Lorsque l’on profite de vacances, le mot “voyage” vient souvent assez vite à l’esprit. Partir à l’étranger, rester en France ? D’après une étude de la DGE menée en 2015,  » la part des Français effectuant au moins un voyage pour motif personnel » se porte à près de 75%. Et pour ceux qui partent, c’est près de 5 fois par an,  aussi bien en France qu’à l’étranger.  

 

Partir en voyage, un luxe accessible

 

Autrefois un luxe, réservé à quelques personnes, le voyage est aujourd’hui à la portée de tous. Les moyens de transports se sont améliorés, plus fiables, plus rapides et surtout plus économiques, à l’image de l’avion qui concurrence le train, permettant de voyager très rapidement sur des destinations éloignées. Les Français voyagent plus régulièrement, et dépensent plus qu’avant pour le tourisme, grâce à des conditions économiques favorable, nous pensons notamment au taux de change qui s’est montré à notre avantage ces derniers temps.

De plus, on constate aussi une diversité des offres : avant, il fallait se rendre dans une agence de voyages, discuter de son parcours et de ses activités avec un agent pour planifier son départ. Aujourd’hui, on constate une multitude de nouveaux entrants sur le marché, de nouveaux concurrents qui ont tous un point commun : ils sont positionnés sur le digital, véritable plaque tournante des réservations de voyage. Ils proposent des comparateurs en ligne pour décider quel est la meilleure offre d’hôtel selon la destination, le meilleur vol selon les escales, et les tarifs, ou encore trouver la destination la plus propice selon les offres “tout compris” en cours, sur des plateformes telles que Voyage Privé. Aujourd’hui, en quelques clics, il est possible de trouver le voyage idéal, au meilleur prix.

Les voyageurs peuvent ainsi se créer des voyages sur mesure, et n’ont plus besoin de se cantonner aux forfaits voyage dans des “resorts”.

Le voyage a évolué, pour s’adapter aux personnes : il est désormais possible de partir en vacances en famille, et dans certains établissements, il est aussi possible d’emmener son chien ! L’offre est diversifiée et supprime les barrières, les points qui causaient la résignation de certains ménages.

 

Le voyage, autrement.

 

Si pour certains, le voyage est associé au départ au bout du monde pour bronzer au bord de plages aux eaux cristallines, ou encore de s’aventurer sur les plus belles pistes de ski du monde, pour d’autres, des offres originales viennent changer ces idées “préconçues”.

En effet, le voyage peut être totalement personnalisé pour permettre à chaque voyageur de faire ce qui l’intéresse, d’être totalement libre. Un voyage avec un sac à dos pour partir découvrir la nature et ses richesses, des voyages orientés autour de la visite de monuments si la personne a un attrait certain pour l’histoire et la culture, des voyages gastronomiques à la découverte des saveurs et des plats locaux… L’offre est grande, et ne cesse de s’enrichir.

Selon le profil du voyageur, certains voyages sont ciblés, à l’image de Voyages de Femmes, proposé par Etinc’elles, qui permet à des femmes seules de partir ensemble en voyage à l’autre bout du monde pour partager des moments uniques, ensemble. Le même style de voyage est aussi proposé pour les personnes retraitées qui n’oseraient peut être pas partir sans accompagnement.

Mais le voyage peut aussi s’avérer porteur d’une réflexion sur le monde et sur soi-même. Tout d’abord, grâce à une redéfinition de la richesse et du luxe. Finis les hôtels clinquants, qui respirent la richesse où tout est servi sur un plateau, dans un endroit huppé du centre ville d’une capitale telle que New York ou encore Londres. Aujourd’hui, le voyage se porte aussi sur la réflexion, sur la détente et un certain exil loin de toute civilisation. Certaines personnes aisées, s’intéressent donc aux retraites dans la montagne ou en campagne dans un chalet à l’abri des regards et profiter de la richesse du silence.

Il s’agit aussi de sensibiliser les voyageurs à la protection de la nature, rester au milieu d’environnements où l’homme n’est pas ou très peu présent. Autre sensibilisation, les voyages humanitaires. On en entend de plus en plus souvent parler, que ce soit à la télévision, ou sur certains sites internet. Pour de courtes durées (à partir d’une semaine), ou pour plusieurs mois, il est possible de consacrer ses vacances à aider l’autre en partant dans un pays défavorisé et venir en aide aux populations bénévolement au sein d’associations. Une expérience forte qui change la beauté du voyage, permettant d’apporter un regard neuf sur l’humanité, et de passer ses vacances en ayant fait quelque chose d’utile. Une sorte de voyage socialement solidaire qui attire chaque année des centaines de français.

 

Vers une nouvelle façon de voyager ?

 

De nos jours, grâce au développement du digital, la façon de voyager a changé. Les voyages se choisissent sur des critères économiques, aux multiples comparaisons entre destinations, mais aussi avec l’avis des influenceurs et blogueurs présents sur internet qui publient régulièrement des photos sur Instagram, ou sur leur site, incitant de nombreuses personnes à privilégier ces lieux plutôt que d’autres. On a tendance à constater un frein à la sortie des sentiers battus, dans la mesure où peu de voyageurs vont “oser” visiter d’autres lieux, d’autres monuments que ceux qui apparaissent sur les comptes de ces influenceurs.

De plus, les révolutions technologiques changent aussi la relation humaine durant les voyages : dans un hôtel belge, l’un des réceptionnistes n’est autre … qu’un robot ! Polyglotte (il parle 19 langues), il se fond au milieu des employés et cela ne semble pas choquer les clients. A Tokyo, le guide touristique qui accueille les visiteurs est aussi un robot. Selon une étude de TravelZoo, 80% des voyageurs (du monde entier) pensent que les robots joueront un rôle capital dans le tourisme, et ce d’ici 2020. Une prévision à court terme, qui remet en question la relation à l’humain, tout comme le premier restaurant entièrement géré par des machines, à San Francisco.  

Sur Google, il est désormais possible de visiter des monuments en réalité virtuelle sans bouger de son canapé. Bien que cela permette à des personnes dans l’incapacité de se déplacer physiquement de voir des monuments qui peut-être les fascinent, cela peut aussi remettre en question le principe de sédentarité.

On peut se demander si le fait de permettre la visite de lieux lointains ne découragerait pas certaines personnes à partir visiter vraiment ces lieux accessibles en ligne, pour économiser dans le contexte actuel en France ?

 

Audrey Kozaczka – Bordeaux Business