel de développement. Elle souhaite toucher 10% du marché américain d’ici 5 ans et augmenter son chiffre d’affaires de 8,5 millions d’euros.

 

La charcuterie n’est pas en reste : en effet, les producteurs de Jambon de Bayonne ont détecté un potentiel sur le marché américain, très friand de saucisson et de jambon, mais encore fermé à l’import de produits carnés. Pour y faciliter l’arrivée du produit, les producteurs ont bien l’intention de mettre en avant, au même titre que pour le caviar, la qualité française et le savoir-faire unique mis en oeuvre pour proposer le meilleur produit possible. Depuis Juillet 2015, le Jambon de Bayonne a fait son entrée sur le marché américain, et la marque Delpeyrat, qui est la première à y entrer, espère en vendre 250 tonnes d’ici les trois prochaines années.

Enfin, Bordeaux est au cœur d’un développement technologique sans précédent, labellisée French Tech en 2014, elle multiplie les déplacements à l’étranger avec sa délégation d’entreprises baignées dans le numérique. Le CES de Las Vegas est l’un des événements mondiaux où le “rêve américain” pourrait devenir le “rêve Cocorico” ! Il a lieu en ce moment et dévoile au grand public et aux journalistes du monde entier les dernières innovations numérique et hi-tech à travers le monde. La French tech sera la délégation la plus nombreuse avec pas moins de 190 entreprises dont 21 entreprises de la Grande Région. Une aubaine pour les Français, qui pourraient bien décrocher des contrats, ou du moins attiser la curiosité des américains en quête de technologie. Car oui, la France n’est pas en reste, encore moins la région bordelaise ! Le Groupe PARROT commercialise drones et autres produits connectés dans de nombreux pays du monde, y compris les Etats-Unis. L’internet des Objets est un marché en plein essor, à l’exemple du porte clé connecté sorti en 2014 de la marque Bordelaise Gablys, qui permet de retrouver aisément ses clés grâce à son smartphone. Le concept a fonctionné à l’international et il peut être acheté sur le sol américain (en ligne).

Le marché américain pour Bordeaux est plein de promesses et d’opportunités, car il s’agit d’un marché très vaste, avec une clientèle nombreuse, attirée par la French Touch. Nul doute que les produits novateurs outre les vins ayant déjà creusé leur sillon dans les échanges Franco-Américains auront eux aussi le droit à un aller simple vers le pays de l’Oncle Sam !

Conseils pratiques : quelles précautions prendre, quels sont les risques à éviter lors de l’export vers les Etats-Unis ?

 

Exporter ses produits sur le plus grand marché du monde, qui ne le voudrait pas ?

Les produits sont soumis à des réglementations strictes, qu’il faut connaître avant tout export vers les Etats-Unis. Lorsque l’on quitte l’Union Européenne, il faut passer par les services de douane, et se soumettre aux lois américaines.

Voici quelques précautions à prendre si vous exportez pour la première fois vers ce pays, et aussi les risques à éviter pour que tout se passe pour le mieux.

Tout d’abord, pensez à prendre contact avec la Chambre du Commerce à proximité de chez vous, ainsi que celle de l’Etat ou de la ville dans laquelle vous comptez exporter. Cela vous permettra de recevoir des conseils avisés de la part de professionnels qui connaissent bien le marché et ses subtilités. Si vous craignez d’être confronté à la barrière de la langue, vous pouvez faire appel à un interprète qui sera l’intermédiaire entre vous et le client américain, c’est une solution que beaucoup d’entreprises choisissent, notamment lors d’échanges commerciaux avec des pays Asiatiques ou Orientaux.

De plus en plus de chefs d’entreprises se déplacent aussi dans le pays dans lequel ils veulent débuter l’export, pour rencontrer leurs interlocuteurs et voir par eux-mêmes le marché sur lequel ils vont s’implanter. C’est l’occasion de se rendre compte des éventuels changements à apporter aux produits (notamment en terme de packaging).

C’est aussi le moyen de bien cibler la clientèle à atteindre qui n’est pas forcément la même que vous avez en France, car les goûts des clients américains sont différents, selon l’âge et le pouvoir d’achat. Il faut pouvoir, pour s’implanter avec réussite, à montrer aux clients la raison pour laquelle ils peuvent choisir votre produit plutôt qu’une marque qu’ils connaissent.  

Par exemple, si vous désirez exporter du vin français, outre les nombreuses réglementations liées aux contrôles de douane sur votre marchandises, vous devrez revoir l’étiquette de vos bouteilles. En effet, les Américains ne comprennent pas les appellations, ils n’ont pas ce système dans leur pays, qui vend du vin avec une étiquette simplifiée et plus lisible.

N’oubliez pas de bien indiquer que vos produits sont français ! L’origine est capitale pour les américains, qui regardent avec attention le pays de fabrication du produit avant de l’acheter.

Et n’oubliez pas de bien emballer vos produits avant de les exporter, car ils vont faire un long trajet, en avion, ou bateau, et risquent d’être entrechoqués et de se casser s’ils ne sont pas suffisamment bien protégés.

Le “Made In France” est bien accueilli aux Etats-Unis, alors pourquoi ne pas l’afficher avec fierté ?

 

Si vous souhaitez connaître plus en détails les réglementations douanières pour l’export vers les Etats-Unis, n’hésitez pas à consulter les sites traitant des douanes américaines .